Martin Lajeunesse a toujours voulu faire de la politique active. Sa chance est arrivée lorsque Maxime Pedneaud-Jobin s’est présenté à la mairie.

D’un rêve à l’autre

CHRONIQUE LES GRANDES ENTREVUES / Martin Lajeunesse a réalisé un vieux rêve en étant élu conseiller municipal du district de Buckingham en 2013. Un rêve sur lequel ce restaurateur avait pourtant tracé une croix.

« J’ai toujours voulu m’impliquer en politique, dit-il. Mais nous avions Jocelyne Houle comme conseillère à Buckingham. Ensuite Maxime (Pedneaud-Jobin) est arrivé. Donc j’avais mis ça de côté, je ne voyais pas d’opportunité. Mais lorsque Maxime s’est présenté à la mairie (en 2013) et qu’il est venu me rencontrer pour me demander de me joindre à son équipe (Action Gatineau), j’ai dit «oui». C’était un vieux rêve pour moi. J’ai la politique dans le sang. »

La politique lui coule effectivement dans les veines. Son grand-père paternel était organisateur et conseiller chez les libéraux provinciaux. Son grand-père maternel, Wilfrid Gauthier, était maire de Masson et président de la commission scolaire. Son père s’est présenté à l’investiture libérale (provinciale) contre Mark Assad en 1981. « Mais il a perdu par trois votes », se souvient Martin Lajeunesse. Et sa mère s’est présentée à deux reprises en politique municipale.

Disons qu’on peu facilement deviner quel était le sujet de conversation préféré des Lajeunesse au souper...

Lajeunesse et Lajeunesse

Martin Lajeunesse a réalisé un autre rêve, il y a 24 ans. Soit celui d’ouvrir son propre restaurant. Comme sa mère, Margot, avait fait en 1988 en ouvrant Le Margotier, à Buckingham.

« Ma mère a ouvert son restaurant en 1988, deux jours après le décès de mon père, se rappelle-t-il. Mon père était atteint d’un cancer et il a été malade pendant cinq ans avant de nous quitter. Il était très malade pendant la construction du restaurant de ma mère. Puis il est mort le 8 juin, et ma mère ouvrait son resto le 10 juin. Elle a été très forte à travers tout ça.

«J’ai travaillé comme serveur au restaurant de ma mère, poursuit-il. Et j’avais pris un cours en restauration à Buckingham. Mais ma mère a décidé de vendre son resto en 1992. Puis sur un coup de tête, moi et un bon ami sommes partis en auto pour l’ouest canadien. Et j’ai décroché un emploi à l’hôtel Banff Springs (en Alberta) où j’ai travaillé pendant un an et demi. Puis j’ai eu vent que mes deux oncles, qui étaient propriétaires d’un édifice à Buckingham, cherchaient à le vendre. Et ma mère savait que je rêvais d’ouvrir un restaurant. Alors elle m’a appelé un jour et elle m’a dit que Carole, ma sœur qui travaillait au Twist à Hull à l’époque, rêvait elle aussi d’ouvrir un resto. Alors je suis revenu à Buckingham, Carole et moi avons rencontré nos oncles et on a ouvert les portes de notre restaurant en juin 1994.»

Et 24 ans plus tard, Le LaLa Bistro (pour Lajeunesse et Lajeunesse) a toujours pignon sur rue au centre-ville de Buckingham et les clients y sont toujours fidèles.

Mais les amis et les proches de Martin et Carole Lajeunesse se disent un peu surpris de leur succès en affaires. «Parce qu’ils sont complètement l’opposé l’un de l’autre, Carole et Martin sont deux extrêmes», m’a confié un ancien employé du LaLa Bistro.

«C’est vrai, admet Martin Lajeunesse. Carole et moi sommes effectivement le yin et le yang.

— Alors comment avez-vous réussi en affaires ?

— On a fait une thérapie. (Rires).

— Vraiment ?

— Oui. Le fait qu’on soit frère et sœur amène une dynamique positive autant que négative parce qu’on se dit nos quatre vérités. On a donc appris à se parler et à communiquer, c’est-à-dire à apprendre comment elle se sent et comment moi je me sens. Mais ce n’était pas une médiation ! (Rires) Carole et moi avons le même objectif. Sauf qu’elle a ses manières et j’ai les miennes. Et quelque part, il faut se retrouver dans le milieu. Et c’est ce qu’on a fait.

— Et Carole ne s’est pas objectée à ce que vous fassiez le saut en politique municipale en 2013 ?

— Je lui en ai parlé avant de dire «oui» à Maxime et elle a accepté. Avant la politique, je faisais le plancher et la comptabilité au bistro. Carole était dans la cuisine, elle s’occupait des commandes et tout ça. Mais depuis 2013, Carole s’occupe de la gestion quotidienne du resto. Et moi j’ai gardé la comptabilité qui me demande deux heures de travail par semaine. Et ce que je retrouve en politique, j’ai l’impression que je l’exerçais aussi dans mon commerce. C’est-à-dire de m’assurer que les clients soient contents. S’il y a un problème, tu veux le régler pour que le client revienne.

— Ou que le contribuable revote pour vous ?

— C’est ça. C’est d’être au service des gens.»