Pierrette Froment-Savoie célébrera le 28 octobre ses 50 ans d’enseignement au Conservatoire de musique de Gatineau. Elle participera pour l’occasion à un concert spécial aux saveurs de l’Halloween.

Le piano dans le sang

Professeure, compositrice et pianiste-récitaliste de renom, Pierrette Froment-Savoie a cumulé durant sa longue carrière quantité de prix et distinctions en plus d’avoir transmis son bagage de connaissances à des générations de musiciens. Afin de souligner sa brillante carrière, Le Droit et Radio-Canada décernent à Mme Froment-Savoie le titre de Personnalité de la semaine.

Quand on demande à Pierrette Froment-Savoie d’où vient son amour pour la musique, la réponse vient tout naturellement. La musique a toujours coulé dans ses veines, tout simplement, lance-t-elle.

« À trois ans, je jouais du piano. Ma mère pensait que c’était ma sœur aînée qui jouait. Elle criait : ‘Tu vas être en retard à l’école.’Elle est descendue au salon et elle s’est aperçue que c’était moi qui jouais des morceaux à l’oreille », se souvient la dame.

À cinq ans, Mme Froment-Savoie a débuté les cours de piano avec les religieuses. Peu de temps après, elle montait déjà sur scène pour un premier concert. Comble du hasard, la prestation en question avait lieu à l’Orphelinat Saint-Thérèse, endroit qui allait devenir plus tard le Conservatoire de musique de Gatineau.

« C’est inné. Je n’ai pas de mérite. Je n’ai pas eu à me demander ce que j’allais faire dans la vie. Je le savais déjà tout jeune. C’est la musique qui m’a choisie », raconte la septuagénaire.

Une vie bien remplie

Le curriculum vitae de Pierrette Froment-Savoie est étoffé. Sa biographie est tout aussi impressionnante.

En plus de détenir une licence en musique de l’Université de Montréal, la principale concernée a décroché en 1964 une maîtrise en interprétation pianistique. Lors de la même année, elle offrait deux prestations avec l’Orchestre symphonique de Montréal en tant qu’artiste invitée. 

À travers les dernières décennies, en plus d’enseigner l’harmonie, le contrepoint, la fugue, l’analyse, la formation auditive ainsi que le piano complémentaire au Conservatoire de musique de Gatineau, elle a été professeure régulière au département de musique de l’Université d’Ottawa et professeure adjointe au département de musique de l’Université de Moncton.

Son engagement pédagogique ne l’a pas empêchée de faire de la scène. Dans le cadre des célébrations du centenaire de la Confédération canadienne, elle a offert plusieurs prestations dans l’ouest du pays pour représenter l’ancienne Ville de Hull. Elle a aussi foulé les planches à plusieurs occasions pour des dîners d’état. 

En 1987, elle a notamment livré un récital devant le président américain Ronald Reagan qui était de passage à la résidence du gouverneur général du Canada. « J’avais joué pendant cinq heures », note la pianiste qui performe toujours sans partition. « Si je jouais avec un cahier, j’interpréterais avec les yeux et la pensée et non avec le cœur », précise-t-elle.

L’un des moments les plus marquants de sa vie fut d’avoir composé le requiem pour son fils Mathieu – dont la Maison Mathieu-Froment-Savoie porte le nom en son honneur –, décédé en 1991, à l’âge de 13 ans. « Le requiem a été joué un an presque jour pour jour après sa mort à la Maison de la culture. C’était le premier concert classique présenté à la salle. Toute l’année, j’ai composé ça. J’ai dû me mettre dans l’esprit. Ç’a été comme ma thérapie », confie l’artiste.

Décorée de l’Ordre de Gatineau en 2016, la dame de 75 ans a toujours la flamme malgré son âge. D’ailleurs, ne lui parlez pas de retraite. « La passion du travail est toujours là. Je pense que de continuer à enseigner et être en présence des élèves me garde jeune », dit-elle.