Esther Bégin est la nouvelle chef d’antenne de la CPAC, dont le siège social est à Ottawa.

Esther Bégin, le nouveau visage de CPAC

CHRONIQUE LES GRANDES ENTREVUES / Elle est avocate de formation, admise au Barreau du Québec en 1989, mais Esther Bégin n’a pratiqué le droit que pendant six mois, soit pendant son stage obligatoire pour être admise au Barreau. Son rêve — son rêve d’enfance dira-t-elle — était de devenir journaliste.

« Chez nous, le bulletin de nouvelles à Radio-Canada était comme une religion, se souvient-elle. Donc très jeune, j’ai été plongée dans l’actualité, dans l’information. Et c’est rapidement devenu une passion. Je voyais Bernard Derome faire ses premières armes au moment de la Crise d’octobre, j’étais enfant à l’époque, mais je trouvais ça fascinant. Je voyais les reporters sur le terrain et je me disais : «un jour je vais être comme eux. Un jour je vais faire ça. Un jour je vais être comme Bernard Derome». (Rires). C’était un rêve d’enfance, ça vient de très loin. »

Esther Bégin a certes réalisé son plus beau rêve en devenant l’une des journalistes et animatrices les plus connues au Québec et au Canada français. Elle a commencé sa carrière en 1990 à TVA Québec et elle est devenue, dès l’année suivante, chef d’antenne régionale à Sherbrooke. Et depuis, elle a été chef d’antenne à LCN et au réseau TVA, en passant par TQS (aujourd’hui V), réalisant au fil des ans des centaines d’entrevues avec les grands décideurs du Québec et du Canada, en plus d’animer des dizaines de soirées électorales sur la scène québécoise, canadienne ou américaine. Elle a de plus animé de nombreuses émissions de radio, elle a été correspondante à New York pendant deux ans pour d’innombrables médias québécois, et elle a récemment conçu et animé la série documentaire « Fièvre politique », diffusée à Télé-Québec et couronnée aux Prix Gémeaux 2017.

Et le mois dernier, on apprenait que Esther Bégin allait succéder à Pierre Donais à titre de chef d’antenne de la Chaîne d’affaires publiques par câble (CPAC) offerte partout au Canada et dont le siège social se trouve à Ottawa.

Le Droit s’est entretenu avec elle.

LE DROIT : À quelle date entrerez-vous en ondes à CPAC ?

ESTHER BÉGIN : Je brise la glace au moment du congrès national du Parti conservateur, qui se tiendra du 23 au 25 août à Halifax. J’entre donc en ondes à compter du 23 août.

LD : Et ce n’est pas l’action qui manquera cet automne.

EB : Non, en effet. Je commence avec le congrès conservateur. Ensuite, c’est la campagne électorale au Québec qui est lancée. Et au lendemain de cette campagne au Québec, on entrera en année électorale à Ottawa puisque les élections (fédérales) auront lieu en octobre 2019. Donc c’est vraiment un bon « timing ».

LD : Puis il y aura la légalisation du cannabis en octobre.

EB : Il y a plein de dossiers. Disons que les relations entre l’administration Trump et le Canada continuent aussi à faire couler de l’encre et à monopoliser l’actualité sur la scène fédérale. Ce n’est pas les nouvelles qui manquent depuis qu’il (Donald Trump) vit à la Maison-Blanche, et même avant.

LD : En effet. Chaque jour apporte un nouveau scandale avec ce président.

EB : Je vous trouve bon, parce que moi je dirais chaque heure. (Rires). À chaque heure sa nouvelle. À chaque heure son « Breaking news ». C’est vraiment quelque chose.

LD : Pourquoi avez-vous accepté le poste de chef d’antenne à CPAC ?

EB : J’ai accepté tout de suite parce que CPAC m’offrait la possibilité d’assouvir deux passions professionnelles, c’est-à-dire animer une émission quotidienne d’actualité politique, ce que je vais faire quand le parlement siégera. Et une autre émission de grandes entrevues avec les politiciens et les personnalités politiques canadiennes. J’ai adoré faire la série « Fièvre politique » parce qu’elle m’a donné l’occasion d’interviewer 23 anciens politiciens de tous les paliers de gouvernement. Et j’ai vraiment aimé ça. J’aurai donc une série d’entrevues avec des politiciens qui sera présentée à CPAC.

LD : Vous avez réalisé des centaines d’entrevues au cours de votre carrière. Y en a-t-il une qui vous a particulièrement marquée ?

EB : Je n’oublierai jamais l’entrevue que j’ai réalisée avec Jean Lapierre parce que je l’ai faite deux mois avant sa mort, jour pour jour. Cette entrevue s’est finalement avérée un testament politique. J’ai réalisé plusieurs entrevues et plusieurs m’ont marquée. Mais celle-là, je ne l’oublierai jamais.

LD : La présidente de CPAC, Catherine Cano, a expliqué dans un communiqué que vous aurez comme mission de faire connaître et comprendre les nombreux enjeux qui touchent les francophones du Québec et du reste du Canada sur la scène politique fédérale. Connaissez-vous bien les communautés francophones hors Québec ?

EB : C’est sûr que j’aurai une adaptation à faire, mais ça fait partie de ma mission. Mais mon expérience à Vancouver (correspondante sur la côte ouest pour Radio-Canada et RDI à l’été 2017) m’a beaucoup aidée à cet égard parce que je travaillais à Vancouver en français. Il y a une communauté francophone à Vancouver et ça m’a plongé dans le bain de ce que c’est de travailler à apporter des enjeux qui touchent les minorités francophones hors Québec.

LD : Déménagerez-vous à Ottawa, là où se trouveront vos bureaux ?

EB : Je vais me prendre un pied-à-terre à Ottawa. C’est certain que j’y serai sur une base régulière quand le parlement va siéger. Mais je garde ma base à Montréal, même si je serai appelée à Ottawa très souvent. Je suis allée à Ottawa à quelques reprises et c’est une ville que je connais assez bien. Mais j’ai l’intention de la découvrir davantage, et je pense que je vais m’y plaire. »