Marcel Proulx
Marcel Proulx

Le PLC devra faire un examen de conscience, selon Proulx

Louis Lafortune
Louis Lafortune
Le Droit
Bien qu'il soit fier de sa victoire convaincante par 8000 voix, le député libéral de Hull-Aylmer, Marcel Proulx, regarde la réalité en face: le parti devra faire un examen de conscience approfondi, incluant la question du leadership de Stéphane Dion.
«On n'a pas le choix. On a perdu autour de 25 sièges au Canada. On n'a fait aucun gain au Québec, sauf le comté de Papineau avec Justin Trudeau. Il y a quelque chose qui n'a pas marché. On a perdu des collègues importants», déclare M. Proulx, le seul libéral élu à l'extérieur du Montréal métropolitain au Québec.
Le Parti libéral du Canada détient en fait 76 sièges, 27 de moins qu'en 2006. Dans la région d'Ottawa, le PLC a trois députés – tout un contraste avec l'ère de Jean Chrétien, lorsque le parti avait raflé la presque totalité du territoire de la capitale fédéral.
Marcel Proulx, qui avait appuyé le leadership de Michael Ignatieff, ne va pas jusqu'à dire que M. Dion doit partir. Il est cependant normal, dit-il, de faire un post mortem.
«La seule chose que l'on ne peut pas remettre en question, c'est le nom du parti. Est-ce que ça va vouloir dire que le chef doit partir ? On verra. Est-ce que ça va vouloir dire que l'on doit changer nos politiques et être plus au centre ? On verra. Ça va être un examen de conscience de groupe.»
Le PLC devait tenir son congrès biennal en décembre, mais la rencontre a été remise à mai 2009, date où M. Dion devra subir un vote de confiance.
David McGuinty, qui été réélu député libéral d'Ottawa-Sud, est d'accord qu'il faut réexaminer la performance d'un parti, mais cela ne s'applique pas qu'aux libéraux et leur chef.
«Si le Parti libéral a une analyse à faire, le Parti conservateur à un doctorat à faire. Trois fois de suite, M. Harper n'a pas été capable d'obtenir de majorité au Canada. Ça indique clairement que la majorité des Canadiens s'opposent à ses politiques.»
Quant au retour aux Communes prévu cet automne, Marcel Proulx croit que M. Harper devra faire preuve de davantage d'ouverture.
«Il n'a pas le choix. Il a déclenché des élections en disant que son gouvernement minoritaire ne pouvait plus avancer car le parlement était dysfonctionnel. Il a risqué le tout et il se retrouve avec le même résultat. Il va devoir changer ses façons de faire.»
M. McGuinty, lui, ne s'attend pas à un changement de ton, ni de tactique de la part des conservateurs.
«C'est à M. Harper de décider s'il va continuer de la même manière, ou s'il va mettre un peu d'eau dans son vin et accepter qu'il a encore un gouvernement minoritaire.»