Le secteur de Masson, à l’est de Gatineau, est ciblé par un groupe de promoteurs qui veut revitaliser le secteur grâce à l’industrie du cannabis récréatif et cet édifice situé au 8, chemin Montréal, deviendrait une boutique offrant divers produits transformés à base de cannabis

Le pot au centre d’un projet de revitalisation du Vieux-Masson

EXCLUSIF / Un groupe de promoteurs souhaite utiliser le cannabis et l’ensemble de ses sous-produits à venir pour faire de Masson-Angers une vitrine pour l’industrie, et en particulier pour Hexo Corp, le principal fournisseur de pot légal au Québec.

Les détails demeurent très protégés pour l’instant, mais Le Droit a appris qu’un lieu, dans le Vieux-Masson, a déjà été identifié comme point d’ancrage à un projet qui pourrait éventuellement devenir beaucoup plus large. Selon nos informations validées par plusieurs sources bien au fait du dossier, l’édifice du 8, chemin Montréal, l’ancien magasin général, deviendrait un genre de salon ou une boutique où il serait possible d’acheter du cannabis ou des produits transformés à base de cannabis provenant d’Hexo. Cette formule n’est toutefois pas permise par la Loi puisqu’actuellement seules les succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC) sont autorisées à vendre du pot dans la province. 

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L’immeuble visé dont le propriétaire est une compagnie à numéro appartenant à l’homme d’affaires Michel Kadri héberge actuellement une boutique de chasse et pêche. L’emplacement stratégique, à proximité des cheminées d’équilibre illuminées depuis 2017, est perçu comme idéal pour être le point de départ d’un projet commercial auquel pourraient se greffer des événements en lien avec le cannabis. Les promoteurs voient le cannabis et toute l’industrie qui s’y rattachera comme un levier pour redynamiser l’ancien centre-ville de Masson. 

Deux anciens conseillers

L’idée attire l’attention de plusieurs commerçants et promoteurs locaux. Elle ramène même à l’avant-scène deux anciens conseillers municipaux. Le conseiller Marc Carrière travaille activement à mobiliser des gens autour de ce projet depuis plusieurs mois. Il vient de donner un montant de 15 000 $ provenant de son fonds discrétionnaire à la Corporation de développement touristique de la Basse-Lièvre pour réaliser une étude d’opportunité. 

La nouvelle porte-parole de l’organisme, l’ancienne conseillère Sylvie Goneau, a confirmé que le mandat a été donné à l’ancien conseiller, Maxime Tremblay, qui agit à titre de consultant dans ce dossier. 

L’étude doit être déposée dans les prochaines semaines. M. Carrière confirme avoir un rendez-vous à ce sujet au cabinet du maire à la mi-mars et en avoir déjà discuté avec le ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe.

« On veut profiter de nos points d’ancrage et des opportunités qui se présentent et voir comment tous les partenaires existants sont capables de contribuer, indique Sylvie Goneau tout en se gardant bien de ne pas livrer les détails du projet. Nous avons beaucoup d’atouts concentrés dans un même endroit. On peut offrir quelque chose d’intéressant et de différent grâce à la combinaison de plusieurs entrepreneurs. Nous étudions quelque chose d’intéressant au niveau touristique qui permettrait d’attirer des gens de partout. Il faut capitaliser sur nos forces. Le but n’est pas de mettre Hexo au centre du projet, mais que la compagnie soit partenaire avec plusieurs autres entreprises du territoire. On peut développer un projet où Hexo aura un rôle, mais pas nécessairement centré sur cette entreprise. » 

Sans donner de détails sur le projet actuellement à l’étude, le conseiller Carrière affirme que ce qui est sur la table est viable. 

« Il y a des organisations et des entrepreneurs sérieux qui sont intéressés, dit-il. Ça vaut la peine d’étudier le projet. Hexo est un joueur important qui représente des centaines d’emplois sur notre territoire. Notre secteur est en grande croissance. Il y a du développement domiciliaire. C’est un bon projet de développement économique. »