La Soupière de l'Amitié a annoncé sa fermeture jeudi.
La Soupière de l'Amitié a annoncé sa fermeture jeudi.

Les dirigeants de la Soupière votent pour la faillite

Samuel Blais-Gauthier
Samuel Blais-Gauthier
Le Droit
C'est ce midi que sera servi le tout dernier dîner communautaire à la Soupière de l'Amitié de Gatineau. Les membres ont voté pour la faillite et la dissolution de l'organisme, hier soir.
L'organisation avait le choix entre la faillite ou la liquidation des biens pour le maintien des opérations.
«Nous avons opté pour la faillite et la fin des opérations. Nous avons une dette de 532000$ et c'est insurmontable. La soupière n'aurait pas pu continuer comme entité. Ce n'est pas de gaieté de coeur que nous avons pris cette décision. Si nous n'avions pas décidé de prendre le chemin de la faillite, les créanciers nous auraient pourchassés. Nous avons fait tout ce qu'on a pu», a commenté Joseph De Sylva, le président et directeur général par intérim bénévole de la Soupière de l'Amitié de Gatineau.
La Soupière de l'Amitié continuera par contre d'offrir les petits-déjeuners et des dépannages d'urgence jusqu'au 13 juin, après quoi, l'organisme n'existera plus.
La décision n'a cependant pas fait consensus dans la salle.
«Le conseil d'administration de la Soupière de l'Amitié s'est lavé les mains, en refusant toute responsabilité, sur le dos des gens qui ont faim. Les membres du C.A n'ont pas voulu assumer de risque en déclarant faillite», a commenté Patrick Pilotte, un sociologue présent à la réunion, hier soir.
Joseph De Sylva a répondu qu'il y avait un manque d'effectif en raison des risques de fermeture qui planent sur l'organisme.
Plusieurs bénéficiaires et bénévoles étaient sur place et ont offert leur aide. Maurice Fortin était l'un deux. Il a déjà été un client de la Soupière de l'Amitié et il a une formation en cuisine. Ce dernier estime que le C.A de la Soupière a jeté l'éponge trop vite.
«J'ai déjà été cuisinier. Je suis prêt à me porter volontaire pour la Soupière, mais ils ne veulent pas. Il y a beaucoup de manières de récolter des fonds, comme en faisant des téléthons, les spectacles bénéfices ou encore des bingos communautaires. Ils ont tout simplement décidé qu'ils fermaient la place», condamne M. Fortin.
Relance
Un comité de relance est en train de prendre forme. D'ailleurs, hier, au moment où le verdict de faillite est tombé, des bénévoles parlaient déjà de reconstruction.
«Je veux redonner à la Soupière de l'amitié, comme elle a donné. Il y a moyen de relancer le projet en faisant des lave-autos par exemple. C'est avec des petits gestes qu'on change les choses», a déclaré Chanelle Cousineau, une bénévole impliquée dans la relance de la Soupière.