Les arguments de la CSPO n'ont pas convaincu le Conseil canadien des relations industrielles.

Le transport des élèves de la CSPO n'est pas essentiel

La demande de la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSPO) est rejetée par le fédéral : le transport de 3600 élèves du secondaire à bord des autobus de la Société de transport de l'Outaouais (STO) demeure un service «non essentiel».
Lors des journées de grèves tournantes comme celle prévue jeudi, les parents devront donc continuer à trouver des moyens alternatifs pour aller reconduire et chercher leurs enfants à l'école. Les écoles secondaires ouvriront leurs portes plus tôt et les directions continueront à faire preuve de souplesse pour l'heure d'arrivée et de départ des élèves. 
Lorsque le conflit de travail a éclaté, à la mi-janvier, le directeur général de la CSPO, Jean-Claude Bouchard, avait fait appel au ministère de l'Emploi, du Développement de la main d'oeuvre et du Travail afin qu'il renverse sa décision de ne pas considérer essentiel le transport des écoliers, qui ont l'obligation de fréquentation scolaire. 
La commission scolaire se basait entre autres sur des demandes semblables faites lors d'autres conflits de travail touchant le monde du transport en commun au Québec. Dans de nombreux cas, des décisions favorables aux commissions scolaires avaient été rendues. La CSPO devait par contre se tourner vers le fédéral, qui a tranché mercredi en maintenant sa décision initiale. 
«Selon les critères du ministère, il n'y a rien qui est dangereux en tant que tel, il n'y a pas eu de blessés ni d'accidents même s'il y a davantage de circulation près des écoles. C'est vrai que les gens sont assez prudents. [...] Mais c'est décevant, c'est certain, car cette situation entraîne beaucoup de changements pour les parents, leur routine. Ce n'est pas évident, mais heureusement à date on a une belle collaboration de tout le monde», affirme le vice-président de la CSPO, Mario Crevier. 
La CSPO est la seule commission scolaire de la région à avoir recours aux services de la STO, les autres commissions scolaires utilisant les traditionnels autobus jaunes pour le transport des élèves. 
Le Collège Nouvelles-Frontières, le Collège Saint-Joseph et le Collège St-Alexandre ont aussi recours aux autobus du transporteur public. Le Collège St-Alexandre était d'ailleurs cosignataire avec la CSPO pour la demande. 
L'organisation n'entend pas avoir recours à une autre solution pour le transport des jeunes du secondaire en raison de la complexité et du coût d'une telle opération. 
Sans prendre position pour l'une des deux parties, M. Crevier ne cache pas qu'il espère que le conflit de travail à la STO se réglera dans les plus brefs délais.
Le maire refuse toujours de s'engager
Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin
Alors que les chauffeurs et les employés d'entretien de la Société de transport de l'Outaouais (STO) s'apprêtent à tenir une troisième journée de grève générale, jeudi, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, ne bronche pas et continue de refuser de s'engager publiquement dans le conflit. 
« C'est Gilles Carpentier qui mène ce dossier, a lancé le maire, mercredi matin, refusant pour une énième fois de commenter le conflit de travail amorcé à la fin du mois de janvier. Je fais mon travail comme il doit être fait. Nous sommes dans une relation où les parties se parlent et c'est ça qui compte. »
Le maire a toutefois ajouté que sept années ont été nécessaires avant qu'OC Transpo retrouve le même achalandage d'avant son conflit de travail de 51 jours en 2009. « Ce n'est dans l'intérêt de personne que ça s'éternise. »
Quant au président de la STO, Gilles Carpentier, il s'est dit « étonné » de la décision du syndicat de tenir sa troisième journée de grève générale jeudi alors que, dit-il, les deux parties s'étaient entendues pour qu'elle ait lieu plutôt vendredi. 
Les négociations entre les parties patronale et syndicale ont repris le 20 mars dernier. 
M. Caprentier indique que les deux parties se sont entendues pour se concentrer sur les éléments de la convention collective qui provoquent le plus de divergence. 
« La partie syndicale nous avait demandé de garder le silence sur le conflit, ce qu'on a fait, a indiqué M. Carpentier. Mais là, elle revient encore une fois avec le même ultimatum, à savoir que c'est l'arbitrage en trois volets ou ce n'est rien. »
Le président de la STO demeure convaincu que la dernière offre globale présentée au syndicat renferme ce qu'il faut pour faire des pas en avant dans la négociation. 
« Nous avons une offre de 8 millions $ sur la table qui donne aux chauffeurs et aux employés de l'entretien une augmentation de salaire de 9 % sur cinq ans, a noté M. Carpentier. Je rappelle que les chauffeurs à Québec ont signé une convention collective offrant une hausse de 8 % sur cinq ans. Notre offre est très raisonnable. »
Prolongement du Rapibus
L'annonce par Québec du financement pour le prolongement du Rapibus jusqu'au boulevard Lorrain, tel que prévu dans le plan initial du projet, serait imminente. M. Carpentier a indiqué que le projet de 38 millions $ pour le prolongement est toujours inscrit au Plan québécois des infrastructures. « On s'attend à une réponse d'ici la fin du printemps, a affirmé le président de la STO. Ce qu'on me dit c'est que la demande est au Conseil du Trésor et qu'une approbation serait imminente. »
Avec Mathieu Bélanger