Les grandes entrevues

Le p’tit gars de Saint-Jean-Bosco

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / La plaque d’immatriculation de son automobile se lit : HULL1. Non pas parce qu’il se croit le conseiller municipal numéro un de la Ville de Gatineau. Mais bien parce que Jocelyn Blondin a l’ancienne Ville de Hull, sa ville natale, tatouée sur le cœur… et sur sa voiture.

« On peut sortir le gars de Hull, mais on ne sortira jamais Hull du gars », lance-t-il, lui qui est né, qui a grandi et qui habite toujours le quartier Saint-Jean-Bosco. Un quartier qui, dit-il, était autrefois un « village dans une grande ville ».

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Raymond Théberge, l’enfant du bilinguisme

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Raymond Théberge se dit « un enfant de la Loi sur les langues officielles ».

De son enfance dans son village francophone de Sainte-Anne-des-Chênes, au Manitoba, il a grandi, cheminé, et son parcours exceptionnel l’a mené jusqu’à Ottawa où il a été nommé, en janvier 2018, commissaire aux langues officielles du Canada. Et si quelqu’un peut se targuer de connaître à fond la réalité et les défis des minorités linguistiques au pays, c’est bien lui.

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Monsieur le maire Mathieu Fleury ?

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Mathieu Fleury, maire d’Ottawa en 2022 ? C’est fort possible.

Le conseiller municipal du quartier Rideau-Vanier a été élu pour un troisième mandat consécutif en octobre dernier. Aux prochaines élections municipales, en 2022, il comptera 12 ans d’expérience à la table du conseil. « Sur les cinq conseillers du centre-ville, je suis celui qui compte le plus d’années d’expérience », souligne-t-il.

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L’inoubliable Mathieu Froment-Savoie

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / « Mathieu a toujours été pour son entourage une source de grande fierté. Il a beau dire, par modestie, qu’il ne se considère pas comme un héros ou un modèle à suivre, il sera toujours pour nous un modèle de courage, de ténacité, de générosité et de vie ».

C’est dans ces mots que Pierrette Froment-Savoie et Ghislain Savoie concluent la préface du livre qu’a écrit leur fils Mathieu alors qu’il était âgé de… onze ans.

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« Fumer est un mode de mort »

CHRONIQUE LES GRANDES ENTREVUES / Le Conseil québécois sur le tabac et la santé se cherchait un porte-parole pour sa campagne annuelle La semaine pour un Québec sans tabac, qui se déroulera du 20 au 26 janvier.

On a trouvé en la personne du comédien Pierre Gendron. Un ex-fumeur — ou ex-« gros fumeur », dira-t-il — qui a réussi à « écraser » pour de bon il y a quelques années à la suite du décès soudain d’un ami, victime d’un arrêt cardiaque à l’âge de 44 ans.

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Le leader de La Résistance

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / Le 28 octobre dernier, Carol Jolin était réélu à la présidence de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) pour un deuxième mandat de deux ans.

Deux années qui s’annonçaient relativement calmes pour la francophonie ontarienne. Le nouveau gouvernement conservateur du premier ministre Doug Ford avait clairement appuyé la mise sur pied et l’ouverture en septembre 2020 de l’Université de l’Ontario français. Et la nouvelle ministre des Affaires francophone, Caroline Mulroney, se proclamait sur toutes les tribunes «une amie des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes». Pas d’orage à l’horizon, croyait-on.

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Le père Noël de La Résistance

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / « J’espère que le père Noël va être super généreux ! », a lancé Dyane Adam, il y a deux semaines, devant le Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes.

Je ne sais pas si le père Noël sera généreux, Mme Adam, mais le mouvement La Résistance peut certes le compter dans ses rangs. Et s’il n’en tient qu’à lui et à sa magie, les Franco-Ontariens remporteront leur lutte dans la nouvelle année qui débute bientôt.

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L’unique Amanda Simard

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / La députée indépendante de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard, a marqué l’histoire de la francophonie ontarienne, le 29 novembre dernier, en claquant la porte du Parti progressiste conservateur de l’Ontario pour protester contre les coupes annoncées aux services en français.

Ce qu’elle ne savait pas ce matin-là en remettant sa démission, c’est que son parti s’apprêtait à l’expulser. Le bureau du premier ministre Doug Ford l’aurait même avertie, la semaine précédente, qu’elle subirait de « sévères conséquences » si elle prenait part à l’émission Tout le monde en parle (TLMEP) à Radio-Canada.

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Caza vs l’Ontario, prise 2

LA GRANDE ENTREVUE / En 1999, après deux ans de lutte, l’Hôpital Montfort et le mouvement S.O.S. Montfort rompaient toute discussion avec le gouvernement ontarien et la Commission de restructuration des soins de santé de l’Ontario et remettaient leur cause entre les mains d’un jeune avocat franco-ontarien de 37 ans du nom de Ronald Caza. Et advienne que pourra. La justice tranchera.

Le 1er février 2002, après deux victoires décisives de Montfort devant la Cour divisionnaire de l’Ontario et la Cour d’appel de l’Ontario, le gouvernement conservateur du premier ministre Mike Harris annonce qu’il n’interjettera pas appel devant la Cour suprême du Canada et abdique devant la communauté franco-ontarienne en agitant le drapeau blanc… et vert.

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Jean-Guy Gorley, le gars de sports

CHRONIQUE — LES GRANDES ENTREVUES / La casquette tricolore des Expos de Montréal trône dans son bureau. « Je l’ai depuis 1973, dit Jean-Guy Gorley, l’ambassadeur francophone du Rouge et Noir d’Ottawa de la Ligue canadienne de football (LCF). Lis la lettre qui se trouve à côté de cette casquette. »

La lettre en question est une invitation au camp d’essai de 1973 des Expos de Montréal. « J’étais lanceur dans la ligue de baseball de l’Outaouais, j’avais 19 ans, se souvient-il. Je venais de lancer deux matches sans point ni coup sûr. Les Expos ont entendu parler de moi, ils sont venus me voir jouer à Hull et ils m’ont invité à leur camp d’essai. Mais avec tous les Américains qui se présentaient à ce camp, je n’ai pas été retenu. »

Le Gatinois Jean-Guy Gorley, 64 ans, est un gars de sports. Il œuvre en publicité et en marketing depuis toujours, mais son rêve de jeune adolescent — outre celui de faire carrière dans le baseball majeur — était de devenir commentateur sportif dans les médias. Un rêve qu’il a réalisé en 1979.

« Je venais de passer cinq ans comme représentant de la compagnie O’Keefe, raconte-t-il. J’ai d’abord travaillé à Hull, puis je me suis joint à l’équipe de promotion d’O’Keefe à Montréal. J’ai quitté cette compagnie en 1979 et je suis revenu en Outaouais. Un jour, mon ami Paul Larabie m’a appelé pour me demander de le remplacer comme commentateur sportif à la radio CKCH. Paul était malade et il se cherchait un remplaçant. Je lui ai immédiatement dit oui. J’allais réaliser mon rêve de devenir commentateur sportif à CKCH, chez nous, à Hull. Donc je l’ai remplacé jusqu’à ce que je me rende compte que je trouvais ça bien plate. (Rires). On ne couvrait pas d’événements, les Sénateurs d’Ottawa n’existaient pas à l’époque, il n’y avait que les Olympiques de Hull et les 67’s d’Ottawa et je trouvais ça plate. Je l’ai fait pendant six mois avant de me joindre à l’équipe des ventes de CKCH. Et là, j’étais dans mon élément ! Je suis devenu directeur des ventes à CKCH. Cinq ans plus tard, en 1984, je prenais la direction générale de la station CJRC (aujourd’hui 104,7 FM), un poste que j’ai occupé jusqu’en 1991. Et durant mes années à CJRC, j’ai fondé la station CKTF 104,1 FM (aujourd’hui Énergie 104,1). J’ai quitté en 1991 pour me lancer en affaires, en publicité et marketing, en Outaouais et à Ottawa. »

Jean-Guy Gorley est aujourd’hui directeur général, Gatineau-Ottawa, chez Direct Response Media Group, l’une des plus importantes compagnies de publipostage au Canada.

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Mais il est aussi ambassadeur francophone du Rouge et Noir d’Ottawa depuis le retour de cette franchise dans la LCF, en 2014. Comment décroche-t-on un poste d’ambassadeur d’une équipe sportive ?

« Je connaissais Marcel Desjardins (le directeur général du Rouge et Noir) depuis un certain temps, explique-t-il. Il était auparavant directeur général adjoint des Alouettes de Montréal. Il connaissait le marché francophone et il savait qu’il y avait un bon bassin d’amateurs de football en Outaouais. Alors, il m’a dit que les propriétaires du Rouge et Noir devaient embaucher quelqu’un pour faire la promotion de cette équipe auprès des amateurs francophones de l’Outaouais et de la région d’Ottawa, et il a soumis mon nom. J’ai fait une présentation à la direction de l’équipe et, au bout d’une heure, j’étais embauché comme ambassadeur francophone.

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« Je me souviens que la direction du Rouge et Noir avait cette idée de tenir une journée francophone durant la saison. Une journée où la musique, l’accueil et l’animation dans le stade seraient en français. Je leur ai dit que c’était la pire erreur qu’ils pouvaient commettre. Je leur ai dit : ‘tout ce que vous faites en anglais, vous devez le faire aussi en français. Tout. Tout. Tout. Et à tous les matches.’ Ils ont compris et ils l’ont fait.»

Les Sénateurs d’Ottawa pourraient en tirer une leçon, que je lui lance.

«Ce n’est pas moi qui le dit », réplique-t-il sourire en coin. 

Le Rouge et Noir d’Ottawa a tenu a souligner publiquement l’apport de Jean-Guy Gorley lors du dernier match de la saison régulière à la Place TD, la semaine dernière. Un geste qui l’a touché.

«J’ai été surpris par cet hommage, dit-il. C’est un beau geste et je l’ai très apprécié. La direction du Rouge et Noir m’a donné carte blanche et elle n’hésite jamais à s’engager dans la communauté francophone de la région. C’est une organisation exceptionnelle.

— Qu’avez-vous pensé du geste qu’a posé le joueur du Rouge et Noir, Jon Gott, lors du dernier match à domicile ? (Gott a célébré un touché des siens en calant une bière remise par sa copine dans les estrades et en écrasant la cannette vide sur son casque protecteur. Un geste qui a fait le tour de la planète et qui a été vu plus de 2,6 millions de fois sur les réseaux sociaux).

«J’ai trouvé ça drôle, répond Jean-Guy Gorley. J’ai trouvé ça le fun. Mais quel exemple est-ce que ça donne ? Il faut se poser la question. Mais c’était drôle, c’était spontané. Jon est un bon gars. Il était content, c’est tout.

La LCF n’a pas sanctionné Gott, mais elle a modifié sa politique cette semaine pour éviter une autre célébration du genre.

Et votre prédiction, M. Gorley ? Le Rouge et Noir remportera-t-il une deuxième coupe Grey en trois ans ?

«Oui. Je le crois.»

Reste à voir ce que fera Jon Gott si on lui met entre les mains la vénérable Coupe Grey…