Les Acadiens seront plus mordants

Paul Gaboury
Paul Gaboury
Le Droit
Estimant que les bases du fondement acadien ébranlé au cours des quinze dernières années, la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) a décidé de prendre un virage plus revendicateur.
La SANB entend revenir à plus de «militantisme patriotique et politique», promet dans une lettre ouverte aux médias son nouveau président Jean-Marie Nadeau, élu lors du congrès de l'organisme en octobre dernier.
 
«Après avoir utilisé la complaisance avec les gouvernements afin d'atteindre l'égalité réelle, la SANB a compris qu'il fallait revenir à plus de militantisme patriotique et politique» mentionne le président Nadeau dans une lettre ouverte aux médias québécois.
Il rappelle qu'au cours des quinze dernières années, les gouvernements ont ébranlé les bases du fondement acadien en éliminant les conseils scolaires, en fermant l'hôpital acadien de Caraquet, en éliminant des services de santé dans la péninsule acadienne sous le conservateur Bernard Lord, rappelle le président Nadeau, sans oublier les attaques dans le domaine des études post-secondaires.
La semaine dernière, le journal L'Acadie Nouvelle rapportait à ce sujet que la SANB a opposé un «non brutal» à la réforme de l'éducation post-secondaire proposée par les libéraux dirigés par le premier ministre Shawn Graham, et menace maintenant de recourir aux tribunaux pour défendre ce droit reconnu par une obligation législative et constitutionnelle.
»Le plus autonomiste»
Dans cette lettre ouverte qui marque un tournant pour la SANB, le nouveau président se décrit lui même comme «le plus autonomiste des leaders acadiens», disant n'avoir jamais caché ses sympathies autonomistes pour tous les peuples qui y aspirent, «qu'ils soient écossais, gallois, basque, québécois et même acadien du temps du Parti acadien». Il souligne toutefois que «ce n'est pas à moi, ni à nous comme peuple, de décider jusqu'où les autres peuples peuvent se rendre, en terme d'autonomie».
«Je ne demande même pas au peuple acadien d'être aussi autonomiste que moi. Tout ce que je demande, c'est d'être aussi autonomiste que nos législations au Nouveau-Brunswick et la constitution canadienne nous le permettent», dit-il.
Puis il rappelle que l'Acadie a besoin du Québec et du Canada français : «Ensemble, nous devons assurer la pérennité du 3 % de francophones en Amérique. Si on tombait linguistiquement au champ d'honneur nord-américain, ne seriez-vous pas les prochains ?»