Bénévole au musée depuis 12 ans, Jacques Tardinel se souvient qu'il n'y a pas si longtemps, des militaires de la Deuxième Guerre mondiale auraient été à ses côtés en cette fin de semaine de commémoration.
Bénévole au musée depuis 12 ans, Jacques Tardinel se souvient qu'il n'y a pas si longtemps, des militaires de la Deuxième Guerre mondiale auraient été à ses côtés en cette fin de semaine de commémoration.

Les bénévoles se font plus rares

Guillaume St-Pierre
Guillaume St-Pierre
Le Droit
Même en ce jour du Souvenir, les anciens combattants se font de plus en plus rares au Musée canadien de la guerre.
Bénévole au musée depuis 12 ans, Jacques Tardinel se souvient qu'il n'y a pas si longtemps, des militaires de la Deuxième Guerre mondiale auraient été à ses côtés en cette fin de semaine de commémoration.
Mais pas cette année.
« Je constate le déclin des bénévoles, indique-t-il. Le vieillissement fait qu'on perd beaucoup de nos anciens combattants. On en avait qui étaient encore fringants il y a dix ans, mais maintenant je les vois en marchette, ou en fauteuil roulant. Ça fait partie de la vie. »
Sans croire avoir la responsabilité de fournir une quelconque relève, l'ancien militaire, dont la carrière s'est étendue durant 42 ans, continue de représenter les forces armées de diverse façon.
Même s'il n'est jamais allé au front - il a oeuvré dans les forces armées principalement durant la Guerre froide - l'homme se plaît à admirer les différents équipements militaires exposés au musée, avec lesquels il s'est entraîné.
Lorsqu'il ne répond pas aux questions des curieux dans la galerie LeBreton, l'ancien officier de perfectionnement aide à la formation des jeunes cadets.
Lorsque LeDroit s'apprêtait à aller voir ailleurs dans le musée si des anciens combattants s'y trouvaient, Jean-Marie Lepage, arborant fièrement ses quatre médailles scintillantes, est apparu dans l'un de ses couloirs.
Des séquelles
Cela faisait 11 ans que l'homme originaire de Thurso n'avait pas fait escale au musée de la guerre.
M. Lepage n'a pas fait la Deuxième Guerre mondiale. Il est de cette autre génération de militaires. Mais ses médailles qu'il porte fièrement ne sont pas moins méritées.
Comme bien des collègues, il reviendra transformé de son séjour au front, en Irak, lors de la guerre du Golfe de 1990-1991.
Physiquement, il revient diminué. Il ne sait pas encore qu'il souffre de la sclérose en plaques. Il l'apprendra bien assez vite.
« Le stress et la chaleur, sont les ennemis de cette maladie », raconte-t-il, exprimant l'évidence.
Le militaire a sacrifié plus que sa santé lors de sa carrière qui aura duré 28 ans. C'est un pan complet de sa vie qui se dérobe sous ses pieds lorsqu'il revient de mission.
« Comme tout militaire qui revient au pays, mon tempérament a changé. Ma femme en a souffert, et elle est partie », raconte-t-il sans perdre son sourire.
« On peut tout t'enlever, mais si tu gardes le sourire, tu as de bonnes chances de te rétablir. »