Le prêtre pédophile a quitté la région

Caroline Barrière
Caroline Barrière
Le Droit
Un prêtre reconnu coupable de pédophilie à Montréal et qui avait été envoyé à l'Université Saint-Paul, à Ottawa, afin d'y étudier le droit canonique a quitté l'établissement d'enseignement.
C'était la première fois, hier, que la direction de l'Université commentait publiquement cette affaire qui avait fait grand bruit dans les médias en septembre. Plus tôt dans la journée, des manifestants avaient réclamé le congédiement de l'abbé Philippe de Maupeou qui a agressé sexuellement une fillette. Après avoir purgé sa peine, il avait bénéficié d'une bourse de 60 000 $ pour ses trois années d'études dans la capitale.
Environ une dizaine de personnes de l'Association des victimes de prêtres, une organisation basée à Montréal, ont protesté hier contre la décision du cardinal Turcotte de garder l'abbé dans les rangs de l'Église. Des intervenantes du Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) d'Ottawa et du Comité réseau d'Ottawa ont également participé à l'événement en soutien aux victimes.
« Nous voulons dénoncer l'attitude irresponsable du cardinal Jean-Claude Turcotte qui refuse de mettre à la porte un prêtre pédophile. Nous voulons forcer l'Église à adopter une position de tolérance zéro. Pourquoi les prêtres bénéficieraient-ils d'un traitement différent de celui qui serait imposé à un policier, un professeur ou un entraîneur pour des gestes semblables ? Il n'y a aucune compassion pour les victimes », s'est indigné France Bédard, fondatrice de l'Association des victimes de prêtres.
Après la manifestation, l'Université Saint-Paul a émis un bref communiqué faisant le point dans ce dossier. « À la suite de la manifestation d'aujourd'hui, nous voulons simplement clarifier que la personne ici concernée a autorisé l'Université Saint-Paul à confirmer qu'elle n'est pas membre du corps étudiant de l'Université Saint-Paul. »
En février dernier, l'abbé Philippe de Maupeou, 48 ans, a été condamné à six mois de prison avec sursis pour avoir agressé sexuellement une petite fille de 8 ans, dans un camp de vacances en 2002. Il avait reconnu lui avoir caressé la vulve et les seins. Il était alors le curé de la paroisse de l'Immaculée-Conception dans le Plateau Mont-Royal à Montréal et membre de la Communauté du pain de vie. Il était en probation depuis la fin du mois d'août dernier.
L'abbé de Maupeou a été ordonné en 1987 à Montréal. Il a été président du Comité d'art sacré et du patrimoine religieux du diocèse de Montréal. Il a aussi été vice-président de la Fondation du patrimoine religieux du Québec.
Le Diocèse de Montréal a confirmé, hier, que l'abbé de Maupeou était inscrit à l'Université Saint-Paul en début d'année, cet automne, mais qu'il était rentré à Montréal quelques jours après le début des classes.
Le cardinal Jean-Claude Turcotte a déjà indiqué que l'abbé Maupeou n'était pas un prédateur pédophile et qu'il s'agissait plutôt d'une « erreur de comportement » lorsqu'il a commis les gestes reprochés.