La fermeture de l'École de langues de l'Estrie sera lourde de conséquences pour d'autres centres de formation de la région.

L'école de langues l'Estrie en faillite

Les craintes des ex-employés de l'École de langues l'Estrie, fermée le 24 janvier, se confirment. Ils ont reçu la confirmation, samedi, que les dirigeants de l'entreprise déclareront faillite.
Depuis la fermeture il y a deux semaines, les employés cherchaient à obtenir réponses à leurs questions. Ils cherchaient notamment à savoir s'ils allaient obtenir leur salaire des deux derniers mois de travail. Ils ont toutefois reçu un courriel du bureau de syndic Pierre Lemieux leur annonçant que leur ex-employeur se placera sous la protection de la Loi sur la faillite.
La présidente de l'entreprise, Louise Charest, s'était volatilisée après avoir mis la clé dans la porte de l'École de langues l'Estrie. LeDroit a réussi à la joindre sur son téléphone résidentiel, samedi, en fin d'après-midi. Elle a confirmé avoir choisi l'avenue de la faillite.
«Il n'y a pas grand-chose à dire (sur la fermeture de l'école), tout le monde va avoir des nouvelles bientôt. Tout est sous contrôle.»
Les ex-employés se doutaient que cette annonce viendrait. La semaine dernière, Services Canada a organisé des rencontres avec eux pour les aider à se trouver un nouvel emploi et les accompagner dans leur quête pour obtenir la rémunération due. Ils les ont alors informés que la faillite de l'entreprise devenait de plus en plus imminente.
Conflit dans la direction
Fondée il y a 30 ans par Louise Charest, l'École comptait deux campus et plus d'une centaine de classes à Ottawa-Gatineau. Elle employait 300 enseignants de langues.
Selon d'anciens employés, les classes étaient toujours pleines, mais quelque chose ne tournait pas rond durant les semaines avant la fermeture de l'École de l'Estrie. De violentes disputes éclataient régulièrement entre Mme Charest et un actionnaire, Ludovic Guerpillon.
«Ce n'était pas rare qu'on aille se chercher un café tous en même temps pour éviter d'entendre des choses qu'on ne voulait pas entendre», confie un ex-employé.
M. Guerpillon s'est joint à l'École de langues l'Estrie dans les dernières années. Selon nos informations, il avait amorcé une restructuration de l'entreprise pour faire face à la compétition. Les employés ont vu leur salaire horaire réduit de façon importante, Louise Charest incluse. C'est à partir de ce moment que les relations entre les deux individus se seraient envenimées.
Ludovic Guerpillon avait également rencontré la majorité des employés, juste avant Noël, pendant que Mme Charest était en voyage en Nouvelle-Orléans. Il les aurait alors informés que l'entreprise était en voie de rembourser ses dettes et de retrouver la santé financière.