Le comportement « explosif » du maire de la municipalité de Notre-Dame-de-la-Salette, Denis Légaré, est à la source de la tension au sein de l’hôtel de ville.

Le torchon brûle à l’hôtel de ville de Notre-Dame-de-la-Salette

La tension est à son comble à l’intérieur des murs de l’hôtel de ville de la municipalité de Notre-Dame-de-la-Salette, dans la MRC des Collines-de-l’Outaouais. Alors que la directrice générale Mylène Groulx vient de remettre sa démission en évoquant le comportement « explosif » du maire Denis Légaré, les conseillers autour de la table réclament une rencontre urgente avec le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT) afin de dénouer ce qu’ils considèrent comme étant une « période de crise » au sein de l’administration.

La directrice générale de Notre-Dame-de-la-Salette, Mylène Groulx, a informé le conseil municipal de sa décision de quitter ses fonctions le 3 mai dernier, lors d’un huis clos. Mme Groulx quittera officiellement ses fonctions le 18 mai. Elle occupait se poste permanent depuis décembre 2015.

Se disant incapable de continuer à travailler dans « cette atmosphère où dans tous les dossiers il y a de la chicane », la gestionnaire justifie son départ par l’attitude du maire Légaré et ses multiples « sautes d’humeur ».

« Je quitte parce que je suis tannée de la chicane avec monsieur le maire. C’est la raison de mon départ », a-t-elle confié au Droit lorsqu’invitée à commenter sa démission.

Mme Groulx soutient avoir déposé au conseil 18 pages de notes d’agenda dans lesquelles elle résume les altercations verbales et les « crises » de colère que lui a faites M. Légaré en 2017 et 2018.

Le caractère bouillant de ce dernier serait d’ailleurs à l’origine de plusieurs départs au sein de l’administration municipale depuis le début de son premier mandat en 2013, allègue la gestionnaire démissionnaire qui dit n’avoir jamais œuvré dans un tel contexte de travail lors de ses huit années à titre de cadre dans une autre municipalité de la région.


«  C’est Elvis Gratton notre maire, ce n’est pas compliqué  »
Mylène Groulx

« C’est un personnage. Il arrive n’importe où et ça ne prendra pas cinq minutes qu’il va sacrer. C’en est gênant. Je suis allée à quelques reprises à la MRC avec lui et je dois vous avouer que j’étais gênée d’être assise à côté de monsieur le maire. [...] C’est Elvis Gratton notre maire, ce n’est pas compliqué », dit-elle.

Des conseillers de Notre-Dame-de-la-Salette joints par Le Droit ont confirmé avoir un malaise à travailler avec M. Légaré. Les élus ont d’ailleurs adopté une résolution le 7 mai afin de demander une rencontre dans les plus brefs délais avec le MAMOT dans le but de résoudre la situation conflictuelle. Dans le libellé de la résolution, on mentionne « que le départ de plusieurs employés inquiète les membres du conseil », « que les membres du conseil ont été informés par le personnel du bureau municipal que monsieur le maire Denis Légaré dépasse les limites d’autorité qui lui sont conférées par son rôle de maire » et « que les membres du conseil municipal ont été mis au courant de comportements inacceptables de la part de monsieur le maire Denis Légaré envers des employés de la municipalité ».

« On croit que le maire de Notre-Dame-de-la-Salette s’accorde des pouvoirs qu’il n’a pas en tant qu’élu. Il s’implique plus qu’un politicien le devrait dans les dossiers. Il fait de l’ingérence au niveau de l’administration de la municipalité en donnant des ordres au personnel directement. [...] On veut éclaircir ça et on demande au MAMOT de nous dire si monsieur le maire outrepasse ses pouvoirs et ses droits », a commenté l’échevin François Routhier.

Un complot, selon le maire
M. Légaré réfute les allégations faites à son endroit, qu’elles proviennent de la directrice générale démissionnaire ou des élus autour de la table du conseil. Denis Légaré estime que toute cette histoire est le résultat d’un complot pour le mettre à mal. Le groupe de conseillers qui a été porté au pouvoir au scrutin de novembre dernier faisait partie d’une équipe qui s’opposait à celui-ci, dit-il. « Ils sont tous parents. Ce sont tous des cousins. Vous pouvez même me citer, c’est la clique du village. Depuis les élections, ils sont après ma peau. Ils font tout en leur pouvoir pour me faire démissionner, mais ça ne marchera pas. Ils essaient de m’intimider », a-t-il réagi.

M. Légaré dit n’avoir jamais crié ou sacré après un employé depuis qu’il est en poste. « Je suis vraiment dur sur moi même. Parfois, j’ai peut-être tendance à être plus dur sur les employés, mais je n’ai jamais crié et je ne suis pas un tortionnaire. J’ai toujours été très poli avec tout le monde », a-t-il indiqué.

Le MAMOT va faire son enquête sur la situation et lui donnera raison, a-t-il affirmé.

Ce n’est pas la première fois que l’hôtel de ville de Notre-Dame-de-la-Salette est ébranlé sous l’égide du maire Légaré. En décembre 2015, lors du précédent mandat municipal, l’ancien échevin Jean-Daniel Boileau avait claqué la porte du conseil sous prétexte qu’il refusait de « cautionner une administration » qu’il jugeait « dysfonctionnelle » sous la gouverne de Denis Légaré.