Depuis 10 ans, un radeau de fortune mouille sur la rivière Gatineau, à Wakefield. Une embarcation que la police de la MRC des Collines-de-l'Outaouais considère illégale et dangereuse.
Depuis 10 ans, un radeau de fortune mouille sur la rivière Gatineau, à Wakefield. Une embarcation que la police de la MRC des Collines-de-l'Outaouais considère illégale et dangereuse.

Le radeau de la discorde à Wakefield

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
Un radeau qui mouille sur la rivière Gatineau depuis 10 ans, à Wakefield, sème la discorde entre les policiers et la population. La dernière fête du Canada a fait place à plusieurs situations déplorables entre les plaisanciers qui tenaient à célébrer sur la rivière, et les autorités qui voulaient les en empêcher pour des questions de sécurité.
Une quarantaine de personnes naviguaient sur cette embarcation de fortune, lors des célébrations du premier juillet. Certains en profitent pour boire une bière, d'autres pour prendre le soleil et souligner la naissance de leur pays.
Le hic, c'est que la police de la Municipalité régionale de comté (MRC) des Collines-de-l'Outaouais estime que ce radeau est illégal puisque dangereux pour ses occupants. Selon le porte-parole Martin Fournel, l'embarcation ne respecte pas les normes de Transports Canada en matière de sécurité.
« Nous déplorons aussi des incidents qui se sont produits cette année, explique le policier. Lorsque nos agents ont voulu faire accoster le radeau sur la berge, cette fin de semaine, d'autres plaisanciers ont tiré le radeau dans le sens opposé avec des bateaux. »
Ces derniers, indique l'agent Fournel, risquent d'être accusés d'entrave au travail des policiers. « Nos agents ont été invectivés pendant le même épisode. »
« Depuis des années »
Pour Andrew Ryan, qui profite du radeau pendant les belles journées d'été, la police devrait laisser libre cours au passe-temps des membres de la communauté. « Les gens viennent ici depuis des années », dit celui qui a construit le premier radeau, il y a dix ans. De son propre aveu, les premiers modèles étaient moins sécuritaires que ceux construits récemment.
L'année dernière, la police avait déploré une fois de plus une telle embarcation, deux fois plus grosse que le modèle 2012. « Nous ne sommes pas contre l'idée de créer un sentiment d'appartenance pour la communauté, explique l'agent Fournel. Mais les normes ne sont pas respectées : il n'y a pas de gilets de sauvetage, pas de sifflet, pas de rames et la construction est illégale, selon Transport Canada. »
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