Laurent Paquin vient nous présenter son spectacle, Déplaire.

Déplaire... aux larmes

Laurent Paquin était de passage à Gatineau et à Orléans jeudi. En Outaouais d’abord à titre d’ambassadeur des 22e Journées de la culture. Puis au Centre des arts Shenkman en soirée pour une représentation de son quatrième one man show : Déplaire. Un spectacle qui, dit-on, n’a certes pas déplu…

Outre ses spectacles d’humour, on le connaît aussi pour ses rôles à la télé dans Histoires de filles et Caméra Café. On l’a vu au cinéma dans Il était une fois Les Boys et, tout récemment, dans le dernier film de Denys Arcand, La chute de l’empire américain. Laurent Paquin a également brillé sur les planches, notamment dans la comédie musicale Chicago, et il a été à la barre d’émissions matinales à la radio de Montréal pendant plusieurs années.

Alors quel titre doit-on lui coller ? Humoriste ? Comédien ? Animateur ? Chanteur ?

« Humoriste, répond-il. Je me considère toujours comme un humoriste. C’est le métier qui me fait vivre. C’est le métier pour lequel j’ai étudié. C’est le métier que je voulais faire quand j’étais enfant. Et c’est le métier qui m’emmène à faire autre chose. J’ai fait de la radio parce qu’on voulait un humoriste à la radio. J’ai joué à la télé parce qu’on m’avait vu faire des spectacles ou de l’improvisation. Mais à la base, je suis un humoriste. Et les offres sont moins nombreuses comme acteur. J’ai moins de possibilités de ce côté-là. Alors que comme humoriste, je donne des centaines de spectacles par année. C’est demandant, mais j’adore ça. J’aime faire de la route », d’ajouter le père de deux enfants âgés de 12 et six ans.

« C’est le running gag en humour. On dit que lorsque tu pars un nouveau show, tu le pars pour être loin de la maison, lance-t-il en riant. Mais blagues à part, ce n’est pas si difficile de jongler spectacles et famille. Même quand je suis en tournée et que je donne des spectacles en soirée, je suis souvent chez moi le matin pour prendre le petit-déjeuner avec ma conjointe, Danielle, et nos enfants. Et les fins de semaine, ma famille va parfois m’accompagner sur la route et on couche à l’hôtel. On transforme ça en week-end familial. »

Trop d'humoristes au Québec ?
« Je donne des centaines de spectacles par année », a-t-il dit. Et ce, depuis près de 20 ans. Gagnant de deux prix Oliviers pour le meilleur spectacle de l’année et pour l’auteur de l’année (Tout est relatif en 2006), Laurent Paquin détient le record pour le plus grand nombre de spectacles consécutifs (15) au gala Juste pour rire.

Certains affirment qu’on compte trop d’humoristes au Québec. Pourtant, les salles se remplissent soir après soir, année après année. Et l’amour des Québécois pour le rire ne s’estompe pas. Comment Laurent Paquin explique-t-il cet engouement des gens pour les spectacles d’humour ?

« C’est peut-être le fait qu’on soit un petit peuple entouré d’une autre langue, répond-il. C’est comme la télé. On écoute beaucoup plus notre télé. Toute proportion gardée, les Québécois consomment beaucoup plus leur culture qu’ailleurs. Pourquoi l’humour, particulièrement ? Je ne sais pas. C’est un mélange de plein de choses, je crois. L’humour est quelque chose qui n’est pas compliqué et qui est très accessible. C’est quelque chose que tout le monde fait. Tout le monde est drôle dans la vie, tout le monde a une « joke » à raconter. Alors peut-être que les gens se reconnaissent plus dans un humoriste.

« Maintenant, y a-t-il trop d’humoristes au Québec ? Le jour où il y en aura trop, certains ne seront plus capable d’en vivre et arrêteront. Je crois beaucoup à la loi du marché. Mais lorsqu’on dit qu’il y a trop d’humoristes, qui est de trop ? Les gens nommeront les humoristes qu’eux n’aiment pas. Mais si un gars vend 200 000 billets, comment peut-on dire qu’il est de trop !? Tout est relatif. Il ne peut pas y avoir trop d’humoristes. Ceux que tu n’aimes pas, tu ne vas pas les voir.»

La campagne électorale
Les Québécois seront appelés aux urnes le 1er octobre prochain. Et comme un peu tout le monde, Laurent Paquin suit la campagne électorale dans les médias. « Mais avec une certain désintérêt », laisse-t-il tomber. En fait, s’il n’en tenait qu’à lui, il n’y aurait tout simplement pas de campagne. Juste une journée d’élection, point à la ligne.

« Une campagne ne sert à absolument rien dans la mesure où tout ce qui se dit en campagne, on sait que ça ne se fera pas, explique-t-il, sourire en coin. Alors pourquoi dépenser des millions $ ? Il y a de l’argent public d’engagé là-dedans. C’est nous qui payons pour se faire bullshiter, c’est ce que je trouve de formidable. On dépense de l’argent pour que des gens viennent nous mentir et nous dire le lendemain de l’élection : « on vient de trouver un trou de 4 milliards $ dans le budget, on ne pourra pas donner suite à telle ou telle promesse ». Un gars qui fait une bonne campagne électorale, ça ne me dit rien. Ça fait juste me faire dire : « il est bon dans les campagnes électorales ». Ça ne veut pas dire qu’il fera un bon leader. Un gars qui est bon dans les débats des chefs, je me dis qu’il est bon dans les débats des chefs. Ça ne veut pas dire qu’il est bon pour gouverner pendant quatre ans.

« Malheureusement, je suis devenu un peu cynique par rapport à la politique. J’essaie de ne pas l’être. Ce n’est pas bien d’être cynique. Mais d’élection en élection, c’est dur de ne pas l’être. »

Laurent Paquin sera de passage à la salle Odyssée de la Maison de la culture de Gatineau vendredi le 19 octobre.