Le chef du Service paramédic d'Ottawa, Anthony Di Monte, ne se rappelle plus combien de temps il a passé au bureau à gérer la crise sans précédent.
Le chef du Service paramédic d'Ottawa, Anthony Di Monte, ne se rappelle plus combien de temps il a passé au bureau à gérer la crise sans précédent.

Le recours aux paramédics d'Ottawa ne sera bientôt plus possible

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Les paramédics de l'Outaouais devront bientôt se passer du renfort de leurs homologues d'Ottawa jusqu'à la fin de l'année 2012.        
Auparavant, la Coopérative des paramédics de l'Outaouais (CPO) faisait appel à Ottawa à une douzaine de reprises chaque année pour répondre à des appels urgents. Les demandes se sont cependant faites de plus en plus nombreuses, au point où les paramédics d'Ottawa ont dû imposer leurs limites. En 2008, les paramédics d'Ottawa ont répondu à 25 appels en Outaouais. Ce nombre a grimpé à 62 en 2009, puis à 90 en 2010 et à 99 en 2011.
«Notre ministère nous a dit d'arrêter, parce que légalement, on est un service de l'Ontario et qu'on ne peut pas s'immiscer au Québec, explique Anthony Di Monte, chef du Service paramédic d'Ottawa. On comprend pour une douzaine de fois par année, mais plus que ça, ça n'a pas de bon sens.[...] C'était rendu que j'étais le service d'ambulances du Québec, ça n'avait pas d'allure.»
La limite de 50 transports, fixée par le Service paramédic d'Ottawa en accord avec les autorités ontariennes, est sur le point d'être atteinte. D'ici la fin de l'année, les paramédics de l'Outaouais ne pourront faire appel à leurs confrères de la rive ontarienne qu'à deux autres reprises.
Un plan de contingence a donc été mis sur pied par l'Agence de la santé et la CPO. Quand le recours à Ottawa ne sera plus possible, la coopérative devra être plus prudente afin de s'assurer d'avoir toujours un véhicule prêt à répondre aux appels prioritaires. «Si j'ai des appels moins urgents, par exemple pour une fracture du pied, la personne risque d'attendre plus longtemps», indique Marc Paquette, directeur des opérations à la CPO. Les ambulances postées dans les zones rurales pourraient aussi être appelées en renfort dans le secteur urbain.
À l'Agence de la santé de l'Outaouais, on ne juge pas pour autant que l'ajout d'ambulances est nécessaire. Le plus récent ajout a eu lieu au printemps 2011. Les autorités régionales souhaitent plutôt se concentrer sur l'amélioration des temps d'attente pour les paramédics dans les salles d'urgence. Actuellement, les paramédics y passent en moyenne près d'une heure avant de pouvoir quitter, alors que la cible ministérielle est de 35 minutes. Un comité de travail mis sur pied pour se pencher sur cette situation a établi certaines actions à entreprendre. La porte-parole de l'Agence de la santé, Josianne Ménard, a indiqué que le processus de triage sera notamment «complètement» revu.
Le recours aux services paramédicaux d'Ottawa pourra de nouveau se faire en 2013, avec la même limite de 50 appels. Pour chaque intervention, le Service paramédic d'Ottawa refile la facture à l'Outaouais. Chaque transport engendre des dépenses avoisinant le millier de dollars, qui sont assumées par Québec.
M. Di Monte précise qu'en cas de grosse catastrophe, il n'hésitera toutefois pas à envoyer ses équipes en territoire québécois, et ce même si la limite annuelle est atteinte. «S'il y a un écrasement d'avion ou une situation exceptionnelle comme un tremblement de terre et que des édifices s'écroulent à Gatineau, il n'y aura aucune hésitation, on va y aller», dit-il.