L’institution ottavienne se dit en attente de précisions dans ce dossier.

Le père Desgrandchamps suspendu

Le père Jacques Desgrandchamps, visé par une action collective d’un de ses anciens étudiants qui l’accuse d’agression sexuelle, est suspendu de tout ministère de l’Archidiocèse d’Ottawa.

La victime, un homme de 57 ans, a étudié au Collège Servites d’Ayer’s Cliff, en Estrie, dans les années 1970. Le père Desgrandchamps, qui y enseignait, réside aujourd’hui à Ottawa. Le religieux de 85 ans était encore actif dans à la paroisse Saint-Antoine de Padoue, à Ottawa, jusqu’à tout récemment.

L’archevêque Prendergast « a suspendu le prêtre de l’exercice de tout ministère dans notre archidiocèse », a expliqué par courriel le diacre Gilles Ouellette, responsable des communications à l’Archidiocèse d’Ottawa, mardi.

L’institution ottavienne se dit en attente de précisions dans ce dossier. « L’archevêque est à revoir la situation de concert avec le supérieur des Servites », précise M. Ouellette.

« L’Archidiocèse d’Ottawa est attristé par la nouvelle des allégations au sujet d’un prêtre servite résidant à Ottawa. »

Une requête demandant au tribunal l’autorisation d’intenter une action collective contre l’école secondaire a été déposée en Cour supérieure par la firme d’avocats Kugler Kandestin.

La requête ne concerne qu’une seule victime pour le moment. L’homme s’identifie en tant que « X », dans le but de ne pas être identifié publiquement.

« X » avait 12 ans à son arrivée au pensionnat, alors réservé aux garçons. Selon la requête, le père Desgrandchamps lui aurait confié certaines tâches liées à ses occupations d’enseignant. Il lui aurait aussi fait boire de l’alcool à maintes reprises, dans sa chambre pourtant interdite aux enfants, rapportait La Tribune, mardi.

Un soir, au lieu de lui demander d’exécuter des tâches liées à l’école, le religieux l’a invité à dormir dans sa chambre parce qu’il était « trop tard pour retourner au dortoir » des élèves.

Le garçon se serait allongé dans un petit lit à une place, à l’initiative du père en situation d’autorité. Le religieux lui aurait baissé son pantalon pour lui faire une fellation, tout en se masturbant. Il aurait ensuite forcé le requérant à lui faire une fellation.

« Le requérant était en état de choc et ne savait pas trop quoi faire. Le père lui a promis qu’il ne dirait rien à personne et que ce serait leur petit secret. Il a forcé son pénis dans la bouche du garçon », indique-t-on dans la requête.

Les agressions à l’endroit du garçon auraient été nombreuses.

Selon « X », d’autres membres de la congrégation ont pu avoir connaissance de ce qui se tramait, mais aucun ne serait intervenu. Les noms de certaines personnes ayant laissé le manège se poursuivre sont indiqués dans la requête.

« Mgr Prendergast invite les fidèles à prier pour que justice soit faite, ainsi que pour la guérison et la réconciliation des victimes », conclut le porte-parole de l’Archidiocès d’Ottawa.

Avec La Tribune