La compagnie Air Transat et l'aéroport d'Ottawa se renvoyaient la balle pour expliquer le cafouillage de lundi alors que des centaines de passagers sont demeurés prisonniers de longues heures dans leur avion sur le tarmac de l'aéroport.

Lendemain d'une soirée orageuse pour Air Transat

Entre les deux grandes villes canadiennes, l'Aéroport international d'Ottawa a dû assumer sa position stratégique et accueillir, presque au même moment, des centaines de passagers qui devaient s'arrêter à Toronto ou à Montréal, lundi soir. Mardi, la compagnie Air Transat et l'Aéroport d'Ottawa se renvoyaient la balle pour expliquer pourquoi des centaines de passagers étaient restés pris sur le tarmac pendant deux à cinq heures.
Les conditions météorologiques, à Toronto et à Montréal, se sont dégradées rapidement - et en même temps - lundi en fin d'après-midi. Pour les pilotes en plein vol, le plan était clair : atterrir entre les deux, soit à l'Aéroport d'Ottawa.
Un superviseur a expliqué au Droit, lundi soir, que l'aéroport d'Ottawa était bien placé pour recevoir autant d'avions, entre les villes de Toronto et de Montréal, où la météo était trop imprévisible en fin de journée.
Permettre des atterrissages est une chose. La gestion de tout le reste semble en être une autre.
C'est ainsi qu'un Airbus A330 avec 336 passagers à bord s'est posé dans la capitale. Les passagers n'ont pas pu sortir, alors que l'équipage répétait d'heure en heure que le départ était imminent. 
Réseaux sociaux
Après plusieurs heures, un passager a composé le 9-1-1, en raison d'un malaise. Des passagers se sont mis à dénoncer la situation sur les réseaux sociaux.
Une trentaine d'appareils, dont ceux d'Air Canada, d'Air France et d'Emirates se sont posés à Ottawa pour éviter les aéroports de Montréal et de Toronto. Ils sont repartis après deux à trois heures d'attente.
L'avion d'Air Transat reliant Bruxelles et l'Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal est resté près de six heures sur le tarmac, à Ottawa.
Air Transat a indiqué par communiqué que l'Aéroport d'Ottawa « n'a pas été en mesure» de fournir des passerelles pour faire sortir temporairement les passagers, qui n'avaient pas accès à de l'eau potable ni à la climatisation dans l'avion.
La compagnie a qualifié cet incident de « hors de son contrôle ».
L'aéroport d'Ottawa, par la voix de sa porte-parole Krista Kealey, a répété de nombreuses excuses, lundi et mardi, mais a nié les allégations de la compagnie aérienne. 
« Il en revient à la compagnie d'aviation de déterminer si elle évacue l'avion ou si elle attend, lorsqu'un appareil est détourné », a précisé l'aéroport sur Twitter. Les services d'urgences d'Ottawa ont finalement fait ouvrir la porte de l'avion, fournissant des bouteilles d'eau.
« Pourquoi nous avoir gardés dans l'avion plus de cinq heures au lieu de nous débarquer ? Nous y sommes encore !! Question d'$ ?!? », a écrit Maryanne Zéhil sur Twitter. « Nous étouffons dans l'avion. C'est une vraie joke ! », a-t-elle ajouté dans un micromessage subséquent.
Il semble, selon la compagnie, que l'avion était à court de ravitaillement, puisqu'il devait techniquement être à la fin de son trajet.
Ottawa doit légiférer en faveur des passagers
Le gouvernement fédéral veut adopter une loi sur les droits des passagers aériens comme ceux qui ont dû attendre cinq heures dans un avion paralysé sur le tarmac de l'Aéroport d'Ottawa, lundi.
Le secrétaire parlementaire du ministre des Transports, Karen McCrimmon, a rappelé par voie de communiqué que son gouvernement voulait, d'ici septembre, étudier le projet de loi C-49.
« Le nouveau régime établirait des normes claires quant à la façon dont les voyageurs sont traités dans différentes situations, notamment en cas de surréservations, de retards, d'annulations, de longues périodes d'attente sur l'aire de trafic et de bagages perdus ou endommagés. Une indemnité financière minimum à accorder aux voyageurs dans certaines circonstances serait aussi mise en place par l'entremise des dispositions », écrit le secrétaire du ministre Marc Garneau, au lendemain de l'incident dans lequel des centaines de personnes sont restées prises dans l'avion du vol TSC157 d'Air Transat, entre 17 h et 22 h, lundi.
« Lorsque les voyageurs achètent un billet d'avion, ils s'attendent avec raison à ce que la compagnie aérienne respecte ses engagements. Quand elle ne le fait pas, les voyageurs devraient connaître leurs droits et bénéficier d'une indemnité claire, transparente et exécutoire. De plus, certaines normes minimales de traitement devraient être établies. »
La secrétaire du ministre Garneau convient que l'attente « a dû être difficile, surtout après un long vol transatlantique ».
La loi C-49 doit aussi encadrer la modernisation des transports et clarifier les responsabilités des transporteurs aériens.