Une dernière ronde de négociations entre les enseignants franco-ontariens et l’employeur est toujours à l’agenda du 14 au 16 janvier.

Les enseignants franco-ontariens en position légale de grève dans 10 jours

Que les parents se le tiennent pour dit : les enseignants franco-ontariens pourraient bien être en position légale de grève dès la fin de la semaine prochaine.

C’est à l’issue d’une importante réunion du conseil d’administration de l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO), prévue ce samedi, que le syndicat tranchera sur la suite des choses pour ses quelque 12 000 membres, qui se sont prononcés pour un débrayage dans une proportion de 97 % tout juste avant Noël. 

Même si une dernière ronde de négociations avec l’employeur est toujours à l’agenda du 14 au 16 janvier, le président Rémi Sabourin affirme que le feu vert au sujet des mesures qui seront déployées dans les écoles sera donné ce week-end. 

Rémi Sabourin, président du syndicat

« Ça va permettre de nous positionner. Cinq jours plus tard (dès le 17 janvier), on pourrait être en position de grève. On aura en poche l’ultime moyen de pression. Il faudra voir comment ça va se traduire. Il peut y avoir une grève du zèle, une grève rotative, une grève générale, etc. Le but est de faire avancer les négociations. Au bout du compte, c’est une entente que l’on veut. Le gouvernement doit faire marche arrière sur ses positions, ces décisions-là sont irréfléchies et ont été prises bien avant les négociations. C’est le temps de mettre ça de côté et d’entamer de vraies négociations avec du donnant-donnant », indique-t-il. 

Disant que rien n’est encore complètement coulé dans le ciment, le président de l’AEFO tient toutefois à lancer un message aux parents s’ils sont inquiets. 

« Le mandat a été donné à l’équipe de négociations, mais il faudra voir comment tout va s’escalader (avec les moyens de pression). Personnellement, je ne pense pas que le lendemain matin, on va annoncer une grève générale. Il y a d’autres moyens pour faire comprendre nos revendications. On espère qu’on ne se rendra pas à la finalité, mais il est inévitable qu’on se rapproche des moyens de pression. Ça peut faire mal, mais c’est important. L’AEFO veut protéger l’éducation en langue française », note M. Sabourin. 

À la mi-décembre, l’AEFO a annoncé qu’elle faisait front commun avec les trois autres syndicats en éducation de la province en déposant un recours judiciaire pour contester le projet de loi 124, adopté le 8 novembre par le gouvernement Ford et qui impose un plafond de 1 % pour les hausses salariales.

« Comme syndicat, on doit être en mesure de mener des négociations sans entrave, sans interférence. C’est de l’ingérence du gouvernement », avait lancé M. Sabourin. 

La convention collective des enseignants ontariens est échue depuis le 31 août.

La hausse du nombre d’élèves par classe, la rémunération, les conditions de travail et l’obligation de suivre des cours en ligne pour l’obtention du diplôme d’études secondaires sont parmi les principaux points en litige dans les négociations. 

Près de la moitié des syndiqués de l’AEFO œuvrent dans des écoles de la région d’Ottawa et de l’Est ontarien.