L’abrogation du décret aura pour effet d’éliminer les prix minimaux des services de coiffures dans la région, l’encadrement des heures d’ouverture des salons, ainsi que les règles relatives à la commission versée aux coiffeurs et assistants-coiffeurs.
L’abrogation du décret aura pour effet d’éliminer les prix minimaux des services de coiffures dans la région, l’encadrement des heures d’ouverture des salons, ainsi que les règles relatives à la commission versée aux coiffeurs et assistants-coiffeurs.

Le vieux décret sur la coiffure en Outaouais vient de tomber

EXCLUSIF / C’est maintenant officiel. Le vieux décret datant des années 1930 régissant l’industrie de la coiffure en Outaouais vient de tomber, a appris Le Droit

Le conseil des ministres a adopté, mardi après-midi, à Québec, l’abrogation du décret sur les coiffeurs de la région de l’Outaouais. Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, doit en faire l’annonce officielle un peu plus tard aujourd’hui par voie de communiqué de presse. L’abrogation entrera en vigueur le 15 juillet prochain.

L’abrogation du décret aura pour effet d’éliminer les prix minimaux des services de coiffures dans la région, l’encadrement des heures d’ouverture des salons, ainsi que les règles relatives à la commission versée aux coiffeurs et assistants-coiffeurs. La mesure vise 694 travailleurs. 

Le sujet, très polarisant dans l’industrie de la coiffure de l’Outaouais, faisait l’objet de discussions depuis 2015. C’était la troisième fois que ce vieux décret protectionniste mis en place lors de la Grande crise faisait l’objet d’une procédure d’abrogation, mais les projets de loi sont morts au feuilleton lors des élections de 2018.

«Nous passons à l’action, a lancé le ministre Boulet. Cela fait 25 ans que les 14 autres décrets de la coiffure du Québec ont été abolis. Bien que les décrets de convention collective soient pertinents pour protéger les conditions de travail des salariés dans certains secteurs, celui de la région de l’Outaouais n’était plus adéquat, en raison de la proximité avec l’Ontario.»

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet

L’abrogation du décret permettra aux entreprises d’être plus compétitives et d’offrir des heures d’ouverture adaptées aux besoins de leur clientèle, ajoute le ministre du Travail. «Les salons pourront donc ouvrir le dimanche et les soirs en début de semaine s’ils le désirent», a-t-il précisé. 

La députée de Hull, Maryse Gaudreault, a porté la voix des entrepreneurs de l’industrie de la coiffure depuis plusieurs années dans ce dossier. «Dans quelques jours, ils seront enfin libérés des nombreuses contraintes imposées par la présence du comité paritaire des coiffeurs de l’Outaouais, affirme-t-elle. Ils pourront enfin mener leur entreprise dans un contexte de libre marché et ainsi répondre favorablement aux différentes demandes de leur précieuse clientèle.»

Le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, a lié l’abrogation du décret à la reconnaissance du gouvernement de la particularité frontalière de l’Outaouais avec l’Ontario. «La reprise graduelle des activités économiques, notamment dans le secteur de la coiffure, fournit une bonne occasion de développer une nouvelle relation avec la clientèle de l’Outaouais», dit-il.