L’enquête démontre que les enseignants estiment ne pas avoir reçu assez de formation dans la discipline qu’ils enseigneront.

Les enseignants manquent de formation

Les enseignants de niveau secondaire sont mal formés pour affronter la réalité de l’école et ne sont pas assez formés dans les spécialités qu’ils enseignent, du moins pour l’enseignement de l’histoire, de la géographie et des autres matières qui doivent être couvertes dans les cours d’univers social.

C’est ce qui se dégage d’une étude réalisée par trois chercheurs du domaine de l’histoire qui ont passé au crible les programmes de formation des maîtres dans 14 universités québécoises et qui ont sondé plus de 200 enseignants.

L’enquête démontre que les enseignants estiment ne pas avoir reçu assez de formation dans la discipline qu’ils enseigneront, en l’occurrence l’histoire du Canada et du Québec : en fait, le cursus au secondaire prévoit offrir 200 heures de cours d’histoire, mais les enseignants n’auront reçu que deux cours dans cette discipline durant les quatre années de leur cheminement universitaire, ce qui représente à peine 10 %.

En contrepartie, ils estiment avoir reçu trop de cours inutiles surtout en didactique, mais aussi en psychopédagogie. Ce dernier constat a amené les chercheurs à pousser plus loin, car les professeurs disent aussi être mal préparés pour affronter la réalité scolaire de 2017, avec des classes surchargées, l’intégration d’élèves en difficulté et d’autres réalités de terrain qui sont rarement abordées dans leur formation.

Selon l’un des auteurs, l’historien Gilles Laporte, la formation didactique et pédagogique est déconnectée du milieu et aurait besoin de l’apport de plus de praticiens, d’une part. D’autre part, il estime qu’elle prend beaucoup trop de place par rapport à la formation dans la discipline qui doit être enseignée.

Bien que leurs recherches n’aient pas porté sur les autres disciplines, les chercheurs croient que le même constat pourrait s’appliquer aux enseignants qui seront chargés de la formation en sciences de la nature (biologie, chimie, physique, etc.) et en français parce que la formation offerte par les facultés d’éducation accorde une importance disproportionnée à la formation en sciences de l’éducation.

Ils recommandent d’accroître la formation disciplinaire, notamment en géographie et en histoire du Canada et du Québec. Par ailleurs, les chercheurs recommandent au ministère de l’Éducation de permettre aux détenteurs d’un baccalauréat dans un programme pertinent, par exemple en histoire ou en géographie, d’accéder à l’enseignement secondaire au terme d’une formation d’un an en pédagogie et d’un stage.