Le curé de la paroisse, Charles Mignault, avoue avoir dû faire un choix entre l’église St-René-Goupil et celle de Sainte-Maria-Goretti. Malgré qu’elle était la plus fréquentée par les paroissiens, l’église St-René-Goupil sera vendue.
Le curé de la paroisse, Charles Mignault, avoue avoir dû faire un choix entre l’église St-René-Goupil et celle de Sainte-Maria-Goretti. Malgré qu’elle était la plus fréquentée par les paroissiens, l’église St-René-Goupil sera vendue.

L’église Saint-René-Goupil bientôt vendue

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Une autre église de Gatineau est sur le point de passer aux mains d’un promoteur privé afin d’être convertie en immeuble résidentiel. Le Droit a appris que la paroisse Sainte-Trinité vient tout juste d’accepter une offre d’achat pour l’église Saint-René-Goupil, située à l’angle du boulevard Saint-René et de la rue Raymond.

L’église construite en 1956 a officiellement été mise en vente il y a quelques mois, après la réalisation par la paroisse d’un bilan de santé de ses immeubles. Le président de la fabrique, Raymond Laurin, précise que le portrait qui en est ressorti laissait très peu de choix. Le bilan de santé démontre que l’église Saint-René-Goupil nécessite des travaux majeurs évalués à 1,2 million $ au cours des trois prochaines années.  

L’autre église de la paroisse, Sainte-Maria-Goretti, plus petite et mieux entretenue, nécessiterait pour sa part des travaux évalués à 453 000 $. « On a pu faire fonctionner deux lieux de culte au cours des dernières années grâce à l’argent provenant de la vente de l’église Saint-Jean-Marie-Vianney, il y a une dizaine d’années, explique le curé de la paroisse, Charles Mignault. Cependant, tout ce qu’on réussissait à faire c’est de mettre des plasters et ça devenait de plus en plus cher. On devait prendre une décision. »

Le curé Mignault admet que l’église Saint-René-Goupil était la plus fréquentée des deux, notamment parce que plus centrale. « Mais la question n’était plus là, ajoute-t-il. Il fallait faire un choix en fonction des sommes à dépenser. Il faut aussi reconnaître que notre communauté est vieillissante. Les gens sont moins présents qu’avant. Nous accueillons environ 300 personnes en tout pour les trois messes que nous faisons chaque semaine. L’église Sainte-Maria-Goretti est plus petite et correspond mieux aux besoins de notre communauté. »

La paroisse n’a pas voulu dévoiler le montant de l’offre d’achat qui a été faite pour l’église Saint-René-Goupil. L’analyse faite dans le bilan de santé estime la valeur de l’église sur le marché à 1,035 millions $. 

« L’offre est très intéressante, assure le curé Mignault. La vente nous permettra de pérenniser Sainte-Maria-Goretti. Nous pourrons faire tous les travaux nécessaires pour la remettre aux normes et nous aurons les fonds nécessaires pour l’entretenir pendant les vingt prochaines années. » 

Une fois la transaction terminée et le déménagement de la totalité des activités de la paroisse à l’église Sainte-Maria-Goretti, cette dernière changera de nom, a souligné le curé Mignault. « Elle deviendra l’église Sainte-Trinité », a-t-il précisé. 

Conditions fermes

Même si une paroisse ne se départit jamais d’une église de gaité de cœur, les paroissiens comprennent la décision, affirme le curé. « Je dirais que 90 % des paroissiens acceptent la situation, dit-il. Nous avons tout fait en complète transparence, on n’a rien caché à personne. Nous avons aussi pu imposer certaines exigences à la vente de l’église. Le promoteur ne pourra pas transformer l’endroit en bar et il sera obligé de conserver la structure extérieure de l’église. »

L’agent d’immeuble responsable de la vente pour l’Archidiocèse de Gatineau, Jérôme Falardeau, du Groupe CCI, précise que la transaction devrait être officielle d’ici environ un mois. L’identité de l’acheteur pourrait toutefois n’être connue que lors de l’enregistrement de la vente qui n’aurait pas lieu avant le mois de juin prochain. D’ici là, toutes les cérémonies et les messes prévues à l’église Sainte-Maria-Goretti sont maintenues, insiste le curé Mignault. « Il n’y a aucun changement pour l’instant et il n’y en aura pas avant quelques mois », note-t-il. 

Une décennie de ventes

La vente de l’église Saint-René-Goupil est loin d’être une première pour l’Archidiocèse de Gatineau. Dans la dernière décennie, les ventes d’églises ont été nombreuses sur le territoire. Ainsi, l’église Saint-Jean-Marie-Vianney a été vendue en 2008 au Centre des aînés de Gatineau pour la transformer en logements abordables pour les personnes âgées. 

Les transactions se sont ensuite multipliées alors que s’est vendue, coup sur coup, l’église Saint-Benoît-Abbé, qui est devenue la Maison Mathieu-Froment-Savoie, l’église Saint-Jean-Bosco, maintenant utilisée par la communauté orthodoxe roumaine et l’église Saint-Raymond, devenue un centre d’escalade. 

Plus récemment, en 2017, l’église Notre-Dame-des-Neiges, à Masson-Angers, a aussi été vendue à un promoteur privé.