Les éducatrices de 19 centres de la petite enfance (CPE) de l’Outaouais en grève ont dû composer, lundi, avec des conditions météorologiques difficiles pour leur piquetage. Les syndiquées affiliées à la Confédération des syndicats nationaux gardaient malgré tout le sourire en saluant les automobilistes, en participant à une manifestation devant les bureaux de la députée de Hull, Maryse Gaudreault.

Les éducatrices se font entendre

Les éducatrices des centres de la petite enfance en grève ont manifesté dans plusieurs villes lundi, dont à Gatineau, pour faire pression sur le ministre Luc Fortin.

«Ça fait deux ans et demi que la convention collective est échue», déplore la présidente du Conseil central de Québec et Chaudière-Appalaches de la CSN, Ann Gingras. Mais les négociations pour le renouvèlement du contrat travail sont rompues.

Le gouvernement a sabré dans les budgets des CPE pour favoriser les garderies privées ce qui pèse sur les éducatrices, selon elle. Et il demanderait maintenant d’augmenter le nombre d’enfants par groupe, de ne plus permettre aux employés de siéger au conseil d’administration, des concessions au niveau du fonds de retraite. «On dirait qu’on prend à la légère l’importance de leur contribution sociale.»

Quelque 11 000 travailleuses des CPE ont voté en faveur de six journées de grève, ajoute la première vice-présidente de la CSN, Caroline Senneville. Elles seraient excédées après 30 mois sans augmentation salariale.

Depuis son bureau de circonscription de Sherbrooke, le ministre Fortin a dit vouloir relancer les pourparlers. «J’ai mandaté le négociateur du gouvernement de convier l’ensemble des parties […] très rapidement à la table des négociations pour qu’on puisse intensifier les négociations et les régler.» L’élu demande cependant à ses vis-à-vis de lâcher du lest : «En même temps, négocier, c’est négocier des deux côtés. Alors, j’ai clairement exprimé à la partie syndicale que je m’attendais à ce qu’il y ait du mouvement également de leur côté.»

21000 enfants

Victimes collatérales du bras de fer, les parents d’environ 21 000 enfants de partout au Québec ont donc dû prendre congé lundi ou trouver un refuge pour leurs héritiers en ce premier jour de fermeture. Quelques-uns ont profité de la grève pour démontrer leur appui à la cause des éducatrices en marchant avec elles.

La CSN n’a pas indiqué quand les 400 CPE touchés pourraient devoir fermer leurs portes de nouveau.

D’autres marches étaient organisées au Québec, lundi. Des rassemblements et des manifestations ont eu lieu notamment à Montréal, Québec, Sherbrooke, Joliette, Rimouski, Cap-aux-Meules, Bonaventure, Rouyn-Noranda, La Prairie, Trois-Rivières, Sept-Îles et Saint-Félicien.