Le président de la Chambre de commerce de Gatineau, Jean-Claude Des Rosiers

Le président de la CCG présente ses excuses

Le président de la Chambre de commerce de Gatineau (CCG), Jean-Claude Des Rosiers s’est excusé, lundi matin, auprès de la directrice de l’aménagement du territoire et du développement économique de la Ville de Gatineau, Catherine Marchand, pour les propos qu’il a tenus, vendredi, sur les ondes du 104,7 Outaouais.

M. Des Rosiers reconnaît avoir traversé une ligne rouge en demandant publiquement le congédiement de Mme Marchand. 

« Ce n’est pas mon rôle de m’ingérer ou encore de commenter de façon aussi pointue les défis liés à l’appareil municipal et surtout de cibler des individus précis dans mes énoncés, affirme M. Des Rosiers. J’ose espérer que la portée de mes propos ne causera pas de torts à son estime [Mme Marchand], à ses relations professionnelles ou à son engagement. »

M. Des Rosiers admet aussi que ses propos à l’effet qu’une « commande politique » avait été faite à la Ville de Gatineau pour ralentir les projets du Groupe Brigil étaient déplacés. « Mes mots ont été mal choisis, écrit-il. En aucun temps je ne voulais faire allusion à un contournement des lois ou mettre en doute l’intégrité des processus en place. »

M. Des Rosiers reconnaît ne pas avoir eu l’aval de son conseil d’administration avant d’affirmer de tels propos. « Je souhaite présenter mes excuses aux membres de la CCG, aux membres du conseil d’administration et aux gouverneurs que j’ai pu offenser », ajoute-t-il. 

Le conseil d’administration de la CCG a aussi tenu à présenter ses excuses auprès de Mme Marchand.

Le Droit publiait, dans son édition de lundi, la sortie publique de quatre anciens présidents de la CCG qui dénonçaient les propos tenus par M. Des Rosiers vendredi dernier.

Les candidats réagissent

Le maire sortant, Maxime Pedneaud-Jobin, estime que M. Des Rosiers « avait franchi une ligne qu’on ne doit pas franchir », et juge « anormal que les fonctionnaires soient victimes d’attaques dans les médias ». « Je suis content qu’il ait fait le choix de s’excuser, a réagi le chef d’Action Gatineau. [...] Pour moi, de ce côté-là, du point de vue de l’incident, le dossier
est clos. »

M. Pedneaud-Jobin note toutefois que l’« enjeu de fond » demeure la « perception » qu’ont certains des changements effectués dans le cadre de la réforme de l’urbanisme. S’il est réélu, il entend donc s’asseoir avec le président de la CCG afin de travailler sur cet aspect.

Les adversaires du maire sortant ont quant à eux attaqué son bilan. La candidate à la mairie Sylvie Goneau estime que M. Des Rosiers « a peut-être mal choisi ses mots » en évoquant une « commande politique », mais croit par contre que « plusieurs entrepreneurs ont peur des représailles s’ils dénoncent et c’est pour cette raison que le silence règne à Gatineau ». Elle juge donc que « s’il n’y avait aucun problème à Gatineau, il n’y aurait pas de place pour [le genre de commentaire] » émis pas M. Des Rosiers.

Le candidat Denis Tassé, qui dit prendre « bonne note des excuses » du président de la CCG, blâme lui aussi le maire sortant. « Encore une fois, on assiste à des événements malheureux parce que nous vivons constamment dans la confrontation provoquée par M. Pedneaud-Jobin, a-t-il réagi. [...] Ce qui est très inquiétant, c’est de constater que M. Pedneaud-Jobin tente de faire croire que les conflits avec la communauté d’affaires sont reliés uniquement à des cas isolés, alors que la Chambre dénombre plus d’une centaine de membres insatisfaits. »