Les poubelles à Gatineau ont été un sujet de discussion important dans la dernière année.

Les crises de l’année

Elles ont monopolisé autant nos pages que vos discussions, divisé l’opinion publique, provoqué des débats et des mobilisations sans précédent. Voici les crises qui ont marqué la dernière année.

Poubelles à la Une

Rarement il avait autant été question de poubelles à Gatineau que dans la dernière année. L’entrée en vigueur du nouveau Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) s’est transformée en une véritable crise et a donné passablement de fil à retordre à la présidente de la commission sur l’environnement, Maude Marquis-Bissonnette. La réaction épidermique de la population face à l’introduction d’une tarification pour tout surplus de déchets dépassant 120 litres toutes les deux semaines, prévue en juillet, a forcé la Ville à reporter cette mesure d’un an. Ce sont cependant les collectes d’encombrants, qui sont passées de 26 à quatre par année, qui ont provoqué la crise. Divans, électroménagers et vieux matelas ont commencé à apparaître un peu partout en ville. La situation est devenue telle qu’une corvée spéciale de nettoyage a dû être organisée. Plus de 1300 sites ont été visités par les éboueurs. Devant le tollé et l’incompréhension de la population, la Ville de Gatineau a décidé d’ajouter quatre collectes d’encombrants par année en 2019, portant leur nombre à huit. Mathieu Bélanger

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Le Service de police de la Ville de Gatineau a arrêté, en mars dernier, le journaliste Antoine Trépanier.

Un journaliste arrêté

L’arrestation du journaliste de Radio-Canada Antoine Trépanier par le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), en mars dernier, a fait le tour du pays. Le reporter faisait l’objet d’une plainte pour harcèlement criminel déposée par la directrice générale des Grands frères Grandes sœurs de l’Outaouais, Yvonne Dubé. Cette dernière faisait l’objet d’une enquête journalistique menée par M. Trépanier, qui a révélé qu’elle s’est faussement présentée comme avocate et a pratiqué le droit sans autorisation », en 2011 et 2012. La semaine suivant cette arrestation, le Directeur des poursuites criminelles et pénales a annoncé qu’aucune accusation ne serait déposée contre le journaliste de Radio-Canada Ottawa-Gatineau. « Force est de constater que le policier n’a pas évalué correctement la situation », avait réagi le chef du SPVG de l’époque, Mario Harel. Une enquête en déontologie policière est toujours en cours à la suite d’une plainte déposée par un enseignant d’un cégep de Montréal. Justine Mercier

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Le taux d'occupation de l'urgence de l'hôpital de Hull a dépassé les 200 % par moments.

Urgences grippées

L’intensité de la saison de la grippe a forcé le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) à mettre en place des « mesures exceptionnelles » pour désengorger ses urgences urbaines, en février dernier. Le taux d’occupation des urgences des hôpitaux de Hull et de Gatineau a dépassé les 200 % par moments. Après avoir tenté de libérer des lits avec le transfert volontaire de patients hospitalisés vers des ressources en milieu rural, l’organisation a dû mettre en place cette mesure sur une base obligatoire. Le ministre de la Santé de l’époque, Gaétan Barrette, avait alors souligné que ces mesures ne représentaient pas une solution « idéale », mais qu’il s’agissait malgré tout d’une « bonne décision » dans les circonstances. Justine Mercier

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Le Musée des beaux-arts du Canada a annoncé, en avril, vouloir se départir de cette toile, «La Tour Eiffel» (1934) de Marc Chagall.

La trompette du jugement public

En avril, le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) a déclenché un tollé en annonçant vouloir se départir de la toile La tour Eiffel (1934), de Marc Chagall. Le musée fédéral comptait vendre l’œuvre pour financer l’achat du Saint-Jérôme entendant la trompette du Jugement dernier (1779), de Jacques-Louis David, malgré un budget d’acquisition de 8 millions $ et la convoitise d’autres musées à Québec et Montréal. Or, le gouvernement québécois a classé le Saint-Jérôme au rang des biens patrimoniaux, ce qui assure de garder le tableau dans la Belle Province. La tour Eiffel a pu être retirée des enchères sans dépenser de deniers publics, mais la saga a soulevé des questions sur la procédure et la transparence du MBAC dans ce cas particulier.

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Le gouvernement de Doug Ford a provoqué la colère de la communauté franco-ontarienne.

La Résistance 

Deux décennies après la bataille de SOS Montfort, le 15 novembre 2018 passera à l’histoire comme un jeudi noir pour la communauté franco-ontarienne. Ce jour-là, lors d’un énoncé économique à Queen’s Park, le gouvernement de Doug Ford annonce, en deux courtes phrases, l’abolition du Commissariat aux services en français et la mise au rancart du projet de l’Université de l’Ontario français, qui avait obtenu le feu vert du gouvernement précédent. La nouvelle a eu l’effet d’une bombe et la levée de boucliers s’est transformée en mouvement appelé #Résistance. Devant la contestation, Doug Ford et la ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney reculent partiellement une semaine plus tard, annonçant entre autres que le poste commissaire aux services en français serait dorénavant sous la houlette du Bureau de l’ombudsman. C’était loin d’être assez pour apaiser la colère. La députée de Glengarry-Prescott-Russell et seule francophone du caucus, Amanda Simard, désapprouve publiquement les décisions de son chef et finit le 29 novembre par claquer la porte du Parti progressiste-conservateur, siégeant dorénavant comme indépendante. Une quarantaine de manifestations ont eu lieu partout en province le 1er décembre, dont une réunissant quelques milliers de personnes à Ottawa. Depuis, c’est le statu quo et une contestation judiciaire se prépare en coulisses. Daniel Leblanc