Les grandes entrevues

De cultivateur à professeur émérite

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Yao Assogba se demandait bien dans quoi il s’était embarqué en venant poursuivre ses études au Canada.

Il a quitté son Togo natal en septembre 1970, bourse de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) en poche, pour venir faire ses études universitaires au Québec. Mais il ne pouvait s’imaginer le « baptême de feu » qui l’attendait.

« J’avais 23 ans. Je suis arrivé à Montréal en septembre 1970 et, le mois suivant, c’était la Crise d’octobre, se souvient-il. Et comme j’étais dans une école privée (le Collège Jean-de-Brébeuf), il y avait des enfants de ministres qui y étudiaient. Donc l’armée était postée devant le pavillon. J’ai eu peur. Je me suis dit : ‘j’ai quitté un pays où il y a une dictature militaire pour un pays où il y a les mesures de guerre’. Ç’a été raide », lance-t-il dans une expression bien de chez nous.

Et le pauvre n’était pas au bout de ses peines…

« À l’hiver 1971, ajoute-t-il, quelques mois après mon arrivée, c’était la tempête du siècle. Bienvenue au Canada, me suis-je dit ! (Rires). Un matin de janvier, j’ouvre les rideaux et il faisait beau soleil. J’étais content. Donc je suis sorti vêtu d’un short. Mais en ouvrant la porte, un vent glacial m’a figé sur place. Il faisait moins 20 degrés ! Il y avait un soleil, mais pas de chaleur. C’était un mystère pour moi. »

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Yao Assogba, 71 ans, est professeur émérite à l’Université du Québec en Outaouais (UQO), là où il a enseigné la sociologie pendant 27 ans. Titulaire d’un doctorat en sociologie, il s’est établi à Gatineau en 1983 avec son épouse, Andrée Tremblay, et leurs trois enfants.

M. Assogba a récemment lancé son autobiographie intitulée Des collines d’Atakpamé aux collines de Gatineau, un livre dans lequel il raconte son impressionnant parcours de la cité d’Atakpamé où il a grandi, au Togo, jusqu’à ses années comme enseignant à l’UQO, puis comme professeur émérite.

Il rappelle dans son ouvrage l’histoire de ses ancêtres ifè et il revient sur son enfance en Afrique au sein d’une famille de cultivateurs ; les obstacles qu’il a dû surmonter avant d’immigrer au Québec ; sa liaison de deux ans avec Geneviève Laurendeau, la fille de l’homme politique et ancien rédacteur en chef du Devoir, André Laurendeau ; son premier réveillon dans cette famille montréalaise ; sa rencontre avec Andrée, son épouse des 41 dernières années, ses visites au Saguenay-Lac-Saint-Jean et le choc culturel qu’il a vécu là-bas dans la région natale de sa femme.

« Andrée et moi nous sommes mariés au Lac-Saint-Jean en septembre 1977, dit-il. Un Noir venu de Montréal qui mariait une Bleuet dans un rang du Lac-Saint-Jean, c’était un événement là-bas à l’époque. (Rires). Mais les valeurs communes et spontanées d’entraide et de solidarité des gens de cette région m’ont fasciné et m’ont rappelé l’Afrique. J’avoue cependant que j’ai dû apprendre quelques expressions qui, au début, me laissaient perplexe. Comme ‘à cause’, ‘fais pas simple’, ‘il mouille à siaux’ et plusieurs autres. Une fois, mon beau-père m’a demandé de sortir lui aider à bûcher du bois. Alors il me dit : ‘Yao, appareille-toi’. Je n’ai pas compris. ‘Mets ta froc’, m’a alors dit le beau-père. Je n’ai pas compris. ‘Mets ton parka.’ Je n’ai pas compris. ‘Mets ta canadienne.’ Je n’ai pas compris. ‘Mets ton coat.’ Je n’ai pas compris. Finalement, Andrée m’a dit : ‘Yao, mets ton manteau’. Là, j’ai compris ! » (Rires)

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La Fondation Lani

Dans son autobiographie, M. Assogba rappelle aussi le rôle clé qu’il a joué dans la création du campus Félix-Leclerc du Cégep de l’Outaouais, ainsi que dans la mise sur pied à Gatineau de l’organisme Carrefour Jeunesse Emploi, « le premier de ce genre au Québec », soulignera-t-il.

Puis il revient sur la période la plus triste et la plus sombre de sa vie : la mort de son fils, Lani, qui s’est enlevé la vie en novembre 2000 à l’âge de 18 ans. « Mon fils a été diagnostiqué bipolaire au Cégep, dit-il. Andrée et moi avons tout tenté pour l’aider. Mais il n’y avait rien qu’on pouvait faire, malheureusement. »

Voici un passage de son autobiographie :

« Lani a vécu une grande détresse psychologique à partir de seize ans. (…) Durant ces deux années de détresse, nous ressentions tout son courage, sa détermination pour la combattre et se porter mieux. C’était extrêmement difficile de voir Lani souffrir autant et de constater que, malgré toute sa volonté de vivre, il n’a pas vu d’autres façons pour arrêter de souffrir que de s’enlever la vie, le vendredi 10 novembre 2000, à l’âge de 18 ans. Lui qui aimait tant la vie ! »

Moins d’un an après la mort de leur fils, Yao Assogba et son épouse Andrée ont créé à Gatineau la Fondation Lani, qui a pour mission d’appuyer des projets de promotion de la vie dans une perspective de prévention du suicide chez les jeunes de 12 à 25 ans.

« L’idée de créer cette fondation m’est venue durant les funérailles de Lani, dit M. Assogba. Les gens se sont mobilisés et, depuis sa création en 2001, la Fondation Lani a aidé plus de 800 jeunes. Mon fils a sauvé plusieurs vies. » 

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Le livre Des collines d’Atakpamé aux collines de Gatineau est disponible en ligne, en librairie et sur le site de la Fondation Lani. Cinq dollars de chaque exemplaire vendu seront remis à cette fondation.

Pour joindre la Fondation Lani : 819-778-0188 ; www.fondationlani.ca

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Le temps de la récolte

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Quelques centimètres et quelques kilogrammes de plus et Sébastien St-Louis serait peut-être devenu joueur de football professionnel plutôt que de devenir entrepreneur et de mettre sur pied l’entreprise HEXO, le plus important fournisseur de la Société québécoise de cannabis (SQDC).

« Je suis un ancien footballeur, j’étais centre sur la ligne offensive, se souvient ce Franco-Ontarien natif d’Ottawa et diplômé du Collège catholique Samuel-Genest. J’ai joué au football jusqu’au niveau collégial. Malheureusement, j’ai arrêté de grandir une fois rendu à ce niveau. Et à cinq pieds et neuf pouces, tu ne deviens pas centre. J’ai donc décidé de faire autre chose de ma carrière. C’est cependant au football que j’ai appris l’importance des rôles et des fonctions de chacun au sein d’une équipe pour atteindre notre but. »

Sébastien St-Louis a atteint son but, c’est le moins qu’on puisse dire. Son entreprise du secteur Masson-Angers qui comptait dix employés à ses débuts, en 2013, en compte aujourd’hui 245 et on vise 500 d’ici la fin de l’année. HEXO a le mandat de fournir à la SQDC plus de 200 000 kilogrammes de cannabis au cours des cinq prochaines années. « Les cinq dernières années ont été une belle aventure, lance-t-il. Et j’espère que les cinq prochaines années seront aussi mouvementées. »

Titulaire d’un baccalauréat en arts et d’une maîtrise en administration des affaires, Sébastien St-Louis, 34 ans, est père d’une fillette âgée de 20 mois, et son épouse et lui attendent un garçon en novembre. Issu de parents qui sont tous deux enseignants, il a un sens inné pour les affaires, lui qui a démarré sa première entreprise à l’âge de 16 ans. Mais c’est en 2013 qu’il a vraiment misé juste en fondant l’entreprise Hydropothicaire, rebaptisée HEXO en juin dernier. D’où vient ce flair pour une bonne affaire ?

« Mes parents me posent souvent cette même question, répond-il d’un éclat de rire. C’est le goût de l’exploration, de l’apprentissage, croit-il. C’est beaucoup de travail et un peu de chance aussi. C’est de choisir les bonnes valeurs et de s’entourer de gens très forts dans leur domaine. C’est d’apprendre de ces gens-là et d’utiliser les forces de chacun d’entre nous pour faire quelque chose de bien. Et j’étais entouré de gens qui ont cru en moi.

— Quelle a été la réaction de vos parents et de votre entourage lorsque vous leur avez annoncé que vous vous lanciez dans l’industrie du cannabis ?

— Mes parents sont assez ouverts. J’ai eu beaucoup d’encouragement. Beaucoup de questionnement aussi. J’ai éduqué les gens et expliqué ce que mon entreprise allait faire. Et les gens y croyaient. En fait, le premier million investi dans la compagnie, ce sont tous des amis de la famille qui l’ont investi. Et je ne viens pas d’un cercle de gens riches. C’était beaucoup de petits chèques, à coups de 10 000 $, pour se rendre au premier million amassé. Mes parents ont investi initialement 50 000 $ dans mon entreprise. Ils n’avaient pas 50 000 $ qui traînaient, ils ont pris une hypothèque sur la maison. Tout est bien tombé. Beaucoup de vies ont changé dans ce cercle d’amis-là. Ils ont pris un gros risque au début. Mais c’est certain qu’on a tous été choyés par les résultats. Et ça continue. »

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Fait plutôt ironique, Sébastien St-Louis n’avait presque jamais consommé de cannabis avant de fonder HEXO.

« J’avais 24 ans la première fois que j’ai fumé, dit-il. Un bon ami m’a demandé si je voulais essayer un joint. C’était bien correct, mais ce n’est pas quelque chose qui m’a accroché dès le début.

«Ces jours-ci, un vendredi soir, au lieu de prendre un scotch, je prends un peu d’Élixir (vaporisateur sublingual de cannabis). C’est une façon plus responsable, il me semble, de passer une belle soirée. Tu te lèves le lendemain matin sans maux de tête, t’es un peu plus productif. L’Élixir de HEXO est muni d’un système de dosage. Chaque fois que t’appuies sur le mécanisme, tu reçois 2,5 mg de THC. Donc si tu veux passer une belle soirée avec juste un peu d’euphorie, tu prends deux dépressions du mécanisme — dépendamment du métabolisme de chacun — et t’as toujours la même expérience sans trop en prendre et sans tomber endormi. C’est une façon d’aller chercher tes moments d’euphorie en soirée de façon beaucoup plus santé que l’alcool.»

HEXO a été mis sur pied en 2013 pour produire et vendre du cannabis médical. C’était sa raison d’être, d’abord et avant tout. 

Or, Sébastien St-Louis a été aussi étonné que tout le monde, quatre ans plus tard, lorsque le gouvernement de Justin Trudeau a annoncé que la consommation de cannabis serait légalisée dès le 1er juillet 2018. (Cette date a été repoussée au 17 octobre 2018).

«Quand j’ai commencé l’entreprise, je m’attendais à ce qu’un jour on puisse acheter du cannabis sans prescription, j’en étais certain, dit-il. Mais c’est arrivé plus vite que je pensais, et plus vite que tout le monde pensait. Donc on a dû s’adapter rapidement.

— Et allez-vous célébrer d’une façon quelconque le 17 octobre prochain (mercredi) ?

— Tout le personnel va se rassembler pendant environ une demi-heure, répond-il. On va se serrer la main, se féliciter et il y aura quelque chose de spécial pour tous les employés. Et ensuite, on retournera au travail. On célébrera ça pour de vrai au party de Noël. (Rires). À notre tout premier party de Noël, nous étions vingt personnes, soit dix employés avec leur conjoint et conjointe. Cette année, on va fêter Noël au Hilton Lac-Leamy et on attend 600 personnes.»

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Savoir saisir sa chance

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Adolescent à son école secondaire de Repentigny sur la Rive-Nord de Montréal, Mathieu Lacombe, le nouveau député caquiste de Papineau à l’Assemblée nationale, préférait rentrer chez lui à l’heure du lunch plutôt que de casser la croûte à la cafétéria avec ses camarades de classe.

« J’habitais tout près de l’école, dit-il. Je revenais manger à la maison pour écouter les émissions d’affaires publiques à TVA. J’écoutais Jocelyne Cazin et François Paradis qui est aujourd’hui un collègue à l’Assemblée nationale. Je lui ai raconté cette anecdote l’autre jour et il en a bien ri. J’avais déjà deux passions à l’adolescence : le journalisme et la politique. »

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Le maire de terrain

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a eu la même réaction qu’un peu tout le monde, vendredi dernier, en apercevant sur son téléphone l’alerte émise par Environnement Canada. « Possibilité de tornades », prévenait-on.

« Je l’ai effacée, dit-il en parlant de l’alerte en question. On en a vu d’autres. Ce qu’il faut, par contre, c’est que le système ne l’efface pas. Et nous, à Gatineau, sommes assez disciplinés là-dessus. À 15h, deux heures avant que la tornade frappe, nous avions mis tous les cadres en état d’alerte. On prend ces alertes très au sérieux. Tout le monde doit répondre. Dès vendredi matin, nous avions pris un certain nombre de mesures parce qu’on savait qu’il y allait avoir de grands vents. C’est pourquoi ça n’a pris que des minutes avant que nos équipes soient sur le terrain, mobilisées et en train de travailler.

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Le pionnier venu du Nord

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Il a frayé la voie aux artistes franco-ontariens. Si les Damien Robitaille, Véronic Dicaire, Gabrielle Goulet, Andrea Lindsay et tant d’autres chanteurs, auteurs et compositeurs de l’Ontario français peuvent aujourd’hui vivre de leur art, c’est en grande partie grâce à lui.

Robert Paquette, de Sudbury, a été le premier Franco-Ontarien à enregistrer un album en studio professionnel. Jamais un francophone de l’Ontario n’avait auparavant pu partager ses mots, sa musique et son cœur avec la francophonie canadienne et mondiale. 

Mais en 1974, le « gars du Nord » lançait son tout premier album, Dépêche-toi soleil, et il ouvrait du même coup la porte à ceux qui allaient suivre ses pas et mettre en musique la lutte, la réalité, les joies et l’âme des Franco-Ontariens.

« Je suis d’abord allé à Toronto avec mes chansons pour obtenir un contrat, se souvient Robert Paquette. J’écrivais autant en anglais qu’en français à l’époque (en 1973). Je suis revenu au bout d’une semaine avec quatre offres de contrat dans les mains. Je ne savais pas s’il s’agissait de bons contrats ou non. Je savais par contre que c’était eux qui allaient choisir les chansons à paraître sur l’album, le studio où il allait être enregistré, la date de sortie, la pochette et le reste. Disons que ce n’était pas une perte de contrôle totale, mais j’en léguais un méchant bout. »

Puis par un concours de circonstances, Robert Paquette a eu vent qu’un studio de Montréal serait peut-être intéressé à produire son premier album. « Donc je suis allé à Montréal, dit-il. On a aimé mes tounes en français et on m’a dit : «tu entres en studio à telle date». Je pensais que le tout allait prendre deux ou trois jours. Mais finalement, je suis resté à Montréal pendant deux ou trois mois », ajoute-t-il dans un éclat de rire.

Sa carrière était lancée. Et aujourd’hui, à l’âge de 69 ans, Robert Paquette compte 16 albums et trois albums duo dans sa discographie.

Mais il n’est jamais retourné vivre chez lui, à Sudbury. Il est plutôt resté à Montréal pour poursuivre sa carrière. Non pas par choix, mais bien par obligation professionnelle.

« Toute la partie commerciale était à Montréal, explique-t-il. S’ils ont besoin de toi pour une émission de télé, pour une tournée de promotion ou pour une tournée des postes de radio et que tu vis à Sudbury, vont-ils payer l’avion et tous les frais de déplacement pour que tu descendes à Montréal ? Nous n’avions pas la technologie d’aujourd’hui en 1974. Tout se passait à Montréal et mon gérant était à Montréal. La distance entre Sudbury et la métropole m’empêchait de retourner vivre dans ma ville natale.

— Vous l’a-t-on reproché ?

— Non. Parce que je me suis toujours assuré de faire la tournée de l’Ontario. La Nuit sur l’étang (dont il a été de la toute première édition), le Festival franco-ontarien, le Festival Boréal, la tournée des écoles et tous les autres événements franco-ontariens, j’y étais. Mon attachement à l’Ontario français n’a jamais disparu, confirme le cofondateur de l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM).

«Et quand je regarde le progrès qu’a fait la communauté franco-ontarienne depuis les années 1970, que ce soit en musique, en éducation, en santé ou en tout autre domaine, je me dis qu’on a fait un méchant chemin ! Mais l’engagement doit toujours être là. Mais quand tu chantes en français en Ontario, t’es déjà engagé.»

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Bleu et blanc

Le mois dernier, la chanson Bleu et blanc de Robert Paquette (parue sur son deuxième album Prends celui qui passe) est entrée dans l’histoire du Panthéon des auteurs compositeurs canadiens. Cette chanson avait auparavant (2001) été sacrée Classique de la SOCAN. — un classique de la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique est une chanson qui passe plus de 100 000 fois à la radio.

Robert Paquette avoue aujourd’hui qu’il ne pensait pas que Bleu et blanc allait connaître un tel succès.

«Qu’elle soit intronisée au Panthéon des auteurs-compositeurs canadiens est une belle surprise, dit-il. C’est une belle reconnaissance, un bel honneur. On n’est jamais certain de quoi que ce soit quand on écrit une chanson. On espère qu’elle parlera aux gens parce qu’elle nous parle à nous. Mais on ne sait jamais le chemin qu’elle fera.

«Celle-là (Bleu et blanc) m’a vraiment étonné. Elle dure six minutes et 15 secondes, j’étais certain qu’elle ne passerait pas à une époque où les chansons jouées à la radio duraient trois minutes ou trois minutes et demie. Je croyais à ma chanson, mais je ne croyais pas à sa capacité commerciale. Je la voyais plutôt sur la face B d’un 45 tours. (Rires). Mais un animateur de la radio CKOI à Montréal l’a aimée, il l’a fait tourner, et elle a finalement tourné plus de 100 000 fois.

«J’ai écrit cette chanson sur la route entre Montréal et North Bay, se souvient-il. Quand je suis arrivé à North Bay, j’avais déjà les couplets, le refrain et la mélodie d’écrits. Il ne me restait plus qu’à la mettre à la guitare. Ce qui m’a pris à peu près 20 minutes. Je me rappelle d’avoir appelé ma blonde pour lui dire : «Je pense que je viens d’écrire une bonne toune». Mais encore là, je ne pensais jamais qu’elle connaîtrait le succès qu’elle a connu.»

Robert Paquette sera de passage au Collège catholique Samuel-Genest, à Ottawa, le mardi 25 septembre, Journée des Franco-Ontariens, où il assistera au dévoilement de la Scène Paul-Demers, dans l’auditorium de cette école secondaire.

«Je serai très content d’être là, de dire le grand ami du regretté Paul Demers. On me dit que les étudiants chanteront Notre Place (l’hymne officiel des Franco-Ontariens). Je me joindrai à eux pour chanter ma petite partie, s’ils le veulent bien.» 

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Déplaire... aux larmes

Laurent Paquin était de passage à Gatineau et à Orléans jeudi. En Outaouais d’abord à titre d’ambassadeur des 22e Journées de la culture. Puis au Centre des arts Shenkman en soirée pour une représentation de son quatrième one man show : Déplaire. Un spectacle qui, dit-on, n’a certes pas déplu…

Outre ses spectacles d’humour, on le connaît aussi pour ses rôles à la télé dans Histoires de filles et Caméra Café. On l’a vu au cinéma dans Il était une fois Les Boys et, tout récemment, dans le dernier film de Denys Arcand, La chute de l’empire américain. Laurent Paquin a également brillé sur les planches, notamment dans la comédie musicale Chicago, et il a été à la barre d’émissions matinales à la radio de Montréal pendant plusieurs années.

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Le beau rêve d’Yvon Malette

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Son autobiographie s’intitule Entre le risque et le rêve. Un titre bien choisi, puisque c’est son histoire. Yvon Malette a rêvé, il a risqué le tout pour le tout, et son « rêve un peu fou », dira-t-il, s’est concrétisé. Cette année, la maison d’édition franco-ontarienne d’Ottawa les Éditions David — son risque et son rêve — fête ses 25 années d’existence.

Yvon Malette, 75 ans, de Lefaivre dans l’Est ontarien, a été professeur de littérature à l’Université d’Ottawa et au Cégep de l’Outaouais pendant plus de 30 ans. Titulaire d’un doctorat en littérature, père de quatre enfants et grand-père de six petits-enfants, il a aussi été entrepreneur, auteur et, bien entendu, éditeur.

Les grandes entrevue

Trente-cinq ans de passion

CHRONIQUE LES GRANDES ENTREVUES / Il était le visage et l’âme de La Revue de Gatineau. De jeune journaliste affecté à la nouvelle dans la Petite-Nation à directeur de l’information de cet hebdomadaire, Sylvain Dupras aura consacré 35 années de sa vie à informer les gens.

Passionné de son métier et journaliste jusque dans ses tripes, il aura raconté à sa façon l’histoire de Gatineau et de l’Outaouais pendant plus de trois décennies.

Denis Gratton

Eva Avila suit sa « voix »

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Il y a 12 ans, son nom était sur toutes les lèvres. La Gatinoise Eva Gougeon-Avila – « la Hulloise du secteur Mont-Bleu », précisera-t-elle – remportait la finale de la populaire émission de télé-réalité Canadian Idol du réseau CTV, la propulsant instantanément au top des palmarès de la chanson anglophone, et l’entraînant dans un tourbillon qui allait durer quatre années durant lesquelles elle a enregistré deux albums et donné d’innombrables spectacles au Canada et aux quatre coins de l’Amérique du Nord.

À l’âge de 19 ans, Eva Avila, de son nom de scène, vivait son rêve de devenir chanteuse. Ce rêve qu’elle caressait depuis l’âge de trois ans alors qu’elle chantait avec son père dans le marché By d’Ottawa au grand plaisir des touristes et des passants.

Denis Gratton

L’inébranlable Michel Picard

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Michel Picard est un peu comme le lapin Energizer. Il poursuit sa carrière d’animateur et de journaliste droit devant et droit comme un chêne, sans s’arrêter et sans broncher, entraînant dans son sillage les innombrables auditeurs et téléspectateurs qui lui sont fidèles depuis plus de quatre décennies.

On croyait bien que l’heure de la retraite avait sonné lorsqu’il a quitté Radio-Canada Ottawa-Gatineau en 2014 à l’âge de 63 ans, après plus de 40 années de services, et là où il a été chef d’antenne du bulletin de nouvelles de 18 h pendant 16 ans. Mais c’était bien mal le connaître. Parce que l’homme de parole qu’il est – dans tous les sens du terme – n’avait pas dit son dernier mot.