La présidente de la FCFA, Lise Routhier-Boudreau
La présidente de la FCFA, Lise Routhier-Boudreau

Les francophones en état de veille

Paul Gaboury
Paul Gaboury
Le Droit
Les communautés francophones en situation minoritaire avertissent le gouvernement Harper qu'elles resteront aux aguets pour s'assurer qu'il respecte ses engagements et leurs droits linguistiques, notamment en raison de certains propos peu rassurants tenus pendant la campagne électorale dans le dossier des arts et de la culture.
La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Lise Routhier-Boudreau, souligne que son organisme est prêt à travailler avec le gouvernement Harper pour que les citoyens francophones puissent vivre dans leur langue partout au pays.
«Pendant la campagne, le premier ministre Harper a parlé de l'importance des communautés francophones dans la constitution de l'identité canadienne et il s'est engagé à continuer à travailler avec ces groupes pour assurer leur représentation dans un gouvernement fort et un Canada uni. Nous entendons le prendre au mot là-dessus», a souligné le présidente de la FCFA.
L'organisme insistera particulièrement sur la mise en oeuvre du Programme d'appui aux droits linguistiques et de la Feuille de route pour la dualité linguistique canadienne, annoncés en juin dernier.
Pendant la campagne, la FCFA avait salué les réponses des conservateurs qui avaient chiffré et reconduit leur engagement annoncé en juin de dépenser 1,1 milliard $ sur cinq ans dans le cadre de la Feuille de route sur les langues officielles.
Arts et culture
À la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF), on reste en état de veille face à la suite de la réélection d'un gouvernement conservateur minoritaire en raison des  nombreuses inconnues de la plate-forme électorale et aux déclarations faites pendant la campagne qui n'avaient rien, selon elle, pour rassurer les milieux artistiques et culturels de la francophonie canadienne.
Pour la présidente de la FCCF, Raymonde Boulay LeBlanc, le gouvernement conservateur doit travailler en consultation et en partenariat avec les milieux concernés par les décisions qu'il prend. Autrement, cela équivaudra à un non-respect de la Loi sur les langues officielles.
«Dans la contexte de la francophonie canadienne, un manquement de concertation dans la création ou l'abolition de programmes touchant le développement du milieu culturel et artistique équivaut à un non respect de la Loi sur les langues officielles», rappelle la présidente Boulay LeBlanc.
Elle espère maintenant que le premier ministre Harper réalisera que le Canada sera plus fort lorsqu'il pourra offrir à ses artistes et à ses créateurs les conditions optimales d'une création vivante et dynamique, et un espace culturel fort à ses communautés francophones.
«La FCCF attend du gouvernement des politiques volontaristes et des actions appropriées», avertit la présidente de la FCCF.
En plus de s'assurer que le gouvernement poursuive des investissements en vertu des programmes existants, l'organisme veillera à ce qu'il honore la Feuille de route sur la dualité linguistique. La nomination du prochain ministre du Patrimoine canadien révélera la vision du gouvernement pour les arts et la culture, note la présidente Boulay LeBlanc.