Quelques-unes des finalistes du gala des Prix du Regroupement Affaires Femmes (RAF).

Les femmes noires francophones osent se célébrer

La communauté noire franco-canadienne d’Ottawa célébrait ses meilleurs éléments, samedi soir, au Théâtre Richcraft du Centre des arts Shenkman.

Huit femmes ont été honorées dans le cadre de la 11e édition des Prix du Regroupement Affaires Femmes (RAF). Cet organisme se présente comme étant «l’unique ralliement intergénérationnel en son genre créé par et pour les filles et les femmes noires franco-canadiennes.»

Cette année, le gala du RAF se déroulait sous le thème “Osez se célébrer!” Cet événement annuel a honoré jusqu’à maintenant, depuis 2006, 85 femmes noires francophones ou francophiles d’Ottawa et de Gatineau.

La députée Mona Fortier, les ministres Marie-France Lalonde et Nathalie Des Rosiers, et la sénatrice haïtienne Marie-Françoise Mégie étaient présentes pour l’occasion.

Les lauréates

L’étoile de la soirée, la lauréate du Prix Diamant, fut Jocelyne Constant, une travailleuse communautaire bénévole, déjà titulaire du prix Martin Luther King DreamKeepers. 

Le prix de la relève est allé à Koultoumy Diallo, une jeune femme originaire de la Guinée-Conakry, présidente des Guinean Excellence Awards. Elle a aussi récemment créé sa propre ligne de vêtements.

Le Prix Éducation a été remis à la Dre Agnès Berthelot-Raffard, professeure adjointe à l’Institut d’études féministes et de genre de l’Université d’Ottawa.

Du côté des arts, des médias et de la culture, on a salué le travail de l’afroféministe Stéphan Soumah qui lutte contre les discriminations auxquelles fait face la communauté noire. Madame Soumah a notamment créé «un espace d’échange en français où les femmes noires peuvent exprimer librement leur réalité au Canada et mettre en lumière les oppressions dont elles sont victimes», expliquait le programme de la soirée.

Dans la catégorie Engagement communautaire, Félicité Murangiga a été honorée. Madame est cofondatrice du Réseau de Santé Afrique-Caraïbes d’Ottawa. Elle est déjà lauréate du Prix-Humanitaire CARI.

En entrepreneuriat, la jeune femme d’affaires Djénane L. Najmanovich a été saluée. Elle a, entre autres, organisé «plusieurs événements pour promouvoir les artistes chrétiens locaux et favoriser des rencontres multiculturelles francophones.»

Le Prix Femme d’or a été remis à Édith Francoeur, une infirmière de longue date qui possède plus de 35 ans d’expérience professionnelle dans ce domaine.

Enfin, le RAF saluait sa propre directrice générale, Violène Gabriel, et lui remettait, samedi, un prix honorifique.

Oubliées et méconnues

Une porte-parole de l’organisme, qui préfère conserver l’anonymat, racontait au Droit en entrevue que «plusieurs (femmes noires) dans la communauté travaillent dans l’ombre. Y a plusieurs galas qui ont lieu dans la région, mais souvent, on est oubliées ou on est méconnues. (La communauté noire) est souvent négligée par manque de connaissances à savoir où nous rejoindre, qu’est-ce qu’on fait, où on s’implique [...] Depuis onze ans, on les (les femmes noires francophones de la région) salue, on les félicite, on les célèbre.»

Les prix du Regroupement Affaires Femmes étaient remis chaque année; ils le seront désormais aux deux ans. 

Près 78 000 Noirs francophones originaires d’Afrique et d’Haïti, dont 41 000 femmes, résident dans la grande région d’Ottawa-Gatineau.  

La lauréate du Prix Diamant, Jocelyne Constant.

LES LAURÉATES:

  • Prix Diamant: Jocelyne Constant
  • Prix honorifique: Violène Gabriel 
  • Prix Relève: Koultoumy Diallo
  • Prix Éducation: Docteure Agnès Berthelot-Raffard 
  • Prix Arts, Médias & Culture: Stéphan Soumah 
  • Prix Engagement communautaire: Félicité Murangiga 
  • Prix Entrepreunariat: Djénane L. Najmanovich
  • Prix Femme d’Or: Édith Francoeur