Marie-Josée Taillefer et sa fille Rosalie sillonnent le Québec pour présenter leur conférence intitulée «Taillefer et fille — Relever le défi».

La «Pop-Sac-A-Vie» de Marie-Josée

CHRONIQUE LES GRANDES ENTREVUES / «Pop-Sac-A-Vie-Sau-Sec-Fi-Co-Pin»... Elle s’en souvient encore.

Marie-Josée Taillefer n’avait que sept ans, en 1970, lorsqu’elle a tourné cette pub des Caisses populaires Desjardins et dans laquelle elle lançait de sa petite voix ce drôle de slogan dont plusieurs, comme elle, peuvent encore réciter à ce jour.

«Les gens s’en rappellent encore, c’est incroyable, lance-t-elle. Une chance que c’était une pub bien faite parce que je ne serais pas sortie de l’auberge avec ça comme réputation !», ajoute-t-elle dans un éclat de rire et dans sa bonne humeur contagieuse.

Marie-Josée Taillefer n’en était pas à sa première publicité à la télé, elle qui avait été découverte à l’âge de trois ans à l’émission Jeunesse d’aujourd’hui alors qu’elle prenait place sur les genoux de l’animateur Pierre Lalonde pendant que celui-ci lui chantait Petite fille. (Oui, sur les genoux du crooner. Certes un cas pour la DPJ aujourd’hui...).

«Mon père était caméraman à l’émission Jeunesse d’aujourd’hui et je l’accompagnais parfois à son travail, raconte-t-elle. Un jour, le réalisateur lui a demandé si je pouvais faire le numéro d’ouverture avec Pierre Lalonde. Et c’est là que tout a commencé. Un producteur qui était propriétaire d’une grosse agence de publicité à Montréal m’a vue et j’ai commencé à tourner des publicités.»

Puis une carrière à la télé a suivi. Au début de la vingtaine, Marie-Josée Taillefer a animé l’émission Samedi magazine au réseau TVA. Elle s’est ensuite jointe à sa mère, Claudette Taillefer, pour animer pendant une dizaine d’années les émissions Bon appétit, puis Taillefer et fille. Et de 2002 à 2007, on l’a vue comme coanimatrice de la populaire émission L’épicerie avec Denis Gagné, à Radio-Canada.

Le choc

Marie-Josée Taillefer et René Simard ont célébré l’an dernier leur 30e anniversaire de mariage. Un mariage «princier», à l’époque, qui avait défrayé les manchettes de tous les médias québécois. Mais quelques années plus tard, le conte de fées est tourné au cauchemar pour le couple Taillefer-Simard quand ils ont appris que leurs deux enfants, Olivier et Rosalie, étaient atteints de surdité.

«Quand ça nous frappe, le monde entier s’écroule, laisse-t-elle tomber. On se dit que nous ne sommes pas armés pour faire face à tout ça. Je me disais que ma bonne étoile venait de me quitter. J’étais dans une bonne famille, j’avais une vie agréable à tous les niveaux. Et voilà que ma vie changeait du jour au lendemain. C’est la catastrophe quand ça arrive.

«Mais j’ai eu la chance d’avoir un mari qui a pris ça à cœur autant que moi, ajoute-t-elle. Nous nous sommes soudés à travers tout ça, et dès les premiers instants. Je me souviens, les premiers jours, je pleurais sans arrêt. À un moment donné, René m’a prise dans ses bas, on s’est bercé ensemble et il m’a dit : «Marie, je te le dis, dans un an, on aura accepté tout ça et on va même être capable d’en rire. On va vivre ça ensemble». Ça n’a pas été long que nous nous sommes soudés et que nous avons décidé de faire face à ce qui s’en venait, plutôt que de pleurer sur ce que nous avions perdu. On ne s’est pas apitoyé sur notre sort et on a foncé.»

Rosalie Taillefer-Simard est aujourd’hui artiste peintre, conférencière et danseuse professionnelle. Son frère Olivier est pour sa part technicien électronique chez Bombardier.

Au Salon de la femme de l'Outaouais

Marie-Josée Taillefer et sa fille Rosalie sillonnent le Québec depuis 2016 pour offrir une conférence intitulée Taillefer et fille — Relever le défi et dans laquelle elles racontent leur histoire et comment elles ont réussi à surmonter les nombreuses embûches que la vie a mises sur leur route.

Elles seront de passage à Gatineau, le samedi 7 avril prochain, dans le cadre du Salon de la femme de l’Outaouais qui se tiendra au Palais des congrès les 7 et 8 avril.

«La conférence s’appelle Relever le défi, le défi étant évidemment d’avoir deux enfants qui sont nés avec une grave surdité, d’expliquer Marie-Josée Taillefer. Mais les principes s’appliquent à tout le monde et à pratiquement n’importe quel défi dans la vie.

«Cette conférence est une rencontre avec les gens, poursuit-elle. Nous sommes là pour partager avec eux les différentes étapes que nous avons traversées. Je parle justement de l’étape du choc pour les parents quand on apprend que notre enfant est atteint de surdité. Rosalie n’a pas vécu ça, c’est René et moi qui l’avons traversé. Mais ce qui est le «fun», c’est que Rosalie est là pour témoigner, de son point de vue, de ce qu’elle a vécu à chacune de ces étapes. Et les gens apprécient puisqu’ils ont l’histoire au complet.»

Marie-Josée Taillefer sera également au Salon de la femme de l’Outaouais à titre d’ambassadrice des cliniques Lobe et de la santé auditive.

«Ce rôle d’ambassadrice est une suite logique dans ma vie, dit-elle. Les parents qui ont un enfant atteint de surdité ont plein de questions. J’en sais quelque chose. Et d’être là pour les gens, de répondre à leurs questions et de les rassurer dans leur cheminement me fait le plus grand plaisir. C’est naturel pour moi d’aider à mon tour», de conclure Marie-Josée Taillefer.