La CCN souhaite vendre au secteur privé le réseau Bixi composé de 23 stations concentrées dans le coeur touristique d'Ottawa-Gatineau, et de 250 vélos libre-service.

Les BIXI rouleront encore dans la région

La Société de vélo en libre-service (SVLS), qui gère le BIXI, a beau avoir annoncé lundi à Montréal qu'elle était au bord de la faillite, les fameuses bicyclettes rouges continueront à rouler des deux côtés de la rivière des Outaouais dès ce printemps, assure la Commission de la capitale nationale (CCN).
Dans la région, la CCN est propriétaire des 250 vélos et des 25 stations (17 à Ottawa et 8 à Gatineau) où ils sont postés ; l'entreprise montréalaise n'a que la responsabilité d'installer et démanteler les stations de location de vélos, en plus de la gestion des opérations sur le Web.
« Nous, à ce moment-ci, on poursuit le travail afin de lancer comme prévu la saison du BIXI au mois d'avril. Il est encore trop tôt pour dire si ça aura des effets sur nos opérations. Le processus de restructuration de l'entreprise vient de débuter », affirme le porte-parole de la CCN, Jean Wolff, qui tient à rassurer les milliers d'utilisateurs du service. Il précise que le contrat de services liant l'organisation à la SVLS s'échelonne jusqu'à l'automne 2015.
Entre-temps, la CCN poursuit ses démarches entamées l'été dernier visant à dénicher une entité qui prendrait sous son aile l'ensemble des opérations de BIXI dans la région de la capitale fédérale, trois ans après l'implantation du réseau. Il n'y a toutefois toujours pas de nouveau dans ce dossier.
« Le processus est toujours en cours, mais rien n'est à annoncer pour l'instant. Dès le départ, l'idée était d'avoir un système de transport actif », soutient M. Wolff, qui rappelle que la CCN avait annoncé ses couleurs dès le début de l'aventure en indiquant qu'elle passerait le flambeau dans le futur.
Dans la région, le nombre de locations du BIXI a doublé depuis 2011. Le nombre d'utilisateurs occasionnels avoisine les 8000.
BIXI au bord de la faillite
La société BIXI s'est placée lundi sous la protection de la Loi sur la faillite.
Incapable de rembourser ses dettes évaluées à près de 50 millions $, de vendre ses activités internationales ou d'obtenir de l'aide de Québec, l'entreprise a fait ce geste à la demande de la Ville de Montréal. Celle-ci, qui est le principal créancier avec un prêt de 31,6 millions $ accordé en 2011, s'assure ainsi d'être remboursée en priorité.
« Nous avons choisi d'agir plutôt que d'attendre, a expliqué en point de presse le maire de la métropole, Denis Coderre. Nous avons le devoir de veiller aux intérêts des Montréalais. Ça commence à faire beaucoup d'argent que Montréal investit là-dedans. S'il y a une chance de sauver BIXI, c'est par l'entremise de la Loi sur la faillite. »
Il a assuré que cette décision permettrait d'honorer les engagements de BIXI auprès de ses abonnés montréalais pour la prochaine saison. Pour les années suivantes, il a été plus vague, réitérant toutefois son appui à cette « bonne idée qui a fait des petits partout en Amérique ».
Lancé en 2009, le BIXI n'a jamais réussi à atteindre la rentabilité, même si le nombre d'abonnés a été de 41 000 en 2013. Pour 2014, on s'attend à un déficit d'environ 1,5 million.
Avec La Presse