Catherine McKenna, ministre nationale de l'Environnement et des Changements Climatiques

Les émissions de GES au Canada ont augmenté pour la première fois en trois ans

Les émissions de gaz à effet de serre au Canada ont augmenté pour la première fois en trois ans en 2017, un bilan qui éloigne encore davantage le pays de ses engagements internationaux en matière de lutte contre les changements climatiques.

Le rapport annuel de l’inventaire national des gaz à effet de serre (GES) indique que la quantité totale de dioxyde de carbone et d’autres émissions de gaz à effet de serre générée au Canada a atteint 716 millions de tonnes en 2017, en hausse par rapport aux 708 millions de tonnes enregistrées un an auparavant.

Le Canada a pour objectif de réduire ses émissions à 511 millions de tonnes d’ici 2030 s’il veut respecter son engagement international dans le cadre de l’accord de Paris sur les changements climatiques, conclu en décembre 2015.

Le Québec a connu une légère hausse de ses émissions en 2017, de 0,38 %, alors que le Nouveau-Brunswick et l’Ontario ont enregistré des baisses respectives de près de six et de deux pour cent.

L’augmentation de huit millions de tonnes en 2017 au Canada constituait la première hausse substantielle d’émissions de GES au pays depuis 2014. L’essentiel de cette augmentation est attribuable à la production canadienne de pétrole et de gaz. Des augmentations mineures ont également été observées en 2017 dans les secteurs de la fabrication, de la consommation d’énergie résidentielle et de l’agriculture.

«Il est très inquiétant de noter que les émissions en provenance des sables bitumineux sont maintenant plus importantes que celles du Québec, de la Colombie-Britannique ou de la Saskatchewan», a commenté mardi Patrick Bonin, responsable de la campagne climat-énergie à Greenpeace Canada. «Si les gouvernements sont sérieux et veulent protéger les communautés contre les inondations, les canicules, les feux de forêt et les autres évènements extrêmes, la dernière chose qu’ils devraient faire est de permettre la construction de nouveaux pipelines.»

Greenpeace déplore aussi que les GES au Québec aient augmenté de 0,38 % de 2016 à 2017. «On le sait d’office que le Québec va rater sa cible de réduction des GES pour 2020, à moins d’acheter des crédits d’émissions à coups de millions de dollars pour des réductions de GES qui se feront en Californie», soutient M. Bonin. «Après un premier budget qui ne répondait pas à l’urgence climatique, le gouvernement Legault doit maintenant amorcer un virage drastique qui permet de rapidement réduire la pollution et de restructurer l’économie et la société.»

Ce rapport d’inventaire, qui est soumis au secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, fait suite à un autre, publié il y a deux semaines, qui concluait que le Canada se réchauffait deux fois plus vite que le reste du monde. Ce rapport, commandé par le ministère fédéral de l’Environnement, a été rendu public dans le contexte d’une bataille politique autour de la nouvelle tarification fédérale sur le carbone.