Malgré une légère hausse récente des effectifs, l'armée canadienne est tout de même à court d'environ 2000 militaires réguliers et de 5300 réservistes.

L’effectif militaire au Canada a connu une légère hausse en 2017

OTTAWA — Les Forces armées canadiennes semblent avoir renversé la vapeur au chapitre du recrutement l’an dernier, alors qu’elles comptaient en mai 450 militaires de plus que l’année précédente à pareille date — du jamais vu depuis plusieurs années.

L’armée canadienne tente d’inverser une tendance lourde qui voyait ses rangs se dégarnir de façon alarmante depuis plusieurs années. Mais la partie n’est pas gagnée, et les Forces armées doivent encore composer avec une pénurie de main-d’oeuvre. Cette baisse d’effectif était attribuée à une vague de départs à la retraite et à un recrutement rendu difficile par les coupes budgétaires pratiquées par l’ancien gouvernement conservateur à Ottawa.

L’armée canadienne est tout de même à court d’environ 2000 militaires dans la force régulière et de 5300 réservistes, même si le gouvernement de Justin Trudeau a promis une croissance au cours des prochaines années. Les libéraux souhaitent que l’effectif de la force régulière passe de 68 000 à 70 500 militaires, et celui des réservistes de 27 000 à 28 500 — soit 4000 militaires de plus dans les deux forces.

En novembre 2016, le vérificateur général Michael Ferguson avait tiré la sonnette d’alarme, en signalant que cette pénurie d’effectifs alourdissait le fardeau des militaires et mettait en péril les opérations. Concrètement, cela veut dire par exemple qu’il manque de personnel pour piloter et entretenir les hélicoptères Chinook ou les avions de transport Hercule.

Patience

Des membres de l’état-major ont déjà promis de mettre l’accent sur le recrutement, mais au rythme où vont les choses, il faudrait attendre encore des années avant d’atteindre les effectifs souhaités.

Dans une entrevue récente accordée à La Presse canadienne, le chef d’état-major de la défense, Jonathan Vance, attribuait cette pénurie de main-d’oeuvre à des coupes au sein des Forces armées, suivies de vastes offensives de recrutement; or, ces nouveaux militaires prennent maintenant leur retraite à peu près en même temps.

«C’est un peu comme un python qui avale son repas: un renflement qui progresse dans le système, illustre le général Vance. Ça va bien pendant que ça passe, mais derrière, il y a soudainement une grande attrition.»

L’armée a mis en place plusieurs initiatives pour accélérer le recrutement, et le général Vance croit que ces mesures porteront leurs fruits au cours des prochains mois. Les Forces armées tentent aussi d’attirer plus de femmes ainsi que des membres des minorités visibles, de la diversité sexuelle et des segments de la population qui sont sous-représentés.

«Mais il ne s’agit pas de recruter pour recruter, précise le général Vance. Nous voulons attirer des candidats qualifiés [...] particulièrement des jeunes.»