Hélène LeScelleur, étudiante au doctorat à l’Université d’Ottawa et ancienne combattante dans les Forces armées canadiennes

Le salut des Jeux Invictus

« Si ce n’était de mon conjoint et mes enfants, je ne serais pas ici devant vous pour vous parler ».

Hélène LeScelleur a vécu des moments de souffrances intenses et des épisodes d’idées suicidaires sévères associés au trouble de stress post-traumatique (TSPT) après avoir été libérée par les Forces armées canadiennes (FAC) en 2016 pour des raisons médicales associées au diagnostic de TSPT.

Devant quelque 300 personnes, qui ont assisté mercredi soir à un panel de discussion sur le TSPT, elle a raconté avoir développé l’état du stress post-traumatique après avoir été blessée avec plusieurs de ses camarades en octobre 2007 en Afghanistan. 

Le véhicule dans lequel elle prenait place a été atteint par un engin explosif improvisé. Les expériences horrifiantes vécues durant sa mission dans ce pays ont aussi contribué à son TSPT.

Mme LeScelleur, étudiante au doctorat à la Faculté des sciences sociales à l’Université d’Ottawa, avait joint les Forces à l’âge de 17 ans lorsque l’interdiction pour les femmes de servir dans l’infanterie avait été levée.

« Ma carrière fut remplie de moments enrichissants, valorisants. Toutefois, elle fut aussi affectée par des images horribles de la guerre et par une expérience traumatisante qui a changé ma vie », a indiqué Mme LeScelleur, qui a connu une carrière de 26 ans dans les FAC. Un parcours professionnel qui l’a aussi amenée en ex-Yougoslavie, en plus de servir auprès de la gouverneure générale Michaëlle Jean.

Sa descente aux enfers a commencé après sa libération des FAC. 

« Les symptômes du TSPT étaient revenus en force du fait de cette sortie imposée », a-t-elle souligné. J’ai dû changer de forme de thérapie pour m’aider à contrôler ces symptômes et les cauchemars qui me hantaient toutes les nuits. Pour ajouter à ma détresse, j’ai grandement été affectée par l’attaque contre le caporal Cirillo, qui m’a ramené directement en Afghanistan malgré le fait que j’étais en sécurité ici au Canada ».

Elle a déploré l’évacuation de l’ajustement identitaire dans le processus de transition à la sortie de l’armée. Cet aide à l’ajustement identitaire permettrait aux militaires des Forces de se déconstruire et de se reconstruire une nouvelle vie en dehors de l’uniforme à la suite de leur retraite. 

Heureusement, sa sélection pour participer aux Jeux Invictus de Toronto dans diverses disciplines en septembre dernier lui a donné l’étincelle qu’elle avait besoin pour s’épanouir à nouveau, croire en ses capacités, montrer qu’elle pouvait encore performer et surtout d’appartenir à une nouvelle communauté.

« Je remercie les professeurs de l’École de service social qui ont cru en moi car cela m’a permis d’entrevoir un futur nouveau », a en outre indiqué Mme LeScelleur, qui reconnaît qu’elle reste vulnérable devant le TSPT, mais qui refuse de se laisser définir par ce diagnostic.

Mme LeScelleur était l’invitée d’honneur à la cérémonie du jour du Souvenir de l’Université d’Ottawa, vendredi. 

Elle a prononcé un discours sur les sacrifices des hommes et des femmes qui combattent dans l’armée.