Le projet de la société Ontario Power Generation, évalué à 2,4 milliards $, consisterait en la construction d’un bunker à la centrale nucléaire Bruce près de Kincardine, en Ontario, à proximité du rivage du lac Huron.

Les Autochtones recherchent un consensus sur les déchets nucléaires en Ontario

Les Autochtones vivant à proximité de l’un des plus importants réacteurs nucléaires au monde affirment que leurs valeurs guideront leur décision sur l’approbation d’un abri d’entreposage de déchets radioactifs de plusieurs milliards de dollars - un processus qui pourrait prendre encore un an avant d’aboutir.

Forte d’engagements d’une prise en compte de leur avis par le gouvernement fédéral et les promoteurs du dépôt en formations géologiques profondes, la nation de Saugeen Ojibway affirme qu’elle prendra son temps pour en arriver à une opinion informée sur un projet en planification depuis déjà une dizaine d’années.

Randall Kahgee, ancien chef et actuel conseiller principal des Premières Nations sur les enjeux du nucléaire, a fait valoir en entrevue que les valeurs, l’identité et l’appartenance au territoire sont « à plusieurs égards plus importantes que les aspects techniques » d’un tel projet.

M. Kahgee a affirmé que les Premières Nations doivent réfléchir sur ce projet en portant leur regard « au-delà des sept prochaines générations ».

Le projet de la société Ontario Power Generation, évalué à 2,4 milliards $, consisterait en la construction d’un bunker à la centrale nucléaire Bruce près de Kincardine, en Ontario, à proximité du rivage du lac Huron. Des centaines de milliers de mètres cubes de déchets à faible et à moyenne radioactivité — actuellement stockés sur le site sous le sol — seraient enterrés à une profondeur de 680 mètres.

La nation de Saugeen Ojibway comprend environ 5000 membres de la Première Nation Saugeen et les Chippewas de Nawash, dont bon nombre ne résident pas dans le secteur. Ils ont décrié pendant longtemps leur exclusion des décisions relatives à la centrale nucléaire.

« Nous n’avons certainement pas bénéficié de la même manière que d’autres ont pu le faire. C’est le genre d’exemples classiques dans l’histoire, où nos gens sont souvent condamnés à rester à l’écart et à observer pendant que d’autres récoltent les bénéfices », a soutenu M. Kahgee.

Le projet de stockage de déchets nucléaires, présenté par la société Ontario Power Generation comme étant parfaitement sécuritaire, mais décrié par certains politiciens et des communautés au Canada et aux États-Unis comme un potentiel désastre écologique, a obtenu une approbation préliminaire de la part d’un comité d’examen environnemental en mai 2015. Depuis ce temps, tant le gouvernement conservateur précédent que le gouvernement libéral ont reporté maintes fois la décision délicate politiquement.

Plus récemment, la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, a demandé au géant des installations publiques à la fin août de revenir de nouveau avec plus d’informations — cette fois sur l’impact potentiel du projet sur les Premières Nations.

Des démarches vers un consensus au sein des Premières Nations touchées sont en cours. Des membres ont pris part à une conférence sur quatre jours en septembre et octobre, présentée par M. Kahgee comme un « Nucléaire 101 ».

« Votre “non” doit être aussi informé que votre “oui” », a-t-il fait valoir aux participants.