Élaine Dupras, directrice générale de la Sporthèque

De l’hôpital à La Sporthèque

CHRONIQUE LES GRANDES ENTREVUES / Adolescente, la directrice générale de La Sporthèque, Élaine Dupras, voulait être infirmière. C’était son rêve, son objectif, presque sa vocation. Elle a donc poursuivi ses études postsecondaires en... comptabilité.

« J’ai toujours voulu travailler dans le domaine de la santé », raconte-t-elle. Mais les gens te découragent de te lancer dans ce domaine. Ils te disent : « Va pas là-dedans, c’est dur, tu travailles des horaires de fou », et le reste. Et ils n’ont pas tort (rires). Donc je les ai écoutés. Je me suis inscrite en comptabilité parce que j’aimais aussi l’administration, la gestion et la tenue de livres. J’ai terminé ma première année, mais j’ai réalisé que ce n’était pas pour moi. En fait, je n’aimais pas ça !, lance-t-elle dans un éclat de rire.

« J’ai donc fait à ma tête, reprend-elle, et je suis retournée au cégep en techniques infirmières. J’ai obtenu ma licence d’infirmière, j’ai été embauchée de nuit à l’Hôpital de Gatineau, puis j’ai ensuite fait mon baccalauréat en sciences infirmières avec une spécialité en gestion de la santé à l’UQO (Université du Québec en Outaouais). J’ai pris des chemins bien longs. Mais en même temps, le hasard a bien fait les choses puisque l’année que j’ai faite en sciences administratives et en comptabilité me sert bien aujourd’hui à La Sporthèque. »

C’est à l’âge de 28 ans que Élaine Dupras a obtenu son baccalauréat en sciences infirmières. Et dès son obtention, elle a été promue au poste de coordonnatrice de nuit des soins au Centre hospitalier de Gatineau.

Elle travaillait donc la nuit tout en complétant à temps partiel son baccalauréat... Et tout en élevant ses trois filles.

« Ouais... songe-t-elle longuement, j’ai eu mes trois enfants à travers tout ça. J’avais trois bébés à la maison, je travaillais de nuit et je complétais mes études universitaires le soir. J’y pense aujourd’hui et je n’arrive toujours pas à comprendre comment j’ai fait ça ! (Rires). Mais tu sais, quand t’es jeune, you go with the flow ! », d’ajouter en souriant celle qui est aujourd’hui grand-mère de quatre petits-enfants.

Elle avoue cependant que ses années à l’Hôpital de Gatineau ont été très difficiles, malgré sa passion pour sa profession et son dévouement pour les patients.

« C’était difficile et ce l’est encore plus aujourd’hui », laisse-t-elle tomber. Je suis allée à l’Hôpital de Gatineau il y a trois ans pour accompagner un proche et les choses ne se sont pas améliorées, mais pas du tout.

« Travailler la nuit est très exigeant », poursuit-elle. « Le personnel de nuit est jeune et j’étais coordonnatrice et responsable de tout l’hôpital et de tout le personnel. Et ce que je trouvais le plus stressant, c’est qu’il y avait parfois des catastrophes durant la nuit et t’avais besoin de dix personnes supplémentaires. Mais tu ne trouves pas personne à 4 h du matin. On était toujours serré au niveau du personnel. C’est stressant puisque tu travailles avec des vies. Et il y a peut-être des gens en situation critique qui peuvent nous échapper.

Mais malgré tout, j’aimais ça. D’être infirmière a toujours été ma passion. Et ce petit côté d’adrénaline m’a toujours manquée depuis que j’ai quitté l’hôpital. J’aime les défis, et chaque nuit était un défi à relever. »

Centraide

Sportive férue et passionnée de la santé et de l’activité physique, Élaine Dupras, 53 ans, a quitté son poste de coordonnatrice des soins infirmiers au CSSS de Gatineau en 1993 pour se joindre à l’équipe de La Sporthèque à titre de directrice adjointe. Et en 2004, elle est devenue actionnaire et nommée directrice générale de ce centre sportif du secteur Hull qui compte plus de 5 000 membres et 250 employés.

Elle a remporté depuis trois prix Excelor remis par la Chambre de commerce de Gatineau et elle a été mise en nomination en 2014 pour le prix personnalité de l’année. Et l’an dernier, l’UQO l’a honorée en la nommant lauréate du titre « Grande diplômée — volet carrière » au Grand rendez-vous de l’UQO 2016. 

« Je ne m’attendais vraiment pas à recevoir cet honneur de l’UQO, dit-elle. Ça m’a renversée. Et je l’ai pris comme si j’avais bien fait mes devoirs dans ma vie et dans ma carrière. »

Élaine Dupras a accepté cette année le rôle de présidente d’honneur de la campagne de financement de Centraide Outaouais pour succéder à l’animateur radio bien connu, Michel Picard.

« L’objectif de la campagne est de 3,6 millions $ afin d’aider 64 000 personnes, dit-elle. Et nous avons jusqu’à maintenant amasser 57 % de notre objectif. Je suis fière de me joindre à Centraide Outaouais. C’est une très petite équipe qui fait des miracles. Et il faut savoir que l’argent que donne Centraide à 70 organismes de la région est dirigé directement vers des projets précis et particuliers. L’argent n’est pas attitré aux salaires des employés de ces 70 organismes soutenus par Centraide. C’est de l’argent qui aide les gens directement. Et nous avons 64 000 personnes à aider. »

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