L'Université d'Ottawa a pris la décision de ne pas déneiger le lieu commémoratif inauguré en grande pompe l'été dernier

Le Monument de la francophonie fermé pour l'hiver

Les Franco-Ontariens de l'Université d'Ottawa n'ont plus accès à «leur» monument depuis l'arrivée du temps froid, l'établissement ayant pris la décision de ne pas déneiger ce lieu commémorant le patrimoine et l'avenir de l'Ontario français.
Inauguré l'été dernier en grande pompe, au coût de 200 000 $, le Monument de la francophonie de l'Université d'Ottawa a pour objectif de souligner la contribution de l'établissement à la communauté franco-ontarienne. Situé au coeur du campus principal, le monument devait être pour la communauté universitaire un lieu de rencontre et de rassemblement.
Mais pas l'hiver, période où le campus est le plus fréquenté.
«C'est ridicule qu'on investisse pour un monument célébrant qui on est, un monument qui est apprécié par tous, mais qu'on n'investisse pas pour le déneiger», a commenté la présidente de la Fédération étudiante de l'Université d'Ottawa, Anne-Marie Roy.
L'Université d'Ottawa affirme que c'est «pour protéger les matériaux» qu'on a décidé de ne pas épandre du sel sur le trottoir d'une dizaine de mètres qui passe sous les arches en bois du monument.
«C'est du bois, c'est du granit. Pour garder ça déneigé, il faut mettre du sel, et le sel est abrasif», affirme Caroline Milliard, porte-parole de la maison d'enseignement.
«Le choix des matériaux (n'a pas) été fait en fonction de la résistance (aux intempéries)», affirme-t-elle, ajoutant que des pelles pourraient endommager le bois. Pourtant, le site web officiel des Monuments souligne que le choix du bois, du granit et de l'acier comme matériaux de construction de l'oeuvre a été fait pour leur durabilité et facilité d'entretien.
La communauté offusquée
Cet état de fait en a fait sourciller plus d'un dans la communauté. À commencer par le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Denis Vaillancourt, et le président fondateur des Monuments de la francophonie d'Ottawa, Alain Vachon.
«Je souhaite que les Monuments de la francophonie soient tous déneigés et tous accessibles toute l'année», a indiqué Alain Vachon, dont le projet de hisser quelques drapeaux franco-ontariens, au début de la dernière décennie, a fait de nombreux petits à l'échelle de la province. Le monument situé à l'hôpital Montfort est déneigé en tout temps, souligne-t-il.
Une écrasante majorité de monuments commémoratifs que compte la capitale nationale, sur la colline parlementaire ou ailleurs, sont ouverts été comme hiver.