Yves Lahaie a consacré sa vie à la jeunesse. Détenteur de deux baccalauréats, il a oeuvré dans le domaine de l'éducation toute sa carrière.

Le défi rock'n'roll des Jeux

Yves Lahaie, 52 ans, n'a pas été choisi ou recruté pour occuper le poste de directeur général des Jeux de la francophonie canadienne 2014 à Gatineau qui débutent mercredi prochain. C'est plutôt lui qui en a fait la demande.
Quand un collègue a demandé à M. Lahaie s'il pouvait siéger au sein du conseil d'administration des Jeux à titre de représentant du secteur postsecondaire, lui qui est le directeur des affaires étudiantes et communautaires au Cégep de l'Outaouais depuis 2005, il a plutôt demandé si le poste de directeur général était comblé.
Fort de son expérience comme responsable de l'hébergement aux Jeux de la francophonie internationale en 2001, et comme responsable du site du Cégep de l'Outaouais lors des Jeux d'été du Québec en 2010, c'est le poste de directeur général qu'il convoitait.
«C'est en 2012 qu'on m'a approché pour siéger au c.a. des Jeux, explique-t-il, et ça suivait une année assez rock'n'roll au Cégep. Il y a avait eu le meurtre de Valérie Leblanc. Il y a eu ensuite l'épisode des carrés rouges et des carrés verts. Puis il y avait en même temps un branle-bas de combat au sein de l'organisation du Cégep parce que la directrice générale avait quitté en congé de maladie à ce moment-là.
«J'étais donc au coeur de l'action et ce fut une année très épuisante. Et à la fin de l'année, j'avais besoin d'un peu de changements. Donc quand l'occasion des Jeux s'est présentée, j'ai fortement sollicité le poste de directeur général. Parce que je voulais vivre une expérience d'un an ou deux afin de me ressourcer avant de retourner au Cégep. J'ai donc été prêté pendant deux ans aux Jeux et je retourne au Cégep le mois prochain.»
Une année rock'n'roll, a-t-il dit, et nous n'en doutons même pas. Mais c'est un autre défi plutôt rock'n'roll qui l'attendait à la direction des Jeux. Parce que ce n'est pas une mince affaire de diriger un personnel de 20 personnes, de 50 coordonnateurs bénévoles, et de plus de 1000 bénévoles. Et toute cette armée se prépare à accueillir 1000 participants, 200 accompagnateurs, et de 20000 à 25000 visiteurs à ces Jeux qui s'étaleront sur cinq jours, du 23 au 27 juillet.
«Un gros défi, en effet, en convient M. Lahaie. Mais ce ne sont pas les Jeux d'Yves Lahaie, ce sont les Jeux d'une équipe qui travaille depuis deux ans à les préparer. Et à quelques jours de l'ouverture officielle, nous sommes fébriles et excités. On veut que ces Jeux soient une belle réussite. Et ça s'annonce très bien, nous sommes prêts. Et c'est grâce à un travail d'équipe.»
Au sommet des Amériques
Yves Lahaie est un maniaque du plein air qui, dit-il, carbure aux défis. Médaillé de bronze et d'argent aux marathons canadiens de ski en 1984 et 1991, il a de plus gravi les sommets des monts Kilimandjaro, en Tanzanie, et Kinabalu, en Malaisie.
Mais l'ascension qu'il a réalisée et dont il est le plus fier, c'est celle du plus haut sommet en Amérique, soit le mont Aconcagua, en Argentine, surnommé «le colosse de l'Amérique».
«C'était 13 jours d'ascension, se souvient-il. Les dernières nuits, il faisait de moins 15 à moins 20 degrés et nous couchions dans des sacs de couchage sous une tente. Nous étions cinq amis, mais seulement deux d'entre nous ont réussi à atteindre le sommet. Et quand t'arrives au sommet et que tu vois le paysage tout à fait fabuleux, c'est ta récompense.
«Nous sommes restés au sommet, mon copain et moi, pendant une quinzaine de minutes à admirer l'incroyable paysage, poursuit-il. À cette hauteur-là, il n'y a pas de pollution, t'es au-dessus des nuages. La nuit, tu vois la voie lactée, les étoiles filantes, il n'y a aucune autre lumière. C'est incroyable, t'as l'impression d'être dans le ciel. Et tu te sens incroyablement libre. Et tu réalises comment l'être humain est très petit face à l'environnement. Il n'y a jamais personne qui pourra contrôler cette Terre, c'est impossible. Même si certains essaient fort.
«Je fais souvent le parallèle avec mon équipe entre les Jeux et cette ascension. T'es jamais seul pour grimper une montagne. T'as besoin des autres, t'as besoin d'un guide, t'as besoin de gens qui vont habituellement transporter le matériel et la nourriture. C'est tout un groupe qui se dirige vers le sommet avec un seul et unique but commun. Et quand t'arrives, tu partages la joie d'avoir atteint ce but-là. Et ça, c'est très gratifiant. Et c'est bien le fun.»
Sa vie pour la jeunesse
Père d'une fille âgée de 17 ans (qui entreprendra ses études au Cégep de l'Outaouais en même temps que le retour de son père dans ses fonctions), Yves Lahaie se dit en riant «célibataire, agent libre et disponible». Mais il s'empresse d'ajouter qu'il n'a pas le temps pour une copine en ce moment. Détenteur de deux baccalauréats en loisir et en éducation physique de l'Université d'Ottawa, il a oeuvré dans le domaine de l'éducation toute sa carrière.
«J'ai consacré ma vie à la jeunesse, dit-il. J'ai toujours travaillé avec et pour les jeunes. Ce que j'aime, c'est que les jeunes ne sont pas encore corrompus. Ils ont peut-être un petit côté naïf et idéaliste, mais j'aime bien ça parce qu'ils sont encore malléables et il y a encore moyen de leur inculquer des valeurs saines. Et les jeunes nous ramènent aux choses de base.»
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Les Jeux de la francophonie canadienne 2014 à Gatineau débutent mercredi le 23 juillet avec des compétitions en journée, qui seront suivies par la cérémonie d'ouverture à la place de la Cité, de 20h30 à 22h30. Pour plus d'infos: www.jeuxfc.ca