« Le Pérou ce n’est pas juste le Machu Picchu » [PHOTOS]

Quillabamba (Pérou) — « Le Pérou, ce n’est pas juste de Machu Picchu, le Pérou c’est aussi l’Amazonie. »

Daniel Rios Sebastian, le maire du nouveau district de Megantoni qui regroupe plusieurs communautés autochtones du Pérou, dont celles regroupant les Machiguengas, s’est lancé dans une campagne de reconnaissance non seulement nationale, mais aussi internationale.

Le district politique de ces communautés autochtones a été officialisé le 6 juillet 2016, mais ces peuples occupaient la jungle aux abords du fleuve Urubamba et ses affluents bien avant l’arrivée des conquistadors espagnols au 16e siècle.

Par le passé, cette vaste région de l’Amazonie du bas Urubamba était rattachée sur le plan politique à un autre district de la Province de La Conventiòn. 

Le nom machiguenga signifie d’ailleurs « les gens qui marchent au bord des rivières ».

C’est avec ces communautés, qui vivent plusieurs difficultés tant sur le plan social, de l’éducation, économique que de la santé, qu’intervient l’ONG péruvienne Ayni Desarrollo, le partenaire-terrain du Carrefour de solidarité internationale de Sherbrooke.

La Tribune a assisté au lancement du livre sur l’histoire et la culture du district de Megantoni à Quillabamba, ville centre de la province de La Conventiòn au Pérou.

Le bureau municipal avait pris des allures machiguengas avec la présence d’une quinzaine d’adolescents de la communauté en habit traditionnel.

Ces habits sont tissés par des femmes de la nation autochtone à partir de coton qui pousse dans ce vaste territoire de la jungle péruvienne.

« Vous avez reconnu la culture andine, on vous demande de reconnaître la nôtre », lance à l’intention des autorités du Pérou, Daniel Rios Sebastian qui avait aussi revêtu ses habits traditionnels pour l’occasion.

« Il ne faut pas seulement faire la promotion du Machu Picchu. Il faut aussi faire la promotion de notre culture. Elle est importante et fondamentale pour tous les gens du bas Urubamba. Nous avons aussi des droits, nous, peuples autochtones. L’histoire des Machiguengas est plus ancienne que le Pérou, mais elle n’est aucunement enseignée », ajoute le maire du district de Megantoni.

Pour lui, on ne peut parler de développement économique sans parler de culture autochtone.

Il mentionne que ce livre permet de dire au reste du monde qu’il existe un peuple vivant dans l’Amazonie péruvienne, mais que l’État du Pérou doit l’aider.

« Il fallait que les autorités politiques du Pérou reconnaissent l’existence des nations vivantes, pas seulement la présence de gaz naturel sur nos territoires. Le gouvernement doit aider à l’éducation et à la santé dans nos communautés où il y a de la mortalité infantile. Nous n’avons pas d’hôpitaux seulement des postes de santé », signale Daniel Rios Sebastian.

En entrevue avec La Tribune, il réitère l’importance de reconnaître la culture des peuples autochtones, pas seulement la présence de gaz naturel, dont le gisement est exploité par Gaz Camisea.

« L’exploitation de gaz va se terminer un jour. Nous devrons par la suite continuer à nous développer. Le tourisme dans les communautés pour venir découvrir notre culture dans le respect pourrait être quelque chose d’intéressant pour recevoir de l’argent après l’exploitation du gaz naturel », estime le maire de Megantoni.

Ce reportage a été réalisé grâce à l’appui financier du gouvernement du Canada accordé par l’entremise d’Affaires Mondiales Canada.