Claude et Christine sont des survivalistes. Le couple originaire de l’Estrie et de Chaudière-Appalaches pourrait vivre six mois tout en étant entièrement autonome.

Le survivalisme, une idée qui sort de l’ombre [VIDÉO]

La philosophie des survivalistes apparaît moins frivole depuis deux semaines. Ce mode de vie qui prévoit l’autarcie en cas de crise attire de plus en plus de curieux, selon des membres de cette communauté.

Claude et Christine, un couple originaire de l’Estrie et de Chaudière-Appalaches, pourraient aussi bien vivre en Outaouais ou dans l’Est ontarien. « Il y a en partout », dit Claude.

D’ailleurs, le couple se fait discret sur son lieu de résidence et préfère taire tous noms de famille. Jamais trop prudents, ils veulent éviter la présence de personnes mal intentionnées sur leur propriété.

Leur propriété rurale est équipée pour permettre une grande indépendance alimentaire et assurer leur sécurité à long terme. Claude et Christine nomment la situation actuelle un « bris de normalité ».

Ils sont loin de l’image du survivaliste armé jusqu’aux dents, couteau de chasse en main. Sans dire aux gens de s’équiper de la sorte, ils répètent la notion de base voulant qu’une résidence doive être équipée pour faire vivre ses résidents pendant 72 heures sans aide extérieure.

Claude et Christine ont des outils manuels, un puits autonome et un poêle antique, fort utiles en cas de panne de courant prolongée.

Une chèvre et des poules assurent un apport en lait et en œufs. Une trousse médicale complète l’inventaire.

Claude et Christine

Lors d’une conversation vidéo avec Le Droit cette semaine, Claude a fait un bref tour du propriétaire. Dans la réserve de nourriture, des boîtes de conserve, de petites douceurs pour garder le moral comme du maïs à éclater, des biscuits « pattes d’ours » et des « Mr. Frezze », de la cassonade, de la farine et du fromage en poudre.

« On pourrait rester six mois sans bouger d’ici. »

Le couple observe que la perception de leur mode de vie dans la population vient de changer.

« Le but est de faire une communauté pour repartir l’économie la structure (de la société), dit Christine. Le monde a peur de l’inconnu. C’est normal d’avoir peur. »

En se gardant une telle réserve de denrées, les deux survivalistes ont pu éviter la cohue dans les épiceries. « On n’a pas tout ramassé en une seule fois, dit Claude. Ceux qui ont fait ça sont des gens qui n’ont pas écouté les consignes (de gouvernement). On fait l’épicerie une fois par mois, et c’est pour l’essentiel (produits frais, comme du lait) ou quand la chèvre n’en donne pas assez. Il n’y a pas un survivaliste qui est sorti faire l’épicerie dernièrement. »

Qu’a-t-on à apprendre des survivalistes si on réside en ville, ou si nous ne sommes pas prêts à investir autant de ressources ?

« 72 heures, répète Claude. S’il y a une panne de courant en ville qui perdure, comme lors de la crise du verglas (en 1998), les génératrices arrêtent, tu n’as peut-être plus d’eau à cause d’une panne dans le système municipal. Mets de l’eau en réserve. Peut-être que tu ne pourras plus ‘flusher’ la toilette, parce que ce sont les pompes municipales seront en panne. Si tu n’as plus de courant, tu n’as plus de réfrigérateur, d’essence, de guichet, ou même d’eau municipale. Ça prend un minimum de logique. Nos arrières-grands-parents vivaient au jour le jour. La commune survenait au village. Pas besoin d’avoir une quantité industrielle de tout. »

Selon Christine, l’important est de garder l’esprit ouvert. « Un abri, de la nourriture, et de l’ouverture d’esprit parce qu’il faut apprendre à vivre ensemble. C’est en groupe, collectivement, qu’on va y arriver. »

Le couple sourit lorsqu’on compare le survivalisme à une préparation à une invasion de zombies. « Le but de nos communautés Facebook, c’est aussi d’informer, dit Claude. Ce n’est pas de blaster ou d’insulter les autres. (La situation actuelle) Ce n’est pas une guerre. Oui, c’est grave et difficile. Mais si tu restes chez toi, il n’y a pas de danger. Je pense que le gouvernement (québécois) et le premier ministre Legault ont dit et fait ce qu’il fallait. Ils font les bonnes choses. »