Le tunnel de stockage des égouts unitaires devrait premettre de réduire de 95% les surverses d’eaux usées dans la rivière des Outaouais.

Le tunnelier bientôt au travail

La Ville d’Ottawa s’apprête à enclencher son deuxième plus gros projet d’infrastructure après celui du train léger.

Les travaux d’excavation et de forage pour la construction du tunnel de stockage des égouts unitaires (TSEU), un investissement de 232 millions $ visant à réduire de façon notable la fréquence des surverses d’eaux usées dans la rivière des Outaouais, débuteront dans les semaines à venir. 

Le TSEU se composera, rappelons-le, de deux tunnels interreliés d’une longueur totale avoisinant les six kilomètres et d’environ trois mètres de diamètre, lesquels se trouveront de 10 à 31 mètres au-dessous du niveau du sol. Le tunnel nord-sud longera la rue Kent de l’avenue Chamberlain à un point situé derrière la Cour suprême du Canada, alors que le tronçon est-ouest traversera le centre-ville du parc Stanley aux plaines LeBreton.

Financé par les trois paliers de gouvernement, cet élément phare du Plan d’action de la rivière des Outaouais permettra, lors de pluies diluviennes, de retenir jusqu’à 43 000 m3 de ruissellement de surface et d’eaux usées, soit l’équivalent de 18 piscines de dimension olympique. Après les averses, les eaux seront traitées, puis rejetées dans le principal cours d’eau de la région. 

À terme, le projet permettra, entre autres, de protéger l’écosystème aquatique, de diminuer la quantité de contaminants déversés dans la rivière, de réduire le risque d’inondation des sous-sols au centre-ville d’Ottawa et, bien sûr, de rehausser la qualité de l’eau. 

Creuser jusqu'à 25 m par jour

Maintenant que la construction du puits d’accès du tunnel nord-est est achevée, le projet passe en seconde vitesse alors que le tunnelier, qui servira au forage du TSEU, est sur le point d’entrer en scène. 

Présentement en cours d’assemblage sous terre, en vue du lancement des travaux d’excavation plus tard cet automne, l’immense appareil d’un diamètre de quatre mètres et d’une longueur de 250 mètres aura la capacité de traverser le roc à une vitesse d’environ 20 à 25 mètres par jour. Il pourra accueillir jusqu’à neuf personnes à la fois. La machine brisera la roche en morceaux de tailles variant de celle d’un petit caillou à celle d’un poing, lesquels seront par la suite acheminés vers l’entrée du puits à l’aide de convoyeurs et de chargeuses sur rails pour être évacués. Pendant le creusement, des couches de béton manufacturé seront étalées en segments et des joints seront ajoutés pour sceller le tunnel. 

La Ville d’Ottawa précise que des travaux sur la tête de sortie du tunnel, derrière la Cour suprême du Canada, sont en cours. Ils doivent être complétés au printemps 2018. 

Selon l’échéancier actuel, les tunnels devraient être opérationnels en 2020. 

Bon an mal an, on estime que 500 millions de litres d’eaux usées provenant des conduits d’égouts sont déversés dans la rivière, une quantité qui devrait être réduite de 95% grâce à ce projet d’envergure. Les épisodes de débordements sont déplorés depuis maintes années par divers organismes environnementaux de la région. 

La municipalité injecte 108 millions $ dans le TSEU, soit 47% de la facture totale du projet. Le fédéral et le provincial ont de leur côté chacun investi 62 millions $. 

PRÉCISION

Dans le texte intitulé 50$ par jour pour les grévistes publié en page 7 de notre édition de mardi, les propos voulant que l’employeur (La Cité) demeure optimiste et s’engage à ce que les étudiants complètent leurs cours dans des délais raisonnables sont attribuables non pas au syndicat, mais à la gestionnaire des communications du collège, Pascale Montminy. Nos excuses.