René Lévesque
René Lévesque

Les francophones plus solidaires de leurs minorités que les anglophones

François Pierre Dufault
François Pierre Dufault
Le Droit
Le mythe des «dead ducks» serait chose du passé, près d'un demi-siècle après la déclaration incendiaire de René Lévesque sur les francophones des provinces à majorité anglophone du Canada. Les francophones du Québec seraient, plus que jamais, intéressés à en savoir davantage sur les communautés de langue française du reste du pays, selon une nouvelle enquête de l'Association d'études canadiennes, dont LeDroit a obtenu copie.
En fait, les francophones du Québec démontreraient plus d'intérêt à l'égard des francophones d'ailleurs au pays que n'en démontrent les anglophones de provinces où ils sont majoritaires à l'égard de la minorité anglo-québécoise.
L'intérêt pour les minorités francophones serait grand chez 62% des francophones du Québec, alors que l'intérêt pour la minorité anglophone du Québec serait grand chez 40,4% des anglophones des autres provinces, selon les données de l'Association d'études canadiennes, basées sur un récent sondage de la firme Léger Marketing.
«Il y a un intérêt plus fort qui se développe chez les francophones du Québec à l'égard des francophones hors Québec, depuis au moins une dizaine d'années. Je crois que l'absence de crise constitutionnelle majeure aide à tisser des liens. Il y a moins d'affrontements entre les provinces. Les relations sont moins tendues», analyse Jack Jedwab, directeur général de l'Association d'études canadiennes.
La migration de milliers de francophones du Québec vers d'autres provinces, notamment l'Alberta, au cours des dernières décennies, aurait aussi stimulé l'intérêt de la Belle Province pour les communautés de langue française partout au pays, selon M.Jedwab. Entre-temps, les minorités francophones ont fait «des gains importants dans de nombreux domaines», ce qui aurait contribué à déboulonner la thèse de leur extinction imminente, ajoute le chercheur.
«Il n'y a pas la même solidarité entre les anglophones. Il n'y a pas beaucoup d'appui dans le reste du Canada pour les revendications des anglophones du Québec», remarque M.Jedwab.