La culture et les arts ont toujours été très importants dans la vie de la conseillère municipale Renée Amyot qui a décidé de faire carrière dans le domaine de la santé.

Jusqu’au bout de ses rêves

CHRONIQUE LES GRANDES ENTREVUES / Dans son adolescence à Montréal, la conseillère municipale de Gatineau, Renée Amyot, rêvait de faire du théâtre, de devenir comédienne. « Mais mon père m’a fait comprendre qu’il y avait beaucoup d’appelés dans ce domaine, mais peu d’élus », dit-elle.

Elle s’est donc tournée vers le domaine de la santé et elle est devenue infirmière dans un hôpital montréalais. Et lorsque son conjoint, le Dr Patrick Bourgeois, est devenu médecin en 1991, ils ont choisi de poursuivre leur vie ensemble à Gatineau.

« À l’époque, raconte-t-elle, demeurer à Montréal pour un nouveau médecin était extrêmement pénalisant. On a donc ouvert la carte du Québec et on s’est demandé : «où va-t-on ?». Ma sœur et une de mes bonnes amies étaient ici en Outaouais. Et je voulais une région où il y avait des universités, des musées, du théâtre. La culture était importante pour nous et pour nos deux enfants. Donc on a choisi l’Outaouais. Et nous sommes ici depuis 1992. »

Renée Amyot, 58 ans, a gravé les échelons dans le réseau de santé de l’Outaouais au cours de sa carrière de 33 ans. D’abord infirmière de CLSC en petite enfance, elle a été gestionnaire de santé publique au CSSS de Gatineau, directrice adjointe services généraux santé publique, puis coordonnatrice des services ambulatoires et de la première ligne au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais.

« Comme coordonnatrice, dit-elle, j’avais non seulement la gestion des deux urgences, mais j’avais aussi les services ambulatoires santé de CLSC, la médecine de jour, les cliniques externes et Info-Santé, le 8-1-1. Tout ça était sous moi. »

Mais tout ça est maintenant derrière elle, retraitée est-elle du réseau de la santé depuis deux ans. « C’était le bon temps pour quitter », explique-t-elle. « J’avais 56 ans. Je me disais que si je voulais faire autre chose, c’était le temps. J’ai encore de l’énergie, je me sens en pleine forme, j’ai des idées, des opportunités. Et ça faisait dix ans que je songeais à me lancer en politique (municipale). J’ai été longtemps gestionnaire de la santé publique. Je siégeais à la Commission Gatineau, Ville en santé (qu’elle préside aujourd’hui à titre d’élue), et quand j’y étais, il y a dix ans, je regardais le travail des élus à la table et je me disais : “c’est ce que je vais faire quand je serai retraitée”. Et parallèlement, j’étais aux premières heures du parti Action Gatineau. J’étais sur le comité de direction et je suis l’une des premières membres de ce parti (comme en témoigne sa carte de membre qui porte le numéro 12).

Le système de santé en Outaouais est-il si malade qu’on le dit ou qu’on le croit ?, que je lui demande.

« Ce qui nous nuit beaucoup, répond-elle, ce sont les pénuries de personnel. Si ce n’était pas de ça, je pense que les choses iraient beaucoup mieux. On parle de pénuries à tous les niveaux. Des pénuries de médecins, de spécialistes, d’infirmières, d’inhalothérapeutes, de nutritionnistes, de préposés aux bénéficiaires et le reste. C’est à tous les niveaux. Pourquoi l’Outaouais n’est-elle pas attrayante ? Il faut travailler sur l’attraction. Et la faculté de médecine — qu’on aura éventuellement — aidera beaucoup. Quand on est en mesure d’avoir la formation sur place, les chances qu’on demeure par la suite dans notre territoire d’adoption sont très grandes », d’ajouter la conseillère du district Limbour.

La comédienne

Mère de deux enfants et grand-mère d’un petit-fils de quatre mois, Renée Amyot a réalisé un vieux rêve au cours des dernières années. Un rêve qu’elle caressait depuis son adolescence. Disons qu’elle a non seulement été appelée, mais qu’elle a aussi été élue...

« De 2010 jusqu’à tout récemment, dit-elle, j’ai joué dans six productions théâtrales. Quatre au Théâtre de l’Île et deux à l’Espace René-Provost. On parle de pièces de théâtre communautaires. Le Théâtre de l’Île est le seul théâtre municipal au Québec et c’est extraordinaire. Le théâtre municipal fait en sorte que des citoyens peuvent vivre des expériences théâtrales sans devoir débourser des sommes d’argent pour le décor, la réservation de la salle, la publicité et le reste. Le Théâtre de l’Île offre tout ça.

« Comme comédien, tu dois apprendre ton texte par cœur, assister à 150 heures de répétition sur une période de trois ou quatre mois, et ensuite jouer dans 24 représentations espacées sur cinq semaines, du mercredi au dimanche. J’ai fait ça à six occasions. Ma dernière remonte en 2016.

« Mais j’ai arrêté, ajoute-t-elle. Comme élue, je ne veux pas prendre la place d’un citoyen. Je veux laisser la chance à un citoyen de vivre cette expérience. Mais quand je ne serai plus élue, je vais auditionner à nouveau pour des rôles, c’est clair. J’adore ça. »