Pavillon Canada-Monde

Le Pavillon Canada-Monde toujours vacant

Fermé en 2005 parce qu'il coûtait trop cher au gouvernement fédéral, le Pavillon Canada-Monde continue d'être une véritable épine dans le pied de la Commission de la capitale nationale (CCN). Depuis 2010, celle-ci a consacré plus de 700000$, simplement pour maintenir en état le bâtiment. Et la recherche pour le locataire tant espéré n'en finit plus de s'éterniser.
La société d'État a consacré tout près d'un million de dollars depuis le début de la décennie au petit édifice du 50, promenade Sussex.
Celui-ci est vide la plupart du temps. Mais des locations ponctuelles, de courte durée, ont permis d'éponger une partie des pertes, les ramenant à 702000$, selon des données obtenues par LeDroit en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.
L'édifice, d'une superficie de 1945 mètres carrés, a été construit au début du millénaire au coût de 6,1 millions$ pour servir de lieu d'exposition mettant en valeur les réalisations du Canada et des Canadiens sur la scène internationale.
Le lieu situé entre les chutes Rideau et l'ambassade de France est enchanteur. L'exposition l'était un peu moins et le faible achalandage enregistré a eu raison du Pavillon Canada-Monde en 2005.
«Depuis, le nombre d'événements à s'y être déroulé se compte sur les doigts d'une main», résumait l'an dernier Roland Morin, vice-président de la gestion de l'immobilier à la CCN.
Énième recherche
Pour une énième fois en neuf ans, la société a sollicité des locataires potentiels, à l'automne. En désespoir de cause, elle s'est tournée vers Colliers International, la plus grande agence immobilière commerciale du Canada. Sans trop de succès jusqu'à maintenant.
Prix demandé: 12,50$ le pied carré, soit environ 22000$ par mois. Négociable.
La CCN souhaite que cet endroit unique soit occupé par une entreprise ou un organisme qui le rendra accessible aux résidants et aux visiteurs de la région de la capitale du Canada. Cette stipulation a toutefois été retirée de l'annonce de Colliers, afin d'élargir le bassin de locataires potentiels.
«Cette occasion convient mieux à un projet qui permettrait au grand public d'accéder à l'édifice», note simplement l'avis de recherche.
«Le 50, promenade Sussex, c'est quand même une adresse importante dans la capitale, note Jean Wolff, porte-parole de la CCN. C'est aussi la proximité des deux plus importantes résidences officielles - celle du premier ministre et Rideau Hall -, d'ambassades bien en vue. Il faut que le locataire qu'on trouve puisse cadrer avec le quartier.»
Que fera la CCN si elle ne trouve à nouveau personne? «Nous venons de commencer une nouvelle manière de trouver des locataires. On cherche, on continue de chercher. On regarde ça de cette manière plutôt que d'envisager une hypothèse négative», affirme le porte-parole.
Le taux d'inoccupation du portefeuille immobilier de la CCN est minime, selon la société d'État.
Avec la collaboration de William Leclerc