Le coût de la route proposée par la MRC Vallée-de-la-Gatineau est évalué à près de 5 millions$.
Le coût de la route proposée par la MRC Vallée-de-la-Gatineau est évalué à près de 5 millions$.

Le projet de route Maniwaki-Témiscamingue dépoussiéré après 40 ans

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Un projet routier vieux de 40 ans qui semblait mort et enterré depuis plus de 20 ans vient d’être dépoussiéré dans la MRC Vallée-de-la-Gatineau. Les plus âgés se souviendront des sempiternels débats dans les années 1980 concernant la route Maniwaki-Témiscamingue, une route forestière est-ouest qui permettrait de sauver près de six heures dans un aller-retour entre la région et le Témiscamingue. Et bien, elle serait sur le point de se réaliser.

Depuis toutes ces années, il ne manquait que 5,9 km de route pour éviter que des milliers de transports lourds de bois soient forcés de transiter par le coeur de la municipalité de Montcerf-Lytton.

«C’est la MRC qui sera maître d’oeuvre, lance la préfète Chantal Lamarche. Avec notre équipe d’ingénieurs, on a proposé des tracés au ministère des Transports du Québec (MTQ). L’un d’eux a été approuvé. Il part d’Egan-Sud, à cinq minutes de Maniwaki. Il faudra aménager 5,9 km de route municipale. Le MTQ financerait la construction d’un nouveau pont et de l’intersection avec la route 105. Le projet est évalué à plus ou moins 5 millions $. La part du MTQ représenterait environ 60 % de la somme.» Les municipalités d’Egan-Sud et Montcerf-Lytton appuient le projet par voie de résolution. «Il ne reste qu’à signer l’entente avec le MTQ», note Mme Lamarche.

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Un tronçon d’une soixantaine de kilomètres restera à faire dans les territoires non organisés où 115 km ont déjà été réalisés dans le passé. Mme Lamarche précise que le MTQ va mandater les forestières afin de terminer ce tronçon. «La route ne sera pas asphaltée, précise Mme Lamarche. Je ne recommanderai pas aux gens de l’utiliser avec leur petite voiture de ville, mais elle aura 15 mètres de large. Ce sera sécuritaire. Pour un aller-retour, un camionneur va sauver entre cinq et six heures, c’est énorme.»

La préfète de la MRC Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche

Mme Lamarche se retient de critiquer les libéraux, mais elle soutient que le projet a avancé très rapidement sous le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ). «Depuis le début, dit-elle, jamais ce projet ne s’est rendu à ce stade d’avancement. On souhaite lancer les appels d’offres à l’été 2021. Nous avons l’appui du premier ministre François Legault et du député Robert Bussière.» Ce dernier n’a pas donné suite aux demandes d’entrevue du Droit.


« Nous avons un consensus politique comme jamais auparavant. Il faut réaliser cette route. »
Chantal Lamarche

Côté autorisations environnementales, tout est déjà réglé, assure la préfète. Toutes les études des milieux humides et environnementales sont faites. Le portrait de la faune et de la flore est fait. «Il n’y aura pas une tortue de bois de dérangée», note Mme Lamarche.

La MRC doit cependant encore s’entendre avec de quatre à sept propriétaires privés, selon le tracé final qui sera choisi.

«On discute de petites déviations pour tenter de satisfaire tout le monde, indique Mme Lamarche. On est très à l’écoute. On sait que tout le monde souhaite cette route, mais que personne ne la veut dans sa cour. Là, nous avons un consensus politique comme jamais auparavant. Il faut réaliser cette route.»