Le chef du parti libéral au Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, s'adresse aux médias après avoir rencontré la lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick, Jocelyne Roy-Vienneau, à Fredericton le 25 septembre 2018.

Le renversement du gouvernement Gallant semble certain

FREDERICTON — Le renversement du gouvernement libéral de Brian Gallant, vendredi à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, semble mathématiquement inéluctable, ce qui ouvrirait la voie à un possible gouvernement progressiste-conservateur — ou à de nouvelles élections générales.

Le chef conservateur a déclaré jeudi que les libéraux avaient tenté d'attirer certains de ses députés pour qu'ils appuient le discours du Trône lors du vote de vendredi matin. Mais le caucus reste ferme et il votera à l'unanimité contre, a soutenu Blaine Higgs, qui serait alors en position de former un gouvernement et de devenir premier ministre.

Le chef de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, Kris Austin, a finalement annoncé jeudi que les trois députés de son parti étaient disposés à renverser le gouvernement libéral.

Les trois députés verts à l'Assemblée législative avaient indiqué, plus tôt jeudi, qu'ils voteraient en faveur du discours du Trône des libéraux, mais M. Gallant avait encore besoin d'un autre député de l'opposition pour survivre à ce vote, considéré comme un «vote de confiance» - qui peut faire tomber un gouvernement. La décision de l'Alliance semble donc sonner le glas de ses efforts.

Les libéraux au pouvoir ont remporté 21 sièges lors des élections de septembre, un de moins que les progressistes-conservateurs; le Parti vert et l'Alliance des gens ont remporté chacun trois sièges seulement, mais ils détiennent la balance du pouvoir.

Si les libéraux perdaient ce vote de confiance à l'Assemblée législative, la lieutenante-gouverneure demanderait alors aux conservateurs de tenter de former un gouvernement. M. Higgs devrait toutefois forger lui aussi une coalition - vraisemblablement avec l'Alliance, à droite de l'échiquier. Ce parti a déjà annoncé qu'il était disposé à apporter de la stabilité à un gouvernement conservateur « pendant 18 mois ».

M. Gallant a déclaré jeudi que les libéraux renonceraient à former le gouvernement s'ils perdaient le vote de confiance. Le chef libéral discuterait alors avec sa femme pour décider s'il resterait chef de l'opposition ou s'il démissionnerait de son poste.

Le premier ministre aura une dernière occasion de faire valoir ses arguments vendredi matin, lorsqu'il clôturera le débat sur le discours du Trône, avant la tenue du vote. Il espérait toujours, jeudi, que les députés de l'opposition mettent de côté la partisanerie et fondent leur décision sur le contenu du discours du Trône.

Un appui « du bout de la langue »

Le chef du Parti vert, David Coon, avait déclaré plus tôt jeudi qu'au cours des quatre dernières années, il avait perdu confiance dans le gouvernement libéral et son leadership. Mais il ne dressait pas non plus un bilan très élogieux des conservateurs.

«Je suis peu convaincu qu'ils ont changé, et les commentaires récents sur la fracturation (hydraulique), les droits linguistiques, les peuples autochtones et le changement climatique ne m'ont fait que le confirmer», a soutenu M. Coon. Il a donc conclu que le discours du Trône libéral modifié, qui contient certains éléments de la plate-forme verte, pourrait être plus bénéfique pour ses électeurs et tous les Néo-Brunswickois.

Kevin Arseneau, député vert dans Kent-Nord, avait annoncé à l'Assemblée législative, jeudi, qu'il voterait «du bout de la langue» pour le discours du Trône des libéraux. «Les quatre dernières années du règne libéral ont été rien de moins qu'un échec pour "faire la politique autrement"», a estimé l'agriculteur, en reprenant l'un des slogans électoraux de Brian Gallant. «Les tensions linguistiques qui existent dans la province aujourd'hui sont directement liées à l'inaction de ce gouvernement», a aussi soutenu cet ancien président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick.

« L'incapacité d'écouter les citoyens et un leadership mou sont à la base de plusieurs mauvaises décisions, dont l'extramural (les soins de santé à domicile), la pseudo-stratégie pour les aliments locaux, l'immobilité sur les changements climatiques, et j'en passe », a expliqué M. Arseneau, qui avait tenté de briguer d'abord l'investiture libérale en vue du scrutin de septembre dernier. Les instances du parti l'avaient écarté et il a alors opté pour le Parti vert.

Le député vert a plaidé jeudi que les blessures laissées par les conservateurs à Elsipogtog et dans la circonscription sur la question des gaz de schiste n'étaient toujours pas guéries.

Le gouvernement conservateur de David Alward était partisan du gaz de schiste, mais les libéraux de Brian Gallant avaient promis en campagne électorale il y a quatre ans de décréter un moratoire sur cette industrie - ce qu'ils ont fait. Blaine Higgs a toutefois indiqué en campagne électorale cette année qu'il pourrait lever ce moratoire.

La députée du Parti vert Megan Mitton a déclaré quant à elle, jeudi, que le discours du Trône des libéraux contenait de nombreux éléments qui seraient bénéfiques pour sa circonscription de Memramcook-Tantramar.