Le président du conseil d’administration des Grands frères Grandes sœurs de l’Outaouais (GFGSO), Richard Gravel

Les GFGSO veulent garder l’appui de la communauté

C’est en pointant à de nombreuses reprises un cartable rempli d’états financiers « vérifiés » que le président du conseil d’administration (CA) des Grands frères Grandes sœurs de l’Outaouais (GFGSO), Richard Gravel, a justifié le maintien en poste de la directrice générale, Yvonne Dubé, malgré ses démêlés passés avec la justice et malgré sa récente plainte pour harcèlement criminel ayant mené à l’arrestation d’un journaliste.

Seul devant une dizaine de représentants des médias, M. Gravel a expliqué, mardi, les raisons pour lesquelles les membres du CA des GFGSO ont choisi de manière « unanime » de réitérer leur confiance envers Mme Dubé, en poste depuis 2015 à la direction générale de l’organisme.

M. Gravel, qui siège au CA depuis « une semaine et demie » seulement, estime que « l’organisme, en 35 ans d’existence, a fait ses devoirs ». « Les GFGSO, c’est important, dit-il. Il faut absolument que la communauté continue à nous appuyer, et aussi je pense qu’on doit penser aux 500 enfants qui sont desservis. »

Tel qu’il l’avait souligné par voie de communiqué la veille, M. Gravel a insisté sur le fait que le chiffre d’affaires de l’organisme « a doublé » depuis qu’Yvonne Dubé le dirige. Après avoir « fait le tour de la situation », les membres du CA qui se sont réunis samedi ont donc décidé de garder Mme Dubé comme directrice générale.

« Le futur s’annonce très bien pour nous autres », croit le président du CA, qui ne « considère pas » que l’image de l’organisme est affectée dans l’opinion publique, « parce que [...] la mission première, c’est d’aider les enfants ».

Richard Gravel n’a pas été très loquace par rapport au passé de Mme Dubé, à qui la Cour supérieure de l’Ontario a ordonné, en 2015, de « cesser de façon permanente de pratiquer le droit sans autorisation » et « de ne plus fournir de services juridiques non autorisés ». C’est dans le cadre de son travail ayant révélé cette information que le journaliste de Radio-Canada Antoine Trépanier a été arrêté la semaine dernière par le Service de police de la Ville de Gatineau, à la suite d’une plainte pour harcèlement criminel déposée par Yvonne Dubé.

« C’est une situation globale, a fait valoir M. Gravel. […] Le CA a regardé l’ensemble du dossier, autant concernant le jugement, autant concernant la plainte. »

Le président du CA n’a pas non plus voulu s’avancer sur les raisons ayant poussé cinq administrateurs à quitter le bateau au cours des derniers mois

M. Gravel n’a par ailleurs pas été en mesure de dire, mardi, quelle sera la décision du CA si le Directeur des poursuites criminelles et pénales en venait à déterminer, au terme de son analyse, que la plainte pour harcèlement criminel n’était pas fondée. 

« On verra quand on sera rendu-là », a-t-il dit, en précisant que le contrat de Mme Dubé est encore valide pour un an.

Cette dernière n’était pas présente au point de presse « parce qu’elle ne désire pas parler, tout simplement », a indiqué M. Gravel. « Présentement, il y a une enquête [...] et elle s’abstient de rencontrer les journalistes », a-t-il ajouté.

M. Gravel, qui estime que la liberté de presse est « très importante » dans notre société, dit avoir obtenu la version de Mme Dubé au sujet de ce qui a mené à sa plainte pour harcèlement criminel. 

Aurait-il lui-même porté plainte dans une pareille situation ? « Je ne réponds pas à cette question-là, parce que chaque individu à une certaine sensibilité », a-t-il répondu.

DES POLITICIENS APPUIENT LES GFGS

Trois élus engagés auprès des Grands frères Grandes sœurs de l’Outaouais (GFGSO) affirment qu’il importe de continuer à soutenir la mission de l’organisme malgré la controverse qui le frappe depuis la diffusion d’un reportage sur le passé de sa directrice générale, Yvonne Dubé.

Identifiée en tant que « représentante politique » dans le rapport annuel des GFGSO, la conseillère municipale Louise Boudrias précise qu’elle n’a pas de rôle officiel auprès de l’organisme, ce qui ne l’empêche pas d’appuyer la cause de différentes manières.

« C’est un organisme situé dans mon quartier, je crois énormément à sa mission, je sais qu’il apporte énormément de services à des enfants qui en ont besoin et je me suis impliquée en participant à des activités, comme on le fait dans le cadre de nos fonctions avec plein d’organismes », a indiqué Mme Boudrias.

Alors que le CA a décidé de réitérer sa confiance en Mme Dubé, Mme Boudrias affirme qu’elle fait « confiance » aux administrateurs en place. « On a un organisme qui continue à offrir des services, ils ont une situation à régler à l’interne […] et moi je vais soutenir les décisions du CA, dit-elle. […]  Il n’y a pas juste Yvonne Dubé dans cet organisme-là. J’ai rencontré énormément de bénévoles et d’employés qui ont le cœur à la bonne place. »

Aussi identifiés comme « représentants politiques » des GFGSO dans leur rapport annuel, les députés fédéraux Greg Fergus (Hull-Aylmer) et Steven MacKinnon (Gatineau) ont eux aussi tenu à réitérer leur appui à l’organisme.

« Il revient au CA de prendre les décisions qui s’imposent », estime M. MacKinnon. 

Ce dernier juge que  « comme communauté, on se doit d’appuyer la mission des GFGSO », et espère que cet objectif pourra être atteint malgré les événements survenus au cours de la dernière semaine. 

« C’est une excellente organisation, a pour sa part souligné M. Fergus. Les GFGSO répondent à un besoin criant dans notre communauté, et je suis très content et fier de participer à des activités qu’ils organisent. »