Les candidats à la mairie de Gatineau ont pris part à un débat organisé par la Chambre de commerce de Gatineau, jeudi.

Le ton se durcit entre les candidats

Le ton des échanges s’est considérablement durci, jeudi, entre les différents candidats à la mairie lors du débat organisé par la Chambre de commerce de Gatineau (CCG), alors que le maire sortant, Maxime Pedneaud-Jobin, a été la cible de nombreuses attaques de ses adversaires.

Au lendemain de la présentation chaotique de son cadre financier, le candidat indépendant à la mairie, Denis Tassé, deuxième dans les sondages, a amorcé le débat avec un ton particulièrement agressif à l’endroit de M. Pedneaud-Jobin. 

« Les membres d’Action Gatineau ont voté contre plusieurs magnifiques projets de développement au cours des quatre dernières années, a lancé M. Tassé en regardant le maire sortant et en haussant le ton. Vous n’accueillez pas les projets monsieur le maire […] vous n’êtes pas en affaires. Ça prend quelqu’un qui connaît ça. Ça prend quelqu’un qui va défendre les projets des entrepreneurs. »

M. Pedneaud-Jobin a défendu ses positions et celles des élus de son parti, mais la contre-attaque la plus mordante est venue de la candidate Sylvie Goneau. « Ça prend aussi quelqu’un capable d’avoir un vrai cadre financier et qui comprend ses chiffres, a-t-elle lancé, créant automatiquement une vive réaction dans la salle. Peut-être que vous pourriez demander à Maxime Tremblay de venir l’expliquer à votre place. »

Mme Goneau a toutefois dû clarifier une déclaration controversée lancée en toute fin de débat dans laquelle elle laissait entendre vouloir faire davantage équipe avec les entrepreneurs qu’avec les autres élus autour de la table au cours d’un prochain mandat. 

« Je n’ai pas besoin de 18 élus qui vont tous dire la même chose que moi, vous êtes mon équipe et je vais travailler avec vous, a-t-elle lancé aux gens d’affaires. On va travailler ensemble pour permettre à tous vos projets de cheminer dans l’administration. » Elle a plus tard précisé qu’elle faisait référence au parti politique du maire sortant. « Je crois que les élus doivent garder leur indépendance et moi, une fois à la mairie, je ferai naturellement équipe avec les entrepreneurs pour faire avancer le développement économique. »

Maxime Pedneaud-Jobin a de nouveau dû expliquer son opposition au projet des tours Brigil dans le Quartier du musée. « Les gens me reprochent de dire non de temps en temps, mais moi je pourrais reprocher à d’autres de ne jamais dire non », a-t-il lancé devant un parterre d’entrepreneurs dont le grand patron de Brigil, Gilles Desjardins, qui était attablé avec son équipe et la conseillère sortante Denise Laferrière. 

Sylvie Goneau a aussi accusé l’administration Pedneaud-Jobin d’avoir volontairement bloqué des projets de développement économique en rappelant que si elle est élue « il y aura quelqu’un au cabinet pour aider les entrepreneurs et les règlements qui empêchent d’avancer on va pouvoir les modifier ». 

M. Pedneaud-Jobin a rétorqué que chaque critique venant des entrepreneurs était prise au sérieux à son cabinet et qu’il n’a pas hésité au cours du dernier mandat à asseoir ensemble des fonctionnaires et des gens d’affaires pour trouver des solutions aux problèmes qui surgissaient.