Le pilote Jesse Barrie, qui est mort dans l'écrasement de son avion près de Buckland, dans Chaudière-Appalaches.
Le pilote Jesse Barrie, qui est mort dans l'écrasement de son avion près de Buckland, dans Chaudière-Appalaches.

Les enquêteurs rencontrent les survivants

Matthieu Boivin
Le Soleil
Les deux survivants de l'écrasement d'avion survenu mardi matin dans la région de Buckland, dans Bellechasse, ont rencontré deux enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports (BST), hier matin, dans leur chambre de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus du secteur Limoilou.
Selon Denis Deroy, enquêteur en chef de l'écrasement du Piper Cherokee PA-28, la rencontre avec Danny Weiher, 21 ans, et Stephanie Shipley, 26 ans, «s'est bien déroulée». Malgré les blessures subies à la suite de ce crash qui a coûté la vie au pilote originaire de Pakenham, Jesse Barrie, 27 ans, et à Jeffrey Hugues McClymont d'Almonte, 26 ans, ces témoins importants ont été en mesure de répondre aux questions des enquêteurs durant cette rencontre qui a eu lieu entre 11 h et 13 h, environ.
 
M. Deroy a refusé de dévoiler la teneur de cet entretien, puisque les témoignages doivent demeurer confidentiels en vertu des lois qui encadrent le travail du BST. D'autres entretiens avec les survivants pourraient avoir lieu, selon l'enquêteur en chef.
À l'heure actuelle, les mauvaises conditions climatiques - précipitations de neige et/ou épais brouillard - semblent toujours être la cause principale de l'écrasement de l'avion qui avait décollé de l'aéroport d'Arnprior, près d'Ottawa, mais cette théorie reste à être démontrée avec l'enquête. M. Deroy a d'ailleurs confirmé hier que de la neige tombait sur la zone d'écrasement au moment du crash.
Basse altitude
Lors de sa communication avec la tour de contrôle, Jesse Barrie semblait totalement désorienté, volait à basse altitude et ne se dirigeait pas vers St-Jean, Nouveau-Brunswick, la destination finale du Piper Cherokee. La localité de Buckland, qui se trouve dans les Appalaches, est reconnue pour la formation rapide d'épaisses couches de brouillard.
«C'est certain que ce sera une avenue (les conditions climatiques) qui sera étudiée» pour expliquer l'accident, reconnaît M. Deroy.
Un examen toxicologique sera aussi effectué sur le corps du pilote afin de déterminer s'il pilotait sous les effets de l'alcool et/ou de la drogue.
À partir d'aujourd'hui, l'enquête sur l'écrasement de cet avion se déplace dans les bureaux du BST situés à Montréal, dans le secteur de Dorval. La carlingue de l'appareil et toutes ses pièces seront prochainement transportées dans ces bureaux pour une analyse plus poussée.
Selon M. Deroy, le BST devrait avoir besoin d'une année complète afin de publier son rapport final sur cette tragédie. L'analyse de tous les éléments de preuve prendra du temps, mais toutes les parties impliquées - les parents du pilote et le fabriquant de l'appareil, Piper - pourront réagir au rapport avant sa publication.
«Les personnes impliquées ont 30 jours pour répondre aux conclusions du rapport, indique M. Deroy. Et il faut aussi tenir compte que je vais écrire ce rapport en français, mais qu'il devra être traduit en anglais, car la famille du pilote est anglophone.»