Le chef Laurent Godbout entend rénover son classique Airstream 1983 dans les prochains mois avant de partir à la rencontre de producteurs locaux un peu partout au pays et chez nos voisins du Sud. Il compte bien partager ses histoires avec le public via les réseaux sociaux voire une chaîne YouTube, laisse-t-il entendre.

Le nouveau «trip» de Laurent Godbout

Le chef Laurent Godbout troquera bientôt les cuisines de Chez L’Épicier pour sillonner le Canada et les États-Unis à bord d’un classique Airstream 1983.

Le copropriétaire de l’Attelier Archibald de Granby a fermé son mythique restaurant dans le Vieux-Port de Montréal la semaine dernière. Il s’apprête à faire de même avec sa succursale de Palm Beach dès le début de l’été. Il n’entend toutefois pas faire subir le même sort à son établissement granbyen, tient-il à rassurer.

« L’Attelier Archibald me demande beaucoup moins de temps que les autres. Martin (Gagnon) et Jo-Anne (Gagnon) [les deux autres copropriétaires] font une excellente job, de sorte que je n’ai pas à gérer le day to day », dit-il depuis la Floride.

Laurent Godbout ne tourne pas pour autant le dos à la gastronomie. « On [lui et sa conjointe, Véronique Deneault] a tout simplement décidé de la vivre autrement. »

« Trop de gens attendent beaucoup trop longtemps avant de vivre leurs rêves », enchaîne celui qui aura 48 ans dans quelques semaines. « Ça fait des années que moi et ma conjointe, on travaille sans compter à temps plein, les soirs, les fins de semaine... On avait envie de changement, et il n’y avait pas de break possible tant qu’on était attachés à nos restaurants. »

L’urgence de vivre

« L’urgence de vivre » s’est fait sentir peu après avoir rouvert Chez L’Épicier, l’été dernier. Laurent Godbout aurait pu vendre son restaurant, qu’il venait tout juste de rénover, mais le besoin de changer d’air s’est montré si pressant qu’il était plus simple d’en fermer tout simplement les portes.

Un peu au même moment, il est tombé en amour avec le côté vintage et la rareté d’un Airstream 1983 du New Hampshire. « Ça m’a pris six mois convaincre le propriétaire de s’en départir. Ça faisait 32 ans qu’il l’avait, il y avait vécu plein d’aventures, il y avait pratiquement élevé ses enfants, on sentait que ça lui faisait de quoi », raconte-t-il.

Laurent Godbout entend le rénover dans les prochains mois avant de partir à la rencontre de producteurs locaux un peu partout au pays et chez nos voisins du Sud. Il compte bien partager ses histoires avec le public via les réseaux sociaux voire une chaîne YouTube, laisse-t-il entendre. Il exclut toutefois de faire une émission de télévision de son périple pour une question de logistique.


«  Trop de gens attendent beaucoup trop longtemps avant de vivre leurs rêves.  »
Le chef Laurent Godbout

« C’est trop contraignant de se faire suivre par une équipe de tournage. On veut vraiment se garder une liberté là-dedans. On ne sait même pas encore d’où on va partir et pendant combien de temps, on n’a pas fait de trajet précis, on va vraiment y aller en fonction des gens qu’on va rencontrer », dit-il.

Bien entendu, il a toutefois quelques idées de lieux et de gens qu’il aimerait visiter. « Je ne suis jamais allé aux Îles-de-la-Madeleine, je veux y aller. À Hampton, il y a une dame qui pêche des clams (palourdes) avec ses orteils. Et près de Boston, il y en a une qui possède un des derniers permis de pêche aux pétoncles non commercial », énumère-t-il sommairement.

« Notre but, c’est d’aller voir et vivre la passion des autres, et peut-être même de faire le pont entre eux et différents restaurateurs d’ici », poursuit le chef.

De passage à Granby

Le couple de restaurateurs devrait entamer son périple au printemps 2020 seulement, même s’il compte faire quelques escapades-essais dès l’automne.

Laurent Godbout laisse également entendre qu’il pourrait d’ici là venir faire son tour plus souvent à l’Attelier Archibald « pour des soirées spéciales, en tant que chef invité ».

« Mais après ça, on part avec le chien, et la vie est belle ! », conclut-il, déjà fébrile.