Le chef de la CAQ, François Legault, a présenté son candidat dans Chapleau, Mathieu Lévesque.

Legault présente un jeune avocat dans Chapleau

C'est un avocat de 30 ans, Mathieu Lévesque, qui portera les couleurs de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Chapleau aux prochaines élections. Bien que son chef François Legault lui promette «un rôle très important» si son parti est porté au pouvoir, le candidat éprouve pour l'instant certaines difficultés à s'exprimer sur les enjeux locaux.

C'est devant une vingtaine de personnes réunies dans un hôtel de Gatineau que François Legault a présenté Mathieu Lévesque, mercredi avant-midi. Le chef caquiste affirme que son candidat dans Chapleau est «brillant» et qu'il s'agit d'«un nom à surveiller quand on pense à la relève en politique».

Le principal intéressé, installé dans la région de Montréal depuis une décennie, a mis l'accent sur sa jeunesse passée en Outaouais en soulignant ses études à l'école Carle, au Collège Saint-Alexandre et à l'Université d'Ottawa.

Avocat en droit des affaires, M. Lévesque a toutefois peiné à répondre à certaines questions sur les enjeux actuels en Outaouais. Tant dans son allocution que dans le communiqué diffusé par la CAQ, le candidat a notamment fait référence à Gatineau comme étant «la cinquième ville en importance au Québec», alors que la Ville ne cesse de répéter, depuis des années et sur toutes les tribunes, qu'elle est la quatrième municipalité la plus peuplée de la province, puisqu'elle devance Longueuil de quelques dizaines de milliers d'habitants.

Interrogé à savoir ce qui le préoccupe le plus dans la région, Mathieu Lévesque affirme que c'est «la santé», «particulièrement les infirmières». «Elles ont une surcharge de travail, il faut les écouter, dit-il. On propose de faire des groupes de médecine familiale, et donc ça va pouvoir désengorger la première ligne.»

Lorsqu'est venu de le temps de se prononcer sur ce qui ne fonctionne pas, à son avis, à l'intérieur du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), le candidat de la CAQ n'a toutefois pas été en mesure de répondre. «Il faudrait que je révise cette question-là, a-t-il dit. C'est certain que je vais prendre l'information et vous revenir.»

M. Lévesque a assuré ne pas avoir été «parachuté» par le parti dans Chapleau. François Legault s’est porté à la défense de son candidat, en rappelant que sur ses 30 ans de vie, il en avait passé 20 à Gatineau.

«Il revient régulièrement voir sa famille, a-t-il mentionné. Il a pris l'engagement de revenir ici après le 1er octobre, il est allé étudier entre autres à l'Université McGill et aux HEC, il a travaillé dans un grand bureau d'avocats à Montréal. Je ne pense pas que les gens puissent lui reprocher d'aller se former et de prendre de l'expérience à Montréal pour mieux en faire profiter les gens de Chapleau et de l'Outaouais ensuite.»

Barrette critiqué

Le chef que la CAQ n'a par ailleurs pas manqué l'occasion de critiquer plusieurs fois le ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Pour l'Outaouais, M. Legault affirme notamment que les infirmières devraient avoir «des primes spéciales». «Il y a un attrait d'aller à Ottawa pour une rémunération qui est plus élevée, dit-il. Comment se fait-il que le Dr Barrette est prêt à payer tous les spécialistes du Québec plus que leurs homologues en Ontario, mais que les infirmières en Outaouais, il n'est pas capable de les payer aussi bien qu'en Ontario? Il y a un problème, là.»

L'élargissement de la 50

François Legault s'est également prononcé sur le dossier de l'élargissement à quatre voies de l'autoroute 50, pour lequel une annonce a été été faite par les libéraux pour un premier tronçon de sept kilomètres à l'est de Gatineau. 

«Il faut élargir et arrêter de gagner du temps, a lancé M. Legault. […] Quand il y a juste une voie et que ça rencontre, c'est dangereux. On est bloqué derrière les camions quand ce n'est pas possible de dépasser, donc je pense que les gens de l'Outaouais ont le droit d'avoir des délais raisonnables.»

Alors que l'«amélioration de l’autoroute 50» a été inscrite en mars dernier au Plan québécois des infrastructures 2017-2027,  le chef de la CAQ reconnaît que l'élargissement de cette voie rapide sur toute sa longueur prendra «un certain nombre d'années», mais promet du même coup que ce dossier se retrouvera dans «un projet d'immobilisations» que son parti présentera pour la région d'ici aux élections du 1er octobre.