Ce conflit survient à quelques jours des plaidoiries finales devant le Conseil canadien des relations industrielles pour déterminer si la STO offre un service essentiel.

Les chauffeurs de la STO quittent la table de négociations

Déjà à couteaux tirés, la direction de la Société de tranport de l'Outaouais (STO) et le syndicat des chauffeurs et des employés de l'entretien ne tiendront plus de négociations jusqu'à nouvel ordre après que des mesures de discipline aient été imposées à l'endroit du président et du vice-président de ce même syndicat.
Les représentants des employés ont déploré la situation vendredi après-midi et ont annoncé, du même coup, leur retrait de la table de négociations.
« Au lieu de prendre leur énergie pour essayer de négocier, tout ce qu'ils font, c'est de l'acharnement sur le syndicat, indique le président de l'organisation, Félix Gendron. C'est inacceptable, c'est la raison pour laquelle on se retire de la table, »
M. Gendron affirme qu'on lui a accordé une suspension sans solde de quatre jours pour une insubordination à l'endroit d'un supérieur, des motifs « totalement faux », selon le principal intéressé. Son vice-président a également fait l'objet de mesures disciplinaires.
Pendant ces quatre jours, on lui interdisait l'accès aux locaux de la STO, une condition qu'il n'a pas respectée en raison de ses tâches syndicales. D'autres sanctions doivent suivre pour ce non-respect de la punition initiale.
« Je ne trouve pas que c'est une bonne stratégie de ramasser le syndicat à tour de bras pendant les négociations comme ça, ironise Félix Gendron. »
La STO n'a pas accordé d'entrevue pour réagir à cette annonce du syndicat. Elle a plutôt choisi d'envoyer une déclaration par communiqué de presse dans laquelle elle déplore le retrait des chauffeurs de la table de négociation.
« Les mesures disciplinaires imposées à certains employés n'ont aucun lien avec les négociations en cours et le droit aux représentants syndicaux d'exercer leur rôle en respect des dispositions de la convention collective », peut-on lire dans ce même communiqué.
Le président du syndicat des chauffeurs et des employés de l'entretien de la STO indique que des griefs seront déposés pour contester les sanctions imposées à lui et à son vice-président. Le Conseil canadien des relations industrielles sera également averti de la situation. C'est devant cet entité que les deux parties concluront leurs plaidoiries, lundi, pour déterminer si les chauffeurs d'autobus offrent un service essentiel et, du même coup, s'ils pourront exercer leur droit de grève.